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Lignes de fracture N°78 Breuklijnen

Janvier - Januari 2014
lundi 3 février 2014 par J.V.

  MAMPHELA RAMPHELE : nouvelle figure de proue de l’opposition

Afrique du Sud

La campagne pour les élections générales d’avril a commencé. Mamphela Ramphele, chef de file de la toute jeune formation politique Agang (« Construire » en sotho, l’une des onze langues officielles d’Afrique du Sud), a annoncé mardi qu’elle serait finalement candidate à la présidence avec l’Alliance démocratique (DA), le principal parti d’opposition sud-africain (avec laquelle son parti a conclu un accord).

Médecin, anthropologue, première femme noire vice-chancelière de l’université du Cap, ancienne directrice générale de la Banque mondiale, femme d’affaires qui siège dans les conseils d’administration de grandes sociétés du pays, Mamphela Ramphele, 66 ans, affiche un parcours brillant.

Compagne de Steve Biko

Mais elle n’a pas seulement réussi une carrière exemplaire. Elle fut aussi militante du Mouvement de la conscience noire aux côtés de son compagnon Steve Biko, activiste anti-apartheid assassiné en 1977 dans une prison sud-africaine.

Entrée en politique en février 2013, elle se montre très critique envers l’ANC, au pouvoir depuis vingt ans. Lors d’une conférence de presse au Cap, elle a évoqué « l’argent volé, les emplois perdus, la corruption, les écoles sans livres ... ». « Il est temps de restaurer les promesses de 1994 », a-t-elle dit.

A la recherche des « Born free »

Helen Zille, présidente de l’Alliance démocratique et ancienne maire du Cap, est une amie de longue date de Mamphela Ramphele, qu’elle a réussi à convaincre d’unir leurs forces au sein de l’opposition. Au cours des dernières années, DA a progressivement gagné du terrain (jusqu’à 24 % des votes aux élections municipales de 2011) face à l’ANC, qui rassemble toujours environ deux tiers des électeurs.

Mais, malgré ses efforts, la formation peine à se débarrasser de sa réputation de « parti blanc ». Avec cette fusion, Mamphela Ramphele apporte sa légitimité historique de militante, tandis que l’Alliance démocratique bénéficie d’une expérience et d’une solide infrastructure nationale que n’a pas Agang.

Cela suffira-t-il à déstabiliser Jacob Zuma ? Pour cela, l’opposition devra rassembler au-delà de son électorat traditionnel des classes moyennes et supérieures sud-africaines, noires ou blanches. Elle compte notamment sur les « born free », la génération qui n’a pas connu l’apartheid et vote pour la première fois.

L’ANC bénéficie de son histoire

Mais, malgré les doutes sur sa capacité à combattre la pauvreté, les inégalités ou à relancer la croissance, l’ANC devrait bénéficier une nouvelle fois de l’attachement historique au parti de la lutte pour la liberté.
Bien qu’il soit de plus en plus critiqué pour son piètre bilan et des allégations de corruption, le président Jacob Zuma semble donc promis à occuper la scène jusqu’en 2019. Mais l’alliance entre DA et Agang représente un changement de taille dans le paysage politique sud-africain. Et de nombreux observateurs politiques prévoient une baisse de soutien à l’ANC lors du prochain scrutin.

Patricia Huon dans La Libre Belgique du 30 janvier 2014
 

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