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DIALOGUE & RENCONTRE - Novembre 2017

jeudi 2 novembre 2017 par G.Verbist, mafr.

Es-tu « religioptimiste » ?

En ces temps de quête identitaire, la religion est souvent mise en cause par certains qui la considèrent comme un facteur de division qui pousse au repli sur soi. C’est le contraire qu’ont voulu exprimer les cultes reconnus de Belgique, le 4 octobre, lors d’un colloque organisé au Sénat, sous l’impulsion du ministre de la Justice, Koen Geens.

L’ancien recteur de l’ULB, Hervé Hasquin, qui n’est pas religieux, ni croyant, a expliqué pourquoi il n’est pas convaincu que le principe de « laïcité » devait être inscrit dans la Constitution belge, faisant remarquer que ce terme n’existe qu’en français. La Belgique actuelle est déjà un Etat laïc.

Le Professeur Rik Torfs (ancien recteur de la KUL) a dit des choses profondes par rapport à la relation entre la raison et la foi. « L’homme n’est jamais limité à sa seule rationalité ; l’idée de l’incompatibilité de la raison et de la foi est très récente et date au plus tôt du XIXe siècle ; tous les penseurs précédents faisaient une distinction entre les réalités de la foi et celles de la raison ; se sont-ils tous trompés ? »

Les témoignages :
Au lieu de donner la parole aux responsables des cultes reconnus, ce sont des personnes qui ont expliqué pourquoi et comment leur engagement au sein de leur communauté religieuse les rendaient plus ou moins « religioptimiste ».

Mariem Bouselmati, islamologue de Molenbeek, a lancé ce cri de joie :
« La diversité de religions et convictions est en parfaite harmonie dans cet hémicycle. A nous de la répandre davantage en dehors de ces murs ».

Johanna-Baptista Pelgrims, professeur du culte orthodoxe, a dit que les enfants à la récréation parlent aussi de la religion. « Ces échanges sont en général très ouverts, bien plus ouverts que la polarisation par rapport au fait religieux dans les médias ».

Alison Rose, ambassadrice du Royaume-Uni, de l’ Eglise anglicane, nous dit qu’après leur seconde intervention en Irak , les généraux avaient dit que leur problème était l’eau et l’électricité. « Inutile de dire que ces généraux ont rappelé plus tard le pasteur concerné parce qu’ils s’étaient empêtrés dans la complexité religieuse en Irak ».

Et plusieurs d’autres témoignages….
C’est assurément les interventions des jeunes, l’après-midi, qui ont marqué ce colloque. Leurs propos se voulaient positifs et optimistes.

Dans son discours de clôture, Koen Geens, ministre de la Justice :

  « Personne ne détient LA vérité… l’amour du prochain est la pierre angulaire de beaucoup de confessions…. La tolérance est une force éthique qui ne doit pas être considérée comme une faiblesse…. J’espère que vos appels au dialogue vont aboutir. Il faut continuer à avancer. C’est notre tâche pour transmettre un monde meilleur aux prochaines générations ».
(Cathobel. 5/10/17)
 
Quel est, aujourd’hui, l’impact de la Réforme luthérienne
dans les différentes Eglises chrétiennes.

Le 7 octobre dernier, la Commission belge catholique pour l’œcuménisme a tenu sa rencontre annuelle, en présence de Mgr. Johan Bonny, évêque référendaire pour l’œcuménisme.

Annemarie Mayer, théologienne catholique à la faculté de théologie de la KU Leuven, a rappelé que l’adage de la Réforme (Ecclesia semper reformanda) peut s’appliquer à toutes les Eglises chrétiennes. Nos Eglises doivent se renouveler constamment, ce qui se fait, entre autres, à travers le dialogue œcuménique. C’est ainsi que le pape François appelle l’Église à être davantage synodale.

Antoine Arjakovsky, théologien orthodoxe : « L’ Eglise orthodoxe doit se réformer en quatre sens : le renouveau liturgique, la relecture de l’histoire en commun, repenser la coopération entre l’Eglise et l’Etat, la contribution de chaque personne, aussi des charismes proprement féminins. »

Le pasteur Bruneau Josselin, de la paroisse protestante à Bruxelles : a estimé que, à la suite de Luther, l’homme doit être aidé dans nos sociétés actuelles à expérimenter la proximité libératrice de Dieu.

Jelle Creemers, théologien évangélique : a rappelé que les mouvements de renouveau dans les Eglises évangéliques et pentecôtistes sont souvent accompagnés d’affirmations de leur propre identité par rapport à d’autres Eglises et que l’ouverture œcuménique prudente dans son Eglise ne doit pas être étouffée.

« Peut-être les Églises chrétiennes peuvent-elles s’entraider, clarifier mutuellement leur identité, même refaçonner leurs identités de manière commune, » nous dit le professeur Peter de Mey.

Au plan théorique, luthériens et catholiques peuvent déclarer ensemble que c’est seulement par la grâce que nous sommes acceptés par Dieu. (cfr.Déclaration Conjointe sur la Doctrine de la Justification-1999)

Beaucoup de chrétiens n’ont-ils pas perdu « l’attitude de repentance et de pénitence » à laquelle appelait Luther ? « Chaque matin, vis la grâce de ton baptême. »

(Cathobel. 13.10.17)
 

Institut de promotion des formateurs sur l’islam

L’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) n’a pas réussi à faire émerger un islam de Belgique en accord avec les valeurs démocratiques belges.

Alors le ministre francophone Jean-Claude Marcourt a lancé l’Institut de promotion des formateurs sur l’islam.

Le Conseil d’Etat a bien notifié au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qu’il n’appartient pas à des institutions publiques de former des imams, au nom de la non-ingérence du politique dans les affaires liées aux cultes.

Qu’en pense Mehmet Saygin, juriste, spécialisé en droit public et social :

  L’article 21 de la Constitution belge consacre le principe de non-ingérence réciproque entre les Eglises et l’ Etat … Or, l’Institut est créé par l’Etat …

Non seulement il y a ingérence, mais de surcroît il y a une discrimination …
En effet, l’Etat ne se mêle pas de la formation des rabbins, des prêtres ou encore des pasteurs. Il ne revient pas non plus à l’Etat de déterminer quel serait le « bon dogme » (islam belge)… On est bien dans un cas de violation du principe de non-ingérence et il faut le dire sans détour …

Les mosquées sont les mieux placées pour déterminer quelles sont les conditions que doivent remplir leurs imams pour exercer adéquatement leurs missions … Il est souhaitable que les imams soient formés, sinon en Belgique, du moins à la réalité belge et qu’ils maîtrisent les langues locales …

(E.B. Le Soir 17/10/17)
 

Le monde musulman - Mgr. Jean Kockerols aime à répéter que nous partageons trois choses essentielles avec le monde musulman : notre humanité, la foi qui nous imprègne et aussi le fait d’être citoyen de la même ville. Ceci est une amorce pour un dialogue. (Mgr. Jean Kockerols est évêque auxiliaire de l’Archevêché de Malines-Bruxelles, responsable du vicariat de Bruxelles)

Le défi propre aux villes d’occident, c’est la présence de nombreuses personnes de tradition musulmane. A Bruxelles, il y en 23%, avec certaines communes telles que Molenbeek, Schaarbeek, Anderlecht, où la densité est importante. Certaines communes s’en sortent mieux grâce à une politique de brassage culturel telle qu’à Saint Gilles.

Le défi pour l’église : l’islam n’existe pas, il y a des islams. Avec certains, les contacts sont bons, avec d’autres, impossibles. Il y a des initiatives telles que des lieux de rencontres entre chrétiens et musulmans. Mgr. Kockerols a nommé un prêtre chrétien maronite qui parle l’arabe.

L’école est le lieu où Mgr rencontre facilement la population musulmane…
Il y a malheureusement une grande méconnaissance des religions et des cultures.

(Vinciane van den Bogaert – Connaissance & Vie. 3/10/17)
 

Tunisie - Couples islamo-chrétiens.
Le gouvernement tunisien vient d’annoncer le retrait d’une circulaire de 1973 qui empêchait le mariage d’une Tunisienne avec un étranger ( sous-entendu non-musulman).

(La Croix 2/10/17)
 

Catholiques dans le monde – Selon les derniers chiffres de l’Eglise Catholique il y a 1 milliard 284 millions de catholiques dans le monde.
Le nombre de catholiques augmente partout, sauf en Europe. Leur part dans la population mondiale est en légère baisse.

(La Croix 20/10/17)
 

LIVRE :


Jésus
L’encyclopédie
  sous la direction de Mgr. Doré,
coordination de Christine Pedotti.
  Editions : Albin Michel, 2017, 843 p. 49€.
Date de sortie : 18/10/2017
ISBN / EAN : 978-2-226-32649-2 - 9782226326492

Sur plus de 800 pages le portrait d’une figure incontournable : Jésus.
70 spécialistes internationaux s’appuient sur les acquis de l’histoire et de la critique exégétique. Des « contrepoints » proposent d’autres regards, venus du judaïsme ou de la psychanalyse. 27 personnalités de tous horizons bénéficient d’une « carte blanche ».

  G.Verbist, mafr.

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