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Le Père Jean Boulanger

mercredi 25 octobre 2017 par Jef Vleugels
  Bruxelles, le 25-10-2017

Samedi 21 octobre 2017, vers 22h30, notre confrère
 
Jean Boulanger


s’est paisiblement éteint à la Clinique universitaire de Bruxelles à Jette, où il avait été transféré d’urgence quelques jours auparavant.

Jean est né le 17 août 1928 à Couillet, dans la province du Hainaut, diocèse de Tournai. Son père était secrétaire général du Syndicat des Cheminots et travaillait à Bruxelles, sa mère enseignait. Jean commença les humanités anciennes à l’Athénée Royal de Charleroi et les poursuivit au Petit séminaire Bonne-Espérance. En septembre 1948 il entra chez les Pères Blancs à Thy-le-Château, malgré l’opposition de sa mère à sa vocation missionnaire. En septembre 1950 nous le trouvons au noviciat de Varsenare et ensuite à Heverlee pour la théologie. Il y prononce son serment missionnaire le 10 juillet 1954 et est ordonné prêtre le 10 avril 1955 par Mgr. Durrieu. Ses formateurs décrivent Jean comme un homme enthousiaste, un peu impulsif, un caractère emballé, émotif. Il est généreux, dynamique et ouvert. C’est un travailleur dévoué et consciencieux, mais pas le type de chef. Il a une vie intérieure solide. Il est assez vaniteux, mais demande facilement conseil et est fort docile. Après un passage obligatoire à l’université de Louvain, il est officiellement inscrit à l’Armée coloniale. Nommé au Congo belge de l’époque, il part le 8 avril 1956 avec Sobelair, destination Baudouinville.

Il commence par apprendre le swahili, qu’il parlera fort bien ; il rend aussi quelques services au secrétariat de l’évêché. En août il est nommé professeur de français et de latin au Petit séminaire de Lusaka. Quelques mois plus tard il devient vicaire à la cathédrale de Baudouinville, responsable de l’école centrale, où il lance le mouvement Savéri. En août 1958 il effectue un remplacement à Sola comme directeur de l’E.A.P. (Formation des Catéchistes). D’août 1959 à 1961 il est directeur des écoles à Lubuye (Albertville). Pendant son premier congé en 1961 il obtient à Bruxelles et à Londres les diplômes nécessaires pour enseigner l’anglais, au programme des écoles secondaires depuis l’Indépendance en 1960.

A son retour en septembre 1962 Jean est nommé professeur de français, anglais et latin au Petit séminaire de Kapulo (Baudouinville). En août 1966 l’évêque l’envoie à Lyapenda comme préfet des études et fondateur de l’Institut Notre Dame de Bonne Espérance. En août 1969 il est économe à la paroisse de Lusaka et directeur de l’internat. En janvier 1970 il suit la grande retraite à Villa Cavaletti. Il obtient ensuite à Charleroi-Gosselies son brevet de pilote privé. Il retourne à Lusaka. Faussement accusé d’avoir aidé quelqu’un à s’enfuir en Zambie, Jean passe quelques jours en prison ; jugé à Lubumbashi, il est acquitté.

En 1975, il fait une Maîtrise en théologie à l’université catholique de Paris (spécialisation : science et théologie des religions). Il est entré en contact avec un groupe charismatique, où, écrit-il, « je me laisse faire par l’Esprit », malgré ses réticences du début. Il est même invité par l’Emmanuel à participer à un voyage aux Etats-Unis avec les responsables des groupes charismatiques.

De retour au Congo en juillet 1978, Jean va donner un coup de main à la paroisse de Cahi (Bukavu), touchée par une épidémie de choléra, qui fera des centaines de morts. En septembre 1978 il est nommé professeur au Petit séminaire de Mugeri, près de Katana. Fort de son expérience charismatique en France, Jean lance un groupe du Renouveau à la Fomulac, donne des récollections à Bandari, anime une retraite à Amani pour la jeunesse de Bukavu. Un groupe est créé au Lycée…

L’approche de Jean, où la sentimentalité colorait sans doute souvent la démarche spirituelle et où son bon cœur provoquait des réactions de jalousie, suscita assez rapidement doutes et questions. Mgr Mulindwa, archevêque de Bukavu, et le père Freddy Heintz, régional, lui demandèrent d’abord de renoncer à une bonne partie de ses engagements charismatiques. Finalement, dans une lettre datée du 13 août 1980, le régional le mit à la disposition de sa province d’origine. « J’ai eu comme consolation, ironise Jean, de pouvoir partir comme co-pilote de Jacques Fiévet à bord de l’avion des Missions du Nord Kivu. Nous avons ramené cet avion Cessna en dix étapes, jusqu’à Reims où il avait été monté ».

Il est nommé économe à La Plante (Namur). Quatre jours après son retour un jésuite de Liège lui demande d’animer une retraite pour le renouveau du diocèse ! « Dieu me faisait comprendre qu’il me faisait encore confiance ! » En 1985, Jean est économe de notre communauté bruxelloise de Milcamps. Il est de plus en plus demandé pour des séminaires de la vie dans l’Esprit. En 1989 la Conférence centrafricaine l’invite pour trois retraites aux prêtres. Son agenda de retraites en 1992, à titre d’exemple, en comporte une trentaine, non seulement en Belgique, mais également en Suisse, en France, à l’Ile de la Réunion et au Burundi. « Je n’ai jamais fait de publicité pour ce ministère ! Je n’ai jamais rien décidé de moi-même et n’ai fait que répondre à des appels ». Il publie divers articles sur le Renouveau. En 1998 paraît son livre « Guérir pour une vie nouvelle » aux Editions Saint-Paul. Cet aspect de ’guérison intérieure’ occupe une grande place dans les retraites de Jean, « qui est façonné par le mouvement charismatique dans son expression la plus sensible et voyante », note un provincial de Belgique. Ce qui ne plaît pas à tout le monde.

En janvier 1996, Jean est nommé à la communauté d’animation missionnaire de la rue Namèche (Namur). En décembre 2001 il rejoint la communauté de La Plante, dont il prend la responsabilité en août 2002. De 2006 à 2009 il est responsable de notre communauté de Heusy jusqu’à sa fermeture. Jean retourne à Namur comme résident. Entretemps il a subi un double pontage cardiaque, en 2011 on lui a mis un pacemaker…

Quand son état de santé baisse encore, il rejoint en juin 2012 notre communauté d’Evere. Ayant déjà depuis longtemps un œil en verre, il devient presqu’aveugle. Il souffre de pertes de mémoire et de pertes d’équilibre… Rien ne présageait pourtant cet AVC et sa chute malencontreuse de ce mardi 17 octobre. Aucune intervention n’était plus possible. Jean a sombré dans le coma et s’est éteint paisiblement. Qu’il repose en paix.

  La liturgie des funérailles aura lieu le vendredi 27 octobre, à 10 h 15, dans la grande chapelle du home St-Joseph, rue de la Marne 89, à 1140 Evere, suivie de l’inhumation à notre cimetière à Varsenare près de Bruges.
Apportez aube et étole blanche.
 

Une collation sera offerte dans Le James (Taverne), Rue du Bon Pasteur 86, 1140 Evere en face de l’église Saint-Vincent, Place Saint-Vincent.

 
Jef Vleugels
 

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