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L A V I G E R I E . be

Lignes de fracture N°19 Breuklijnen

Décembre - december 2008
lundi 22 décembre 2008 par J.V.

 UNE PARABOLE EN MANIERE DE CONTE DE NOËL

Un beau jour Dieu dans son paradis convoque une grande réunion. Tous les Anges, tous les Archanges, les Chérubins, tous le ban et l’arrière-ban de la population du ciel est invité à venir écouter le Seigneur. Personne n’a le droit de se soustraire à cette invitation, car Dieu a fait prévenir tout le monde qu’il va annoncer une nouvelle extraordinaire.

Quand tout ce beau monde est rassemblé Dieu prend la parole. « Je vous ai appelé, leur dit-il, pour vous communiquer une décision que j’ai prise, d’une extrême importance. Voyez dans l’espace intersidéral cette petite boule qui vue d’ici n’a pas l’air plus grande qu’un petit pois perdu dans l’infini des espaces interstellaires. On l’appelle Terre. »

A ce moment le Seigneur fait une pause. Puis, par un effet de sa toute-puissance, il rapproche la terre pour que tout son auditoire puisse la contempler. « Elle est habitée, dit Dieu, comme vous le voyez par des êtres à position verticale. On les appelle des hommes. » L’auditoire se montre très intéressé et s’interroge sur la décision que Dieu veut leur communiquer.

« Eh bien, dit Dieu, j’ai décidé de leur envoyer mon fils. Il va devenir un homme comme eux. » Cette nouvelle jette le trouble dans l’auditoire. Personne n’ose exprimer tout haut ce que beaucoup pensent intérieurement. D’aucuns se demandent même si Dieu parle sérieusement. « N’a-t-il pas pour se distraire inventé une énorme blague ? » – « Est-ce que Dieu n’est pas devenu un peu vieux ? » s’interrogent certains. « Est-ce qu’il ne perd pas la tête ? » se demandent-ils très irrespectueusement. Folie de Dieu, sagesse des hommes…

Ne devraient-ils pas mettre le Seigneur en garde ? C’est qu’ils ont entendu certaines choses concernant les hommes qui ne sont guère en leur faveur. Certains peuvent être, paraît-il, très méchants. Et s’il arrivait qu’ils mettent le fils de Dieu à mort ?

Mais Dieu qui voit en transparence dans les esprits les tranquillise : « Vous savez pourtant bien que je les ai faits à notre image. » (Un humoriste disait que l’homme le lui avait bien rendu, tandis qu’un autre se demandait tout de même si Dieu n’avait pas un peu présumé de ses forces quand il avait créé l’homme).

Quand le brouhaha causé par cette nouvelle commença à s’apaiser, Dieu battit des mains et réclama le silence. « Maintenant que vous êtes informés de mes intentions, je vais vous demander votre collaboration. Nous allons organiser un grand concours pour fixer le scénario de la naissance de mon fils sur la terre. Vous allez vous répartir en ateliers de travail et d’ici trois mois nous nous retrouverons ici. Chaque atelier sera invité à présenter le scénario imaginé par son groupe. Le meilleur scénario sera primé et servira éventuellement à mettre en scène la naissance de mon fils. »

Trois mois plus tard, jour pour jour, tous les habitants du ciel sont de nouveau réunis autour de Dieu. L’auditoire est un peu tendu et vit un suspense bien compréhensible. Quand tout le monde est en place, chaque atelier est invité à présenter son chef-d’œuvre. Vous n’imaginez pas la surenchère de luxe, le déploiement de richesses, l’extraordinaire foison d’argenterie, d’or, de bijoux, de diamants que les concurrents avaient intégrés à leurs scénarios, dissimulant soigneusement leurs trouvailles aux autres ateliers. Rien ne semblait trop magnifique, trop riche, trop exorbitant pour entourer cet événement de la naissance du fils de Dieu.

Chaque atelier avait expédié des messagers à la recherche des plus beaux palais du monde, des demeures royales, des châteaux merveilleux, des suites dans les plus beaux Hilton de la terre, palaces de maharadjahs, plus fastueux les uns que les autres. D’aucuns avaient même suggéré de retarder la naissance jusqu’à l’invention du cinéma pour confier à C. B. De Mille ou quelque autre grand metteur en scène, et aux décorateurs les plus prestigieux de films à grand spectacle le soir du scénario de la venue au monde du fils de Dieu.

Ce fut une débauche d’imagination, un spectacle de plusieurs semaines, chaque atelier étant invité à présenter son chef-d’œuvre. Mais après chaque représentation, la moue qu’on lisait sur le visage du Seigneur laissait comprendre que ce n’était pas de son goût, et tous les ateliers ressentirent presque une certaine désapprobation de la part de Dieu.

Après que tous les ateliers aient eu l’occasion de se présenter, Dieu prit la parole. Ce fut un moment d’intense suspense. « Vous vivez dans mon intimité depuis si longtemps, leur dit-il, et c’est comme si vous ne me connaissiez pas. Je vais vous montrer, moi, le scénario que j’ai choisi et ce choix est définitif. » Tout le monde retint sa respiration. « Mon fils naîtra dans une étable à Bethléem » déclara Dieu avec solennité.
Ce fut un beau charivari : « Dans une étable ? Mais sa mère au moins sera une princesse ou une reine ? Comment une reine mettrait-elle au monde un enfant qu’elle tient de Dieu, dans une étable ? » Ceux qui s’esclaffaient quand Dieu fit part d’envoyer son fils sur la terre, étaient atterrés ! Sans oser l’exprimer tout haut ils se demandaient ce qui se passait avec Dieu. Certes, le Seigneur a toujours été surprenant, mais cette fois ça dépassait tout. D’aucuns finalement eurent le courage de demander à Dieu de s’expliquer.

"Pourquoi pensez-vous que j’envoie mon fils sur la terre ? A qui pensez-vous que je l’envoie en priorité ? Aux puants, les pécheurs, les prostitués, les marginaux, les laissés-pour-compte ! Ce sont eux les premiers qui seront invités à sa naissance. Et comme vous le savez, dans une étable il ne sent généralement pas l’eau de Cologne. Alors les puants, les hommes aux pieds nus, ceux qui sont vêtus de haillons n’auront pas peur d’entrer. Pas de beaux tapis à salir, pas de moquettes. Pas de portiers pour vous prendre au collet et vous rejeter au loin. Ils ne craindront pas d’empuantir l’atmosphère. Dans tous vos scénarios j’ai été amusé et très touché de vos efforts pour créer quelque chose de digne de mon fils. Mais cela me paraissait dérisoire. Vous n’avez pas compris que tous les trésors des hommes sont pour moi comme de la crotte. Il m’est tout aussi facile de créer une orange, de l’or ou une crotte ! J’envoie mon fils chez les hommes pour leur apprendre les vraies valeurs auxquelles ils doivent attacher leur cœur.

Croyez-vous qu’il y aura moins de tendresse dans une étable de bétail que dans le plus luxueux, le plus riche des palaces ? Que non ! Mais ici il n’y aura que la tendresse, et les puants, les pécheurs, les petits, les humbles, ceux qui marchent pieds nus, les pauvres, les marginaux, les rejetés seront les premiers à reconnaître la tendresse de Dieu. Ce n’est pas dire que je n’aime pas les princes, les belles dames, les beaux messieurs et toute cette société mondaine qui attache son cœur à des dorures de belles voitures et des babioles, dit Dieu. Vous verrez, eux aussi ils viendront adorer mon fils. Mais ils auront un long chemin à parcourir en suivant une étoile, car mon propos est de leur apprendre à attacher leur cœur à de vraies valeurs, des trésors que ni les vers ni la rouille ne détruisent."

JPEGMe voici au bout de ma parabole. Vous imaginez que ce discours de Dieu a fait l’objet de nombreux commentaires, mais l’Esprit Saint aidant, tous les habitants du ciel reconnurent une nouvelle fois que très grande était la sagesse de ce vieux bon Dieu.

Père Henri Farcy, M.Afr.,
décédé le 13-12-2008

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