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Lignes de fracture N°38 Breuklijnen

Août - Augustus 2010
mercredi 1er septembre 2010 par J.V.

 PLUSIEURS MULTINATIONALES RENONCENT A L’HUILE DE PALME SUITE À UNE CAMPAGNE DE GREENPEACE

Ces derniers mois ont vu plusieurs multinationales de l’agro-alimentaire s’incliner l’une après l’autre devant les attaques médiatiques de l’organisation non gouvernementale (ONG) Greenpaece. L’objet de ces campagnes ? La lutte contre la déforestation, ou plus précisément, l’approvisionnement, par ces multinationales, en huile de palme ou en papier dont la production entraîne la destruction de forêts primaires, principalement en Indonésie.

La dernière victime en date n’est autre que le géant français Carrefour. Le 2e groupe mondial de la distribution a annoncé le 7 juillet dernier renoncer à se fournir pour ses emballages auprès du papetier indonésien APP (Asian Pulp and Paper), un jour après la publication d’un communiqué de presse par Greenpeace. Autre société à s’être inclinée, et non des moindres : le groupe Nestlé, leader mondial de l’alimentation, qui a annoncé en mars renoncer à son fournisseur en huile de palme Smart, filiale de la holding indonésienne Sinar Mas. La société suisse a par la suite déclaré vouloir « mettre en place une politique de lutte systématique contre la déforestation, visant à identifier et totalement exclure les sociétés propriétaires ou gestionnaires de plantation à risque d’ici 1015 ».

Si l’engagement est « unique dans l’industrie », il est quelque peu forcé puisqu’il a fait suite à une campagne de Greenpeace longue de plus de deux mois. Lancée le 17 mars, cette campagne particulièrement bien orchestrée s’est déroulée sur le web. Elle montrait notamment dans une vidéo une barre Kit Kat, produit phare de Nestlé riche en huile de palme, sous la forme d’un doigt sanguinolent d’orang-outan, une espèce menacée d’extinction par la déforestation. Une autre action marquante de cette campagne a été l’irruption le 15 avril de deux militants de Greenpeace par le toit, dans une assemblée d’actionnaires de Nestlé, déployant une banderole « Nestlé, donnez du répit aux orangs-outan ».

Sentant le vent tourner, certaines sociétés ont pris les devants. Les groupes français Casino et Findus ont ainsi déclaré fin mars vouloir supprimer l’huile de palme dans leurs produits alimentaires dès 2010, en la remplaçant par de l’huile de colza ou de tournesol. Plus tôt, en 2008, Greenpeace s’était déjà attaqué au groupe anglo-hollandais Unilever, qui avait décidé en mai de la même année de se fournir uniquement en huile de palme certifiée durable à l’horizon 2015.

Principale objet des attaques de Greenpeace : l’huile de palme est un ingrédient présent dans de nombreux produits, principalement alimentaires. Le palmier dont elle est extraite ne peut être cultivé qu’en zone tropicale, où le manque de terres provoque des déforestations massives. Les conséquences sont le rejet d’énormes quantités de CO², et la destruction de nombreux réservoirs de biodiversité.

Pourquoi cet empressement des acteurs de l’agro-alimentaire, la plupart des Goliaths du secteur, à satisfaire aux demandes de Greenpeace ? Clairement, le succès – ou les dégâts c’est selon – de la campagne contre Nestlé en ont échaudé plus d’un. Pourtant, les méthodes utilisées par l’ONG lors de cette campagne ne semblent pas, à première vue, particulièrement nouvelles : manifestations non violentes d’activistes, parodie de publicités et de marques, sites web dédiés, tout cela a déjà été utilisé par Greenpaece dans le passé.

D’après Patrice Leroux, professeur en communication à l’Université de Montréal, « le succès de cette campagne s’explique par une utilisation très efficace des outils internet, en particulier des médias sociaux. Greenpeace a su en particulier utiliser sa base de militants, rompus au net, pour diffuser de manière virale les vidéos, logos détournés et autres kits de campagne. Ils ont aussi su exploiter les erreurs de Nestlé, notamment la menace de censure de la vidéo Kit Kat ».

(La Libre Belgique, 12-08-2010)

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