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missionnaires d’afrique

L A V I G E R I E . be

Sauver les âmes ou aider au développement ?

Band 3/4 - 2014
jeudi 16 octobre 2014 par F.D. (Traduction), Webmaster

Editorial

Récemment j’ai lu une parole étonnante d’un des anciens directeurs de la Banque Mondiale, Robert Calderisi. Durant une discussion sur le rôle de la foi dans le monde moderne, il disait que l’Eglise catholique a, à travers le monde, tiré plus de gens de la pauvreté que n’importe quelle autre organisation dans notre histoire humaine. Tiens, me dis-je en lisant cela, les personnes qui nous accusent de ne vouloir que sauver les âmes, feraient bien de l’apprendre.

Car regardez l’Afrique et d’autres continents. Nos missionnaires, pères, frères, sœurs, et bien d’autres ordres et congrégations, n’y ont-ils pas fait de l’aide au développement ? C’est cette parole de Mr. Calderisi qui a poussé notre rédaction à consacrer cette lettre de contact à l’Eglise et à son rôle dans l’aide au développement.

Bonne occasion, pensions-nous, de réfléchir un instant sur la dimension sociale du christianisme. La serviabilité de l’Eglise. Il y a 20 ans déjà, un évêque français disait : «  Si l’Eglise n’est pas serviable, elle ne sert à rien ». Déjà depuis Mater et Magistra, Gaudium et Spes et Populorum Progressio, il n’y avait plus aucun doute sur notre rôle de missionnaire : participer activement au développement socio-économique de ceux auxquels nous étions envoyés. Mais reconnaissons-le, il y a quelque 150 ans les pionniers partaient avec comme but principal de prêcher et de baptiser.

La dualité « âme et corps » leur était bien ancrée dans le crâne. Le plus important était de sauver les âmes, mais intuitivement ils se rendaient déjà compte aussi que le spirituel ne pouvait se passer du corporel, et que le message social n’était rien d’autre que d’exécuter le message central de l’évangile ou de mettre l’amour en pratique. Que n’ont-ils fait dans les domaines de l’enseignement, de la médecine, de l’agriculture… ? Depuis le début ils ont commencé à alléger la pauvreté, mais ce n’est que plus tard qu’ils ont compris que les structures sociales devaient changer au plan mondial, parce qu’elles étaient responsables des conditions inhumaines de la vie de tant de personnes.

Notre pape François l’a encore souligné récemment. Dans son exhortation apostolique « La joie de l’évangile », il invite notre monde actuel à dire non à une économie d’exploitation et d’inégalité sociale. Il ne se peut tout de même pas, dit –il, que la mort d’un sans-papier ne soit pas une nouvelle, alors que la chute de deux points à la bourse des valeurs en est une ; ou qu’on jette de la nourriture alors que des gens ont faim ; ou que des directeurs reçoivent des tas de bonifications, alors que des centaines de travailleurs sont mis à la rue et ne savent plus comment nourrir leurs familles.

Le pape François donne clairement des raisons de la pauvreté dans le monde et montre d’un doigt accusateur les structures économiques dominantes, banques et autres puissances. Au fond, il répète ce que disait déjà il y a des années un autre prophète sud-américain, Don Helder Camara : « Quand j’aide et assiste les pauvres, on dit que je suis un saint ; mais quand je dis pourquoi il y a tant de pauvres, on dit que je suis un marxiste  ». Nous devons, dit François « à partir de notre foi en Jésus Christ, qui est devenu pauvre et s’est rendu proche des pauvres et des rejetés, nous soucier du développement intégral de ceux que notre monde a rejetés  ».

  Piet van der Pas, M.Afr

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