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Congo

Nouvelles du Secteur GOMA

Flash - PAC N° 039 septembre-décembre 2014
jeudi 15 janvier 2015 par Webmaster

Pino Locati, responsable des camps de déplacés à Goma, fait son récit de « Retour aux périphéries du monde » [1] quand il célèbre la Fête de Noël dans les camps des déplacés.

En ce temps de l’Avent et de Noël, je suis passé dans les Camps pour assurer la célébration de la Parole. Comment parler et quoi dire aux gens qui n’ont rien et ne mangent pas, dont le visage est émacié et le regard souvent perdu ? J’ai eu recours au langage du « conte populaire en direct » : raconter et actualiser partout l’événement de Bethléem, faisant confiance à la créativité, à la disponibilité des déplacés à s’y impliquer, au germe de l’espérance qui malgré les épreuves innombrables demeure encore dans le cœur de ces gens, au sentiment de la joie innée dans les veines des congolais.

- Dans l’école primaire de Bulengo (jeudi 18), j’ai vu apparaitre la chorale des Anges Déplacés et un groupe de bergers venant avec les sacs de farine et de savon pour les déposer devant la crèche de la Parole de Vie…  
  - Au Camp de Mugunga 1 (samedi 20), c’était la chorale des Matriarches congolaises qui est arrivée pour se réjouir de la venue de l’Enfant Béni…
- Au Camp de Nzulo (dimanche 21), la foule des déplacés, symbole en ce moment-là de tous les pauvres aux périphéries du monde, s’est agenouillée pour adorer l’Espérance des peuples…  
  - Au Camp de Bulengo encore (24 décembre), à l’apparition de l’Emanuel dans une classe d’école, les vieilles mamans l’ont accueilli avec les ’hua hua hua’ de la main sur leur bouche… beau, très beau… une joie explosive à faire tomber toute muraille de la citadelle de Goma !

- Dans l’orphelinat Tulizeni (25 décembre), où il y a aussi 9 jeunes filles avec enfant issu des violences de la guerre, les enfants se sont déchainés avec leurs cornemuses pour accueillir leur Petit Frère, déplacé de Nazareth à Bethléem et né lui aussi dans une mangeoire en dehors du village comme les déplacés dans les Camps. Magnifique cette symphonie de couleurs et de sons étranges que les enfants laissaient sortir de leurs cornemuses, c’était un moment d’éternité dans ce havre caché aux yeux des grands !

Dans cette période de Noël, personne ne m’a téléphoné pour rendre un service liturgique ou assurer une présence pastorale dans les Camps des déplacés, sauf un stagiaire de Katoy, notre paroisse, et nouvellement arrivé, bravo ! Je comprends et je les excuse : nous sommes peut-être trop soucieux et plongés dans le service des chapelles et des églises paroissiales et en toutes sortes d’activités caritatives à l’intérieur de leurs murailles. C’est pourquoi il n’y a pas le temps pour sortir hors des murs et aller vers les périphéries . Oui, je comprends, il vaut mieux la sécurité que le risque, il vaut mieux la routine que le changement, il vaut mieux d’abord chez soi qu’ailleurs, je comprends et ils sont excusés…

Pino Locati m.afr
 

[1Dans l’homélie de la messe chrismale du 28 mars 2013, le pape François a appelé l’Eglise à « atteindre toutes les périphéries ; les pauvres, les prisonniers, les malades, ceux qui sont tristes et seuls ».


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