missionarissen van afrika
missionnaires d’afrique

L A V I G E R I E . be

Etre missionnaire :
être envoyée, être « tout à tous ».

mardi 7 mai 2019 par Webmaster


Sœur Anafrida Biro, missionnaire, professeur de chimie et biologie, avant tout, une apprenante dans une école quotidienne et gratuite de Jésus, comme elle le dit. Elle partage avec nous son expérience missionnaire.

Peux-tu nous dire comment Dieu t’a appelée ?

Je pense que Dieu m’a appelée, tout d’abord, par le biais de ma famille : mes grands-parents et mes parents qui L’aimaient, Lui faisaient confiance et m’ont portée vers Lui par le sacrement du baptême, etc.

Comment as-tu rencontré les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique - les Sœurs Blanches ?

C’est grâce à Sr.Chimwemwe Mgangira du Malawi, qui est venue à l’école où j’étudiais (école secondaire de filles Rugambwa dans la région de Bukoba). Elle nous a partagé son expérience missionnaire pendant le cours de religion. Il faut que je vous dise auparavant que j’avais déjà pensé à la vie religieuse dès la fin de l’école primaire, car c’était le moment conseillé pour entrer dans les congrégations locales. Mais comme j’avais été désignée pour intégrer une bonne école secondaire, j’ai décidé, avec mes parents et le directeur des vocations, de poursuivre mes études. En écoutant Sr Chimwemwe, non seulement j’ai senti naître en mon cœur un grand désir, un grand feu : ressembler à ces sœurs missionnaires, et je voyais aussi une porte grande ouverte pour pouvoir offrir ma vie et aider les gens dans le besoin. Avant cela, je voulais servir mon diocèse mais voilà que la sœur parlait de l’Afrique tout entière ! Fait intéressant, aujourd’hui, quand je regarde en arrière, je comprends le sens de la grande porte que j’ai perçue comme ouverte devant moi : Dieu ne m’appelait pas seulement en Afrique anglophone comme je le pensais à l’époque, mais même au-delà - en Afrique francophone, en Europe… Oh, quelle surprise !

Sœur Anafrida, tu viens de Tanzanie. Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton pays ?

La paix qui y règne, l’unité dans la diversité des cultures et des traditions, les religions, et même les couleurs de peau. J’aime sa nature - les paysages, les plantes et les animaux - la Tanzanie a la chance d’avoir de belles ressources naturelles. Le pays progresse grâce aux efforts de beaucoup mais également grâce à une bonne gouvernance, quelles que soient les faiblesses humaines de ceux qui y travaillent.

Y a-t-il quelque chose de ton pays qui te manque en Pologne ?

Oui et non. Oui, parce que je n’y trouve aucun aliment que j’ai mangé de mon enfance à mon adolescence. Mais au niveau des pays, il y a des choses comme le riz, les pommes de terre et quelques fruits qui se trouvent, à la fois, en Tanzanie et ici en Pologne.

Non, rien ne me manque car ici en Pologne, je trouve ce qui est essentiel à tout être humain : l’AMOUR. J’aime les gens et je me sens aimée, ou au moins, acceptée. Je me sens chez moi.

Dans quels pays as-tu travaillé ?

Je suis allée au Kenya pour ma formation religieuse et mon stage pratique. J’ai ensuite passé cinq ans en Mauritanie et je suis maintenant en Pologne depuis neuf ans. Entre-temps, je me suis rendue dans d’autres pays à différentes fins liées à notre mission et à notre vie missionnaire.

Quelle est ta mission en Pologne ?

Une présence, une écoute, une information, un encouragement, une invitation, un rappel, un éveil, un appel à la réflexion et aux vocations missionnaires. Un autre aspect de ma mission en Pologne est de construire des ponts entre les peuples, en particulier entre ceux d’Afrique et de Pologne / Europe.

Qu’est-ce que cela signifie pour toi d’être missionnaire ?

C’est être choisie et envoyée aux autres et à soi-même - à sa propre vie. C’est une invitation à être « tout à tous » de près et de loin, tout en veillant sur sa relation personnelle avec Dieu / Jésus, qui nous envoie et sans qui nous ne pouvons rien faire ! Pour nous, Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, c’est aussi vivre dans une communauté internationale avec tout ce que cela implique - richesse et défis.

Quelles sont les qualités essentielles d’un bon missionnaire et comment les croyants peuvent-ils cultiver ces qualités ?

La foi, l’écoute, le courage, la fidélité à la prière, la disponibilité, la souplesse d’adaptation, une attitude bienveillante qui ne juge pas, la patience, l’amour qui va au-delà de tout ...
Les croyants peuvent cultiver ces attitudes en prenant d’abord conscience de leur réalité dans leur relation avec Dieu, avec eux-mêmes et avec les autres. En mettant quotidiennement en pratique les paroles de Jésus - aimer comme il nous a aimés, tout en faisant totalement confiance à Dieu et à sa compassion. Il est bon de continuer à s’y efforcer chaque jour, de ne pas se décourager devant l’échec.

Quelle est la plus grande joie de ta vie missionnaire ?

La liberté intérieure. J’ai expérimenté une présence continuelle de Dieu dans ce que je vis et dans ceux avec qui je vis. Je me vois grandir dans la confiance en moi et dans la confiance en Dieu qui a un plan pour ma vie et celle des autres. Un plan pour la paix et non pour le malheur (Jérémie 29:11). J’ai vraiment besoin de ne pas trop m’inquiéter mais plutôt d’être aussi responsable que possible. Mon seul désir est d’être un instrument disponible pour Dieu. Être, ou aller, là où je suis utile et pas nécessairement où je souhaiterais aller.

Des défis ?

Oui, il y en a et ils sont divers. Tout d’abord, c’est au niveau de la séparation physique de ceux qui me sont chers - ma famille, mes amis, d’autres personnes que j’ai rencontrées ; un climat différent de celui auquel je suis habituée, une nourriture différente… Apprendre de nouvelles langues, faire face à de nouvelles traditions et cultures, à de nouveaux modes de pensée, à des différences de personnalité, de comportement et de contextes familiaux.

Ton propre modèle missionnaire, un héros ?

Jésus lui-même, le tout premier missionnaire ; autrement, à part d’autres personnes qui font également partie de notre propre congrégation religieuse, il y a saint Paul. Après avoir été appelé par le Christ, le OUI de Saint Paul a été décisif et définitif et je pense que son attachement et son amour pour le Christ n’auraient pas pu être plus forts. Cela se retrouve dans les lettres qu’il a écrites, par exemple : « Pour moi, vivre, c’est Christ, et mourir, c’est un gain. »- Ph.1 : 21. Ou « Je peux tout en Celui qui me rend fort » - Ph.4 : 13. Paul ne comptait plus sur sa force et sa connaissance, mais uniquement sur le Christ.

Quel conseil donnerais-tu à ceux qui pensent à la vie missionnaire mais hésitent ?

Je pense qu’il est bon de mettre au clair leur motivation et leur désir de vie missionnaire. D’où vient-il et comment cela a-t-il commencé ? Une autre façon serait de nommer ou d’identifier leurs peurs / doutes et de voir ce que Dieu / Jésus dirait à propos de chacun d’entre eux.

Sœur Anafrida, que pouvons-nous te souhaiter ?

Tout ce que vous voulez, tout ce qui peut m’aider dans ma relation avec Dieu et avec les gens. Je profite de cette occasion pour vous demander de prier pour moi afin que je puisse accomplir la volonté de Dieu et la mission d’amour de Dieu où que je sois. Si jamais j’ai blessé quelqu’un d’une manière ou d’une autre, je lui exprime mes regrets. Encore une fois, merci beaucoup ; que Dieu vous bénisse maintenant et a toujours !


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