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L A V I G E R I E . be

Le Père Christian Deltenre

dimanche 26 février 2012 par J.V.
Un coup de téléphone de Nazareth nous a appris hier matin très tôt, le 24 février 2012, que le
 
 
Père Christian Deltenre


 
s’était éteint paisiblement à 4 h 30.

Les trois derniers mois il s’était fortement affaibli et sa mort fut une délivrance.

Christian est né le 24 octobre 1931 à Waterschei (Genk) dans la province du Limbourg belge d’une famille chrétienne et pratiquante. Son père était directeur-gérant d’un charbonnage. Christian fit son école primaire au collège de Hasselt et ses études secondaires au Collège St-Pierre à Uccle (Bruxelles). Il hésita entre la médecine et la prêtrise. Il opta finalement pour les Pères Blancs et entra à Thy-le-Château, où il fit ses études de philosophie (1951-1953). Suivirent alors le noviciat à Varsenare et la théologie à Heverlee, où il fut ordonné prêtre le 6 avril 1958 par Mgr. Daubechies (apparenté à sa famille). Après les six mois obligatoires d’études ’coloniales’, Christian fit deux stages en Angleterre, en vue de parfaire son anglais. Ses professeurs à Thy-le-Château firent déjà ressortir un trait de caractère qui orientera son avenir : « Préfère se servir de ses dix doigts pour autre chose que pour tourner les pages d’un livre. Préfère le travail pratique. » Au scolasticat un professeur note : « Sujet d’élite, non pas à cause de ses talents intellectuels, mais à cause de ses talents humains. » Un autre ajoute : « Ce scolastique est magnifique par sa délicatesse et sa bonté de cœur. » Ajoutons encore que Christian, pendant ses années de formation et malgré quelques problèmes de fatigue nerveuse, fut un bel athlète et un grand sportif.

Le 8 août 1959, c’est le départ pour la Rhodésie du Nord, actuellement la Zambie. Il est nommé vicaire à Luwingu, dans le diocèse de Kasama. Il apprend la langue Cibemba, fait du ministère et est obligé de s’occuper de constructions. Mais très tôt il donne des signes de fatigue et souffre d’insomnie. On craint un sérieux problème à la glande thyroïde. Le père Oger, régional, écrit : « Les troubles politiques de 1961, alors qu’il ne connaissait pas encore bien la langue, ont dû l’affecter plus qu’on ne pense, ainsi que ceux du Congo, où se trouvait une partie de sa famille ».

En juin 1963 Christian revient en Belgique pour des raisons de santé. En décembre, il est nommé économe à Thy-le-Château. Les séminaristes sont très contents de lui. « C’est une maman », disent-ils. Christian veille à tout, il est très débrouillard et a l’esprit jeune. Il assure aussi le cours de missiologie. En 1966 il a pu faire un pèlerinage en Terre Sainte avec ses parents et il a suivi la grande retraite à Rome.

En janvier 1967, il repart pour la Zambie. Il reprend son travail à la paroisse de Luwingu, où il sera bientôt nommé aumônier et professeur de français à la ’Luwingu Secondary School’ du gouvernement. Quand, en février 1970, on le sollicite pour l’économat provincial de la Belgique, Christian écrit au père Rosman, assistant provincial : « Je suis peut-être un peu vieux jeu, mais jusqu’ici je n’ai pas encore ni refusé ni demandé une nomination et j’ai toujours été heureux ! Si le père Thuysbaert juge que je peux faire le boulot et vous tous aussi, alors d’accord. »

Le 1er janvier 1971, Christian commence comme économe adjoint du père Thuysbaert, à la rue Pelletier. Il lui succède en juin 1973, toujours à la rue Pelletier. Durant son mandat d’économe provincial, Christian fait construire notre première maison dans la province du Limbourg, celle de Genk. Il réalise ensuite un vieux rêve de la Province belge : disposer enfin, après des décades d’errance, d’une maison provinciale vraiment adaptée aux besoins. Il construit le provincialat de la rue Charles Degroux 118, mis en service en juillet 1974. Le chantier de La Plante prit plus de temps. Les travaux y commencent en 1975 avec la démolition de maison sise en contrebas et la nouvelle bâtisse sera inaugurée en mars 1978. Christian termine son mandat à la fin de décembre 1978.

En janvier 1980 Christian est à nouveau nommé en Zambie, cette fois-ci pour le diocèse de Ndola, où il devient responsable de la Procure. Il y apporte beaucoup d’améliorations matérielles, collabore avec les économes diocésains et s’occupe de Raptim. « Supérieur, économe, ’guest-master’, conseiller, assurant les services religieux dans une paroisse, donnant des retraites individuelles à des religieuses… », écrit l’assistant-provincial. En 1984, il rentre en congé, fatigué et avec un mal de dos déjà ancien qui reprend. En 1988 il est remplacé comme responsable de la Procure, mais reste sur place pour différents services. Ses rares lettres adressées aux provinciaux témoignent de sa préoccupation pour les petites gens, atteintes de plein fouet par la dévaluation et qui, s’ils ont du travail, ne touchent qu’un salaire de misère ou sont mis à la retraite avec presque rien. « Il faudrait que l’Eglise, mais, avant cela notre Société, prenne des résolutions nettes et claires à ce sujet… J’ai l’impression que nous sommes assis sur une bombe… » Signalons ici que, d’après le témoignage des confrères, Christian vivait très pauvrement, dans un authentique ’esprit de pauvreté’.

En 1993 il participe à la session de Jérusalem. Ses congés ’réguliers’ sont entrecoupés de plusieurs congés pour raison médicale. Aussi écrit-il au provincial en février 1996 : « Un tout grand merci donc à tous les services de la province et certainement le service de santé… que j’ai fait travailler… régulièrement !!! ». Dans la même lettre il se plaint que pendant son congé il avait oublié les noms de ces neveux et nièces et qu’au retour à Ndola il avait dû reprendre son dictionnaire de Cibemba pour des mots élémentaires… mais que ça revenait… Les dernières années il était engagé à plein temps à l’hôpital, où il visitait les malades, les aidait matériellement et leur procurait de la lecture. Il écrit : « Je suis heureux quand je vois les malades heureux. » Pourtant Christian a de plus en plus de difficulté à s’exprimer correctement. Les confrères lui conseillent de se faire examiner en Europe.

Christian arrive à Bruxelles le dimanche 4 septembre 2005. Il avait annoncé son arrivée au provincial avec ces mots : « Je ne suis pas en danger de mort, je ne suis pas encore usé complètement, je peux retrouver la Zambie… » Sa famille l’accueille, comme elle l’a fait à chaque congé, et l’oriente dans les examens médicaux, y compris chez un psychiatre et un neurologue. Petit à petit il recouvre l’usage de la parole. Début 2006 Christian retourne en Zambie et reprend avec bonheur son travail à l’hôpital. Les médecins et les supérieurs lui accordent d’abord trois mois, ensuite prolongent jusqu’à six mois.

Le 6 juin 2006 Christian rentre définitivement en Belgique. Il sait qu’il souffre d’Alzheimer et en connaît les conséquences. Il rejoint la communauté de Clovis, à Bruxelles ; une année plus tard il est nommé à Heusy. La maladie semble évoluer fort lentement, car aussi bien à Heusy (jusqu’à la fermeture de la maison) qu’à La Plante (à partir du 1er juillet 2009) il donne un sérieux coup de main à l’économe, surtout pour l’entretien de la propriété. Il reste l’homme serviable qu’il a toujours été. Il écrit au provincial : « Pour moi, un jour sans prière pour la Zambie n’existe pas. Il y a les confrères, les sœurs, les Zambiens… » En 2011 son état se dégrade lentement, il est totalement désorienté. Finalement un transfert en maison spécialisée s’impose (M.R.S. Nazareth, à Bruxelles). Lui, qui signait toutes ses lettres « In Amorem Christi », est allé rejoindre son Seigneur bien-aimé.

  La liturgie d’action de grâce et d’adieu aura lieu le jeudi 1er mars à la chapelle St. Michel (Boulevard Clovis 80 – 1000 Bruxelles) à 10h30.  

Possibilité de saluer le corps et la famille à partir de 10 heures. Etole violette. Collation pour la famille et les confrères à un endroit à déterminer. Peu de possibilités de parking sur place. Il vaut mieux laisser les voitures à la rue de Linthout ou Charles Degroux (20 min. à pied).

 
J.V.
 

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