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Afrique

Droits et misères de l’enfant en Afrique

Voix d’Afrique N°104
jeudi 18 décembre 2014 par Webmaster
La Charte Africaine des droits et du bien-être de l’enfant, adoptée en juillet 1990 par l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), rappelle que « l’enfant occupe une position unique et privilégiée dans la société africaine ». La Charte énumère ensuite une série de normes dont certaines, très innovatrices, vont bien au-delà des exigences de la Convention aux Droits de l’Enfant (CDE) adoptée par l’ONU et entrée en vigueur en 1990. L‘enfant est ainsi au cœur des enjeux et impératifs de paix, de développement et de progrès. Rappelant que « les enfants sont les bâtisseurs des nations de demain et porteurs des espérances du futur », la Déclaration proclame la nécessité et « l’urgence de l’adoption d’initiatives régionales pour le bien-être des enfants ».

Des promesses non tenues

La dernière décennie du 20e siècle aura été celle d’un engagement diplomatique, juridique et politique sans précédent en faveur des enfants… Malheureusement, pour la majorité des enfants africains, la grande espérance née de cette effervescente activité diplomatique et juridique attend toujours de prendre corps dans leur vie de chaque jour.

Droit à une éducation épanouissante

À quoi tient cet échec du droit et du politique à garantir efficacement les droits de l’enfant en Afrique ? Il y a certes l’absence de bonne foi de nombreux dirigeants africains et leur manque de volonté politique. Mais il faut y ajouter l’échec des politiques de développement économique et social, aggravé par des facteurs conjoncturels liés à l’absence de démocratisation, à la déliquescence du pouvoir étatique, ainsi qu’à des conflits armés persistants.

La misère économique

Les graves problèmes économiques que connaît depuis des années l’Afrique affectent au premier chef les enfants, « caste d’abandonnés, sans assistance et avec très peu d’espoir de s’en sortir ». Ainsi, de plus en plus nombreux sont les enfants du continent qui sont contraints de se débrouiller par eux-mêmes pour survivre.

Le travail devient la seule voie de survie de nombreux enfants en Afrique. En Côte d’Ivoire, le gouvernement reconnaît que « la paupérisation des familles pousse les parents à avoir recours aux revenus du travail de leurs enfants ». De plus, dans les grands centres urbains, on constate « l’existence d’une prostitution occasionnelle, masquée par des activités de façade (vendeuses ambulantes, petits gardiens, domestiques) et une prostitution professionnelle encadrée par des réseaux criminels évoluant en marge et hors de la loi ».

Un nouvel esclavage ?

Le drame de la majorité des enfants utilisés comme main-d’œuvre dans les grandes plantations industrielles d’Afrique de l’Ouest et Centrale notamment, a conduit certains observateurs à soutenir que « l’esclavage et la traite des Noirs existent encore en Afrique, mais, cette fois-ci, les négriers sont les Africains eux-mêmes, et leurs marchandises, des enfants africains ».
« Chaque année, quelque 200.000 enfants des régions les plus pauvres d’Afrique sont vendus comme esclaves ».

Doublement victime - d’une crise économique galopante et d’une abominable résurrection du mythe du “Nègre dur à la tâche“ - l’enfant africain est en train de devenir une “denrée“ fortement sollicitée à travers le monde entier, à des fins d’exploitation économique ou sexuelle. En Europe, dans un pays comme la France par exemple, l’on constate une aggravation de la prostitution des mineurs de plus en plus souvent venus de l’étranger, en particulier d’Afrique.

Violence armée
et défaite du droit

Dans les pays devenus sans État, ou qui subsistent miraculeusement avec tout juste un résidu d’institutions publiques (Somalie, Sierra Leone, Liberia, République Démocratique du Congo, Soudan, etc.), des générations entières d’enfants ne savent rien d’autre de la vie que la violence et la guerre à large échelle. Dans ce contexte, les misères de l’enfant africain placent la question des droits de l’enfant au confluent des exigences de la règle de droit et des contraintes de sécurité.

Le phénomène des “enfants soldats“ est loin d’être une simple et marginale excroissance des situations de conflit armé. Il devient une tendance générale qui, dans de nombreux pays, atteint une majorité d’enfants. Nombre de ces combattants aux dents de lait sont âgés de moins de 10 ans au moment de leur enrôlement dans les ‘’armées de libération’’.

Dans les prisons

S’agissant toujours du rapport de l’enfant à la violence, demeure également entière la question de la justice pénale et celle des droits de l’enfant en temps de paix ou de guerre. Généralement, les États Africains manquent à la fois de cadre juridique et de capacité institutionnelle dans ce domaine.

Ces enfants privés de libertés sont presque tous gravement traumatisés par leur arrestation et ses suites : la violence et les mauvais traitements subits dans les postes de police, au tribunal et en prison. Ils y endurent la faim et la soif, des humiliations et pressions. Les malades ou blessés ne sont pas soignés. Dans les commissariats et en prison, ils sont mêlés aux adultes, parfois de réels bandits dangereux qui leur font également subir la loi du plus fort : les enfants doivent les servir, accomplir les corvées et de surcroît assouvir leurs pulsions sexuelles. Leurs familles ne sont que rarement informées de leur arrestation et si elles le sont, réagissent par le rejet de cet enfant qui a « terni leur honneur ». Abusés et abandonnés de tous, même de la justice qui ne traite pas leur dossier, les enfants croupissent terrorisés, sans espoir et sans avenir dans des prisons vétustes et insalubres.

L’avenir hypothéqué

L’ampleur des misères de ces enfants est telle que la distance demeure immense entre la réalité et les règles de droit. En adhérant aux instruments juridiques de protection des droits de l’enfant, les États africains souscrivent pourtant à des engagements d’où découlent des obligations internationales. S’agissant de la Convention relative aux droits de l’enfant, par exemple, les États parties s’engagent non seulement « à respecter les droits qui sont énoncés dans la présente Convention », mais aussi « à les garantir à tout enfant relevant de leur juridiction ». (article 2).

Le continent continue néanmoins d’évoluer en marge ou hors des normes et principes auxquels il a librement souscrit. Quant à l’enfant africain, il est progressivement en passe de devenir le laisser-pour-compte de sociétés végétant elles-mêmes à la limite de la survie…

Une journée
de l’enfant africain

La Journée de l’enfant africain commémore la marche de 1976 à Soweto, en Afrique du Sud, lorsque des milliers d’élèves africains sont descendus dans la rue pour protester contre la mauvaise qualité de leur éducation et exiger que soit respecté leur droit à recevoir un enseignement dans leur propre langue. Des centaines de jeunes garçons et filles ont été abattus et pendant les quinze jours de manifestation qui ont suivi, plus d’une centaine de personnes ont été tuées et plus d’un millier blessées.

En l’honneur de ceux et celles qui ont été tués et pour rappeler le courage de tous les manifestants, la Journée de l’enfant africain est célébrée le 16 juin de chaque année depuis 1991, année de sa création par l’Organisation de l’Unité Africaine. Elle attire aussi l’attention sur la vie des jeunes Africains d’aujourd’hui.

De sources diverses
Voix d’Afrique
 

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