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L A V I G E R I E . be

Le Père Charles Lohest

mardi 22 mai 2012 par J.V.
  Un coup de téléphone dimanche matin, le 20 mai 2012, pendant le petit-déjeuner, nous apprit que le Père
 
Charles Lohest


s’était éteint à la Clinique de la Citadelle, à Liège, où il avait été hospitalisé il y a deux semaines à peine.

Charles est né le 24 juin 1925 à Tournai, dans une famille très chrétienne et nombreuse. Il fait l’école primaire à Tournai, sauf la 6e et 7e, qu’il suit au Collège Saint-Pierre à Uccle (Bruxelles), où ses parents se sont établis entre-temps. Il continue au même collège pour les six ans d’humanités gréco-latines. Il entra chez les Pères Blancs à Thy-le-Château en octobre 1944, fit le noviciat à Varsenare (1946-1947) et ses études de théologie à Heverlee (1947-1951), où il prononça son serment missionnaire le 22 juillet 1950 et fut ordonné prêtre, en l’église paroissiale à Terbank, le 24 mars 1951.

Quelques traits notés par ses éducateurs : « Il est affable, serviable, accommodant. Il a très bon cœur. » – « C’est un nerveux qu’on sent tendu, un peu inquiet. » - « Un homme sur qui on peut entièrement compter, travailleur acharné. » – « Il est exigeant pour soi-même, mais aussi pour les autres. Il est obéissant. » – « Caractère compliqué et surtout original. Il lui arrive régulièrement d’être d’un avis contraire, il est connu pour son ego contra. » - « Sa santé n’est pas des plus résistantes. »

Après les six mois réglementaires à l’Université Catholique de Louvain, en guise de service militaire, Charles s’envola le 18 mars 1952 avec la compagnie Sobelair pour ’notre Congo’, en direction du vicariat de Costermansville, beaucoup plus étendu que l’actuel archidiocèse de Bukavu. Il débute comme professeur de français à l’école d’infirmiers de la Fomulac à Katana, où il se met également à l’étude du Kiswahili. Quelque mois plus tard il est nommé à Uvira, comme économe et directeur des écoles. En janvier 1954 on fait appel à lui comme professeur de latin et de mathématique au Petit séminaire de Mungombe ; en 1957 on le retrouve préfet des études et économe au Petit séminaire de Mugeri ; en 1959 il fait un intérim comme inspecteur des écoles catholiques à Bukavu. Pendant les vacances scolaires, Charles visite les familles des séminaristes, pour « voir de quelles souches proviennent nos élèves. » Le régional de cette époque, le père Hoste, note : « Est content au séminaire. Aime à demander conseil. Aime à faire du ministère en plus. Est bon professeur. Est bien vu des élèves parmi lesquels il a beaucoup de pénitents. » Après un passage à la paroisse de Bagira comme directeur des écoles de quartier, il part en congé et fait la grande retraite à Grotta Ferrata.

En octobre 1961, Charles est de retour à Bukavu comme inspecteur diocésain des écoles, fonction à laquelle s’ajoute en juillet 1963 celle de secrétaire provincial des écoles catholiques. Après son congé en 1966, Charles prend sur lui la comptabilité à l’Economat Général diocésain et l’année après il est économe général ad interim. En août 1967 les mercenaires de Schramme atteignent Bukavu et Charles se retrouve, avec pratiquement tous les Européens de Bukavu, en résidence surveillée à Kigali, Rwanda. De là, il continue sur Bruxelles. De retour dès octobre 1967, il part dépanner le Petit séminaire de Rwesero, au Rwanda, comme professeur de latin et de grec en poésie et rhétorique. En mars 1968, le voilà de retour à Katana, comme aumônier de la Fomulac et professeur de français et de grec à l’école secondaire de Mugeri. Mais il n’est jamais trop tard pour apprendre : en septembre 1968, il fait le CELA à Bukavu pour apprendre le Mashi. Six mois plus tard il est nommé vicaire à la paroisse de Katana et quelques mois plus tard vicaire à Nyantende. Son bref séjour à Nyantende est interrompu par trois mois de repos sanitaire à Katana. En juillet 1970, il est nommé curé à la paroisse Sainte-Thérèse à Bagira (Bukavu).

Le 18 mai 1971 il part en congé. Il en avait besoin. Les conclusions de la visite à l’Institut tropicale d’Anvers sont claires : Charles souffre de dépression chronique. Il avait encore toujours des cauchemars, où il revivait les événements de 1967. Le traitement sera long. Et son départ de l’Afrique définitif.

« On m’envoya d’abord six mois à Heusy où j’étais honteux de n’avoir plus rien à faire. » Il y est nommé en juin 1971. Charles commence par prêter main forte au quêteur officiel de la maison et prit goût à ce genre de travail. Il retourne à Villa Cavalletti pour la grande retraite. Au mois de juin 1972, il s’installe à Thy-le-Château comme économe, mais moins de deux ans plus tard il est nommé à la rue de Linthout à Bruxelles et devient le dernier quêteur officiel de la partie francophone du pays. « J’acceptais le fichier de 2000 personnes à visiter et pendant 29 ans je le mis à jour pour n’avoir plus aujourd’hui, écrit-il en 2001, malgré tous les efforts que j’ai fait pour en maintenir la hauteur, que 150 personnes… » Charles est profondément engagé dans son travail de quêteur. « Je me sens habité du charisme de quêteur (don donné à un particulier pour la communauté). Je sens d’abord en moi la nécessité de rester en contact avec ces gens qui pourraient nous aider un jour, même si pour le moment le montant de leur aide est limité. Je me sens présent à ce besoin de la Société vers eux. Mais aussi je me sens témoin de la Société envers eux. » Il consacrait deux jours ouvrables par semaine à ce travail de quêteur, mais il sait se faire aider par des volontaires pour sa nombreuse correspondance. Notons en passant que Charles eut une opération au cœur (sept pontages) et que la cause diagnostiquée par les médecins était le stress…

Si son travail de quêteur l’a épanoui, c’est surtout la découverte du cheminement PRH qui l’a guéri. Il commence à suivre des sessions en 1974, « en amateur » comme il dit. « J’ai cheminé et en 1979 je me suis senti un appel intérieur qui m’a fait demander mon inscription au plan cadre de la formation PRH, d’abord à titre personnel et depuis 1982 à titre sacerdotal. » Dans un regard rétrospectif sur sa vie, il écrit en 2001 : « C’est PRH qui m’a donné une confiance en soi que je n’avais jamais eue et aussi la possibilité de me sentir libre devant Dieu. En devenant moi, j’ai contribué à faire la gloire de Dieu, car devenir moi n’était pas être ce qu’on m’avait reproché la veille de mon ordination, »ego contra« , mais déployer tout le don de création du Père en moi pour m’engager totalement dans les choix que j’avais faits autrefois et que je n’avais pas remis en question. La quête me reliait à l’Afrique, PRH me reliait à cette civilisation occidentale cherchant son chemin parmi la foison d’idées où ils faisaient avec peine leur choix. J’ai été sur leur chemin et je le suis encore pour les aider à se trouver et à trouver Dieu aussi. » Il était en effet devenu ’habilité à la relation d’aide PRH’, ce qui lui permit d’accueillir des personnes en accompagnement PRH et l’obligeait à suivre plusieurs sessions par an en guise de formation permanente. A ce sujet il écrit : « J’ose parler de mon charisme à la relation d’aide comme d’un sacrement particulier de mon sacerdoce aujourd’hui. Ce ne sont plus des conseils que je donne, ce sont des prises de conscience que j’amène à faire dans des entretiens réguliers, méthodiques, aussi loin que l’aidé le désire et que moi je me sens capable de l’aider. » Ainsi suit-il plusieurs personnes, au rythme de deux entretiens par mois. Pendant une quinzaine d’années il rendra en outre service à l’église Saint-Nicolas et fera partie des ’écoutants" de Tele-Accueil.

En juin 2006, le provincial propose à Charles de rejoindre les confrères au home Saint-Joseph à Liège, où les premiers ’services- résidences’ sont disponibles. En août 2009 apparaissent les premiers signes de confusion mentale, mais grâce aux médicaments son état se stabilise plus ou moins. Quinze jours avant sa mort, il dut être hospitalisé à la clinique de la Citadelle à Liège, où il s’est éteint dans la nuit de samedi à dimanche, le 20 mai 2012.

  La liturgie d’adieu aura lieu le vendredi 25 mai, à 10h30, en l’église Sainte-Foy (rue Saint-Léonard – 4000 Liège), située à 100 mètres derrière la Maison Saint-Joseph, où résident nos confrères. L’enterrement aura lieu au cimetière de Soheit-Tinlot (rue de l’Eglise – 4557), dans un caveau à côté de son grand-oncle, Louis Lohest, prêtre et co-fondateur des Aumôniers du Travail.  

Une collation est prévue pour les confrères dans un local attenant à l’église à Liège.

 
Jef Vleugels
 

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