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L A V I G E R I E . be

Père Fernand Lambert

lundi 1er mars 2021 par Webmaster2

Dans la nuit du 25 février, vers deux heures, notre confrère Fernand Lambert
s’est doucement éteint à la clinique Saint-Michel à Bruxelles. Fatigué de combattre et, à part quelques rares visites, vu la pandémie, assez seul, un peu abandonné…

Fernand est né Korbeek-Lo, près de Louvain, le 9 juillet 1929. La famille compte quatre enfants, deux garçons et deux filles. Le père travaille comme technicien aux P.T.T. (Poste, Téléphonie, Télégraphie) à Etterbeek, rue de l’Orme. Après les humanités gréco-latines au collège Saint-Pierre à Louvain, son père lui demande de retarder d’une année sa décision.

Fernand travaille au Boerenbond, le grand groupement agricole flamand. En septembre 1948 il entre chez les Pères Blancs à Boechout. Après le noviciat à Varsenare, suivent les quatre années de théologie à Heverlee, où il prononce son serment missionnaire le 10 juillet 1954 et est ordonné prêtre le 10 avril 1955. Les appréciations de ses formateurs regorgent de superlatifs : “sujet d’élite”, équilibré, bon sens, piété solide, charitable, aptitudes à la vie commune, fort sensible, grand travailleur, “deviendra un très bon et saint prêtre, un directeur d’âme éclairé, un excellent professeur”. Homme d’une pièce… Parfois sentimental à l’excès. Lui-même se dit épris de liberté (“pas de supérieurs”), un esprit toujours en recherche, ayant toute routine en horreur (“chaque année je préparais l’Avent, Noël, la confirmation… d’une autre façon”). “Je m’engage entièrement dans ce que fais”.

Fernand est envoyé aux études à Rome, où il fait la théologie à la ‘Gregoriana’. Pendant qu’il met la dernière main à sa thèse à Louvain, il y accomplit également son ‘service militaire’. En décembre 1959 il part pour le Congo en passant par Rome, où il défend sa thèse et devient avec distinction docteur en théologie. “Trois jours et deux nuits d’affilée sans dormir… Formule pour tenir : café et cigarettes” avoue-t-il…
En décembre il arrive à Matanda dans le diocèse de Goma. Il s’y met au kinyarwanda en se promenant sur les collines. C’est là aussi qu’il vit l’indépendance du pays. A Masisi il se met au swahili, mais on a d’urgence besoin d’un professeur au grand séminaire de Burasira. Après des difficultés avec le supérieur, il rejoint le grand séminaire de Murhesa, où il trouve les pères Fransen, Diacre, Nyssens, Merceron et Julien Martens. En 1964 il n’y a pas de diacres (mais, au contraire, des mulelistes dans la région) ; Fernand et Julien en profitent pour partir se recycler : théologie pastorale et catéchèse à Lumen Vitae.

En 1965 Fernand est nommé à Heverlee, au scholasticat nouveau style post-Vatican II : des équipes composées d’un père et de sept, huit scholastiques. Fernand donne le cours des sacrements, le ‘personnalisme’ et la liturgie. “Il applique des méthodes actives et fait travailler ses étudiants en petits groupes”, note le père Plessers, provincial. Comme responsable de la liturgie, il est assez directif. Il donne aussi quelques heures de cours à l’école normale Saint-Thomas à Bruxelles.

En 1969 Fernand est nommé au Rwanda : professeur à l’Institut Catéchétique Africain (ICA), où il a assez vite maille à partir avec le père Seumois, directeur, (une discussion sur l’Immaculée Conception tourne mal). Fernand passe une année à Cyanika avec Stany de Jamblinne et Guy Theunis. En 1970 Fernand est, à sa propre demande, nommé à Kigali. Dans un premier temps il est vicaire à la paroisse Sainte-Famille. Il est également professeur de religion chez les assistants médicaux jusqu’en 1973, au ‘Collège officiel’ et à l’’Ecole Technique Officielle’ de 1976 à 1977. En 1977 il manque un prêtre à la Cathédrale de Kigali : “Je demandai et je reçus”, écrit-il. Il devient alors le “curé des blancs”. Fernand les appelle les ‘immigrés’ (“Ce sont des techniciens, “coopérants” de formation universitaire, personnel d’ambassades, venant des quatre coins du monde.”) Avec Joan Casas, prêtre espagnol Fidei donum et aumônier national de la JOC et Guy Theunis, professeur de bible à Nyakibanda, ils décident de former une communauté, dans un premier temps dans un quartier populaire, à Agaseke, ensuite dans une maisonnette de la JOC, à côté du CELA des Pères Blancs. “Pendant huit ans, merveille, sans dispute, vraie communauté”.

Fernand enseigne la religion à l’ ‘Ecole belge’ et à l’‘Ecole française’. En janvier 1980 il revient en Belgique pour des raisons de santé (problèmes aux reins et un début de décalcification de la colonne). En 1982 il prend une année sabbatique mais en août 1983 il est de retour à Kigali. Début 1985 il est opéré en Belgique d’une tumeur au cou. “Il fait du très beau travail : très dévoué, débordant d’imagination en liturgie et paraliturgie, très dévoué pour préparer les enfants aux sacrements, faisant travailler les mamans-catéchistes… ”, témoigne Dominique Mallet, régional. Avec des adolescents le courant passe moins. L’archevêque l’apprécie, disons, modérément. “J’oserais dire qu’il n’existe pas de ‘clergé’ face aux ‘fidèles’, mais parmi ceux-qui-essaient-de-croire, il y a ‘un permanent’ de service”, ainsi résume-t-il ses 9 ans de dévouement. Début juillet 1986, Fernand répond affirmativement à un appel du père Jan Lenssen, provincial, l’invitant à venir rejoindre une équipe missionnaire à Bruxelles.

Avec Willy Delbeke (déjà sur place) et Jef Schreurs, ils vont accompagner la paroisse Saint-Antoine, proche de la gare du Midi. La paroisse compte quelque 15.000 habitants et se trouve sur les communes de Forest et de Saint-Gilles (Fernand parle de “Saint-Antoine de Marrakech”). Il devient responsable de la communauté francophone, du catéchuménat des adultes et collabore avec le CEFOC (Centre de Formation Cardijn), où plusieurs centaines de laïcs étudient la théologie. “CEFOC m’a profondément changé : tout doit partir de la vie ; la surprise de ma vie : c’est ici en Europe que j’ai découvert la richesse des simples gens, alors que je ne l’avais pas vue en Afrique”. La vie commune avec ses deux confrères ne tient pas bien longtemps et Fernand s’installe dans un appartement. Il tient le coup à la paroisse, souvent seul, jusqu’en 1998. En octobre il commence un travail auprès des malades de Tervuren. Le 1er novembre 2000 le cardinal Danneels le nomme à Wezembeek-Oppem St-Joseph administrateur de la paroisse et aumônier de la maison de repos Notre-Dame. Il s’installe à la cure de Moorsel. Pendant quatre ans il s’y dévoue magnifiquement, pouvant compter sur une équipe dynamique de laïcs, hommes et femmes. Il donne sa démission comme administrateur et à partir du 1er juillet 2004 il n’est plus qu’aumônier du home. Moorsel lui dit adieu lors d’une cérémonie émouvante et magnifique, rehaussée par une troupe de tambourineurs rwandais venus d’Anvers…

Fernand accepte l’invitation de Jef Vleugels, provincial, à venir s’installer à la Charles Degroux 118, la seule communauté, à l’époque, où personne ne fumait, ce qui lui convenait. Quand la Province cherche à donner une suite aux “feuillets verts” de notre bibliste Jean Van der Meersch, Fernand Lambert et Marcel Neels relèvent le défi. Ils lancent les fameuses “feuilles jaunes”, tant contestées, sous le titre : “Croire, hier et aujourd’hui”. Dans notre communauté, nous évitons systématiquement toute discussion théologique avec Fernand.
Le 4 juin 2005 nous fêtons son jubilé d’or en communauté, avec ses soeurs et ses frères et leurs conjoint(e)s. Le 7 avril 2015 – il a 85 ans – Fernand donne sa démission au home. “Durant 17 ans j’ai pu, avec “ces autres petits vieux”, parler, écouter, pose un regard sur nos vies, cheminer un bout avec le Seigneur. Combien de fois ne suis-je pas rentré chez moi le cœur rempli des sentiments de Luc : ”Je Te loue, Père… caché aux sages… révélé aux tout-petits” !

Les dernières années Fernand tombait régulièrement malade et manquait de souffle. Mais le lutteur têtu qu’il était n’abandonna jamais. Il resta fidèle à sa promenade quotidienne, continua à desservir la table, à accueillir des visiteurs, à corriger nos textes, à étudier et à chercher des occasions pour rendre service. Il a toujours été admirablement fidèle dans ces amitiés. Vivre l’amour en rendant service le faisait vivre. Qu’il repose maintenant en paix !

Jef Vleugels

La célébration liturgique, à cause de la pandémie, a eu lieu dans l’intimité, le mardi 2 mars 2021 en notre chapelle à Varsenare à 10h30, suivie de l’inhumation dans notre cimetière.


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