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L A V I G E R I E . be

Faire comprendre que je suis un homme de tous les hommes

RELAIS P.B. MAGHREB N°15 – Fév. 2012
mercredi 1er février 2012 par Webmaster

Interview de Jérémie Ouédraogo

-  Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle OUEDRAOGO Wennémagdé dit Jérémie sur mes documents administratifs, sauf sur le passeport où on a bien voulu omettre le « dit ». Je suis l’aîné de 6 enfants de 3 garçons et 3 filles. Je suis né dans mon village du nom de Oualogtenga à 25 km de Kaya au nord de Ouagadougou, au Burkina Faso.

-  Peux-tu nous raconter ton parcours vocationnel ?

Comme tous les enfants qui font la catéchèse, à l’école primaire je voulais devenir comme les Pères Blancs qui venaient au village pour la messe tous les mois. Mais je n’avais pas de décision claire car je ne savais pas comment ils sont arrivés là. Mais étant timide je ne demandais pas non plus. Jusqu’en 6e (1re année de l’école secondaire) lorsque l’aumônier de la Jeunesse Etudiante Catholique a demandé au cours d’une réunion si des élèves voudraient devenir prêtres ou religieuses, c’est là que je me suis décidé à aller aux réunions du groupe de vocation. Mais je voulais aller chez les Camiliens car j’étais attiré par l’aide aux malades et aux pauvres.

Après le Brevet d’Etudes du Premier Cycle je suis allé dans une autre ville pour poursuivre les études. Puis de retour à Ouagadougou, j’ai rencontré Ignace, un ancien candidat qui m’a parlé des Missionnaires d’Afrique et d’une rencontre mensuelle au Pélican. Et tout commença là chez les Pères Blancs. J’ai suivi les rencontres et mon accompagnateur spirituel m’a proposé de travailler à la bibliothèque du Pélican pour le reste de l’année. Après cette année, j’ai eu le Baccalauréat en série D (Maths, SVT Physique-Chimie) et j’ai fait une année d’Université en faculté de Géographie pour compléter les deux années d’accompagnement requises pour commencer le cycle de Philosophie à la Maison Lavigerie. Puis j’ai fait l’Année Spirituelle (noviciat) et me voici au Maghreb, en Tunisie (pour mes deux années de stage).

-  Comment es-tu arrivé en Tunisie et quelles ont été tes premières impressions ?


J’étais impressionné quand j’entendais parler de l’apostolat auprès des Musulmans et surtout du Maghreb. En plus, dans ma famille maternelle, beaucoup sont musulmans et s’opposaient déjà à ma vocation contrairement à la famille paternelle qui m’encourageait à cela. Pour moi travailler au Maghreb pourrait leur faire comprendre que je suis un homme de tous les hommes quelque soit leur religion, leur race et que Dieu ne fait pas non plus de différence entre nous mais c’est nous qui nous séparons les uns des autres. Lorsque j’ai reçu ma nomination pour la Tunisie, j’étais content parce que j’avais demandé le Maghreb. J’ai demandé le visa au Mali et je l’ai reçu deux jours après la demande. Mon voyage a été agréable même si je suis resté à Casablanca pendant 6 heures pour attendre le vol Casa-Tunis.

L’accueil à Tunis m’a impressionné. Les membres de ma communauté : Simon, Moïse et Léonce étaient là et m’attendaient. J’ai été impressionné aussi par le niveau de développement dans le pays, surtout le réseau routier. C’était pendant le Ramadan et j’ai pu me promener la nuit et voir les gens, même les bébés, éveillés en ce moment. J’étais très étonné !

-  Comment as-tu trouvé les gens ? la culture ? la langue ?

Je trouve que les gens ici sont sympathiques. Cela m’a frappé car beaucoup surtout les médias donnent une image des Maghrébins comme des islamistes radicaux. Alors qu’il n’en est rien. Ils ont leur culture différente des nôtres. Et c’est normal que chacun agisse comme il a apprit jusqu’à ce qu’il découvre qu’il y a d’autres manières de faire. La langue pour moi est agréable et un peu difficile. Mais souvent je m’amuse à rechercher des mots dans ma langue maternelle d’origine ou proche de l’Arabe.

-  As-tu pris goût à l’apprentissage de la langue ?

Très vite j’ai pris goût à la langue car j’ai commencé l’écriture avec Simon et il m’a apprit 13 lettres des 28 de l’alphabet. J’étais content de savoir déjà écrire ainsi avant les premiers cours proprement dits à Sidi Saber avec le Père Paco. Je suis content de parler avec les gens surtout à l’association le peu de mots que je connais. Même si on parle en français, si je connais la réponse je réponds en Arabe.

-  Comment te sens-tu dans ta nouvelle communauté de Sfax ?

Je me sens très bien ! Je trouve que les confrères sont intéressés par ce que je fais et ils me soutiennent. Lorsque je partage avec eux mes expériences de l’association ils sont très contents et m’encouragent pour cela. Je me sens membre de la communauté.

-  En quoi consiste ta présence à Sfax ?


Ici à Sfax, je travaille dans une association, l’ UTAIM (Union Tunisienne d’Aide aux Insuffisants Mentaux). Je trouve que les gens sont contents de ma présence dans cette association, la directrice, les enfants, les éducateurs, les cuisinières. Je travaille principalement dans trois ateliers à tour de rôle (photo ci-contre) : le cartonnage où on fabrique des boîtes d’archives, l’imprimerie et la salle d’informatique où les enfants (les tout- petits) s’initient au dessin par ordinateur et aux jeux vidéo. Je fais aussi la catéchèse à quelques étudiants subsahariens.

-  Nous te souhaitons un bon stage ainsi qu’un beau séjour à Sfax.


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