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Lignes de fracture N°49 Breuklijnen

Juillet - Juli 2011
samedi 30 juillet 2011 par J.V.

 LE COMBAT AU SUJET DE L’OR BLANC

Comment la culture du coton au BURKINA FASO diffère de celle d’Amérique.

Le prix du coton n’a jamais été aussi élevé que maintenant. Mais pour les paysans au Burkina Faso cela a des effets très différents que pour les cultivateurs aux Etats Unis.

( extraits du journal belge « De Standaard », du 23.07.2011.)
 

Amado Kafando (45) riait et tendait son poing : « Nous remercions Dieu et nous disons : enfin ! ». Au mois de mars 2011 le coton atteignait le prix record de 2,197 dollars la livre. C’est 430 % de plus qu’il y a deux ans.

Quelques semaines plus tard, l’autorité et les entreprises cotonnières régionales qui achètent la récolte décident que l’engrais artificiel sera cette année 38 % plus cher, et que les paysans ne recevront pour leur récolte que 39 % du prix mondial. C’est la raison pour laquelle les paysans font appel à un boycott et à arrêter la plantation de coton, cette végétation précieuse dans un des pays les plus pauvres du monde.

Dans le Nord Carolina habite Jerom Vick (61) qui gagne plus que le double de ce que Kafando va gagner. Il peut compter sur un bénéfice de 1 million de dollars, car il dispose d’un terrain agricole de 2.000 hectares.

Il ne s’agit pas ici de différences de qualité. Le coton africain récolté à la main a souvent une qualité plus élevée par rapport au coton des Etats d’Amérique. Cela n’a rien à voir non plus avec des subsides.

Le problème est que les paysans africains ne peuvent vendre leur récolte qu’à des maisons commerciales monopolistiques qui sont appuyées par l’autorité. Les actionnaires de ces commerçants sont des entreprises européennes telle que Géocoton de Paris et Paul Reinhart de Winterthur en Suisse. Les trois maisons commerciales avec un monopole régional au Burkina Faso sont Socoma, Faso Coton et Sofitex, qui refusent tout commentaire et ne veulent pas livrer un rapport financier.

« Le mécanisme pour calculer le prix pour les paysans est tout aussi subtil que sournois ».

Quand l’argent du coton permet aux enfants de Kafando d’apprendre à lire et à écrire, ils ont déjà un avantage par rapport au 71 % de leurs compatriotes, qui sont analphabètes.

Sur l’index du Développement Humain, le Burkina Faso occupe la place 161, sur un total de 169 pays. Le coton vaut 23 % de l’exportation de ce pays. Des 17 millions d’habitants du pays, 3 millions vivent de la culture du coton. Le Burkina connaît un climat idéal pour le coton : il pleut de juin jusqu’en août, en octobre et novembre on peut récolter.

Vick en Amérique a un accès direct au marché mondial et vend son coton à Allenberg Cotton, au prix de 1,25 dollar la livre. Kafando au Burkina doit se contenter de 59 dollars-cents la livre.

« Les maisons commerciales s’enrichissent avec nos produits » dit Kafando.
« Les paysans ne peuvent se passer d’entreprises cotonnières. Et les entreprises cotonnières ne peuvent se passer des paysans. » (Karim Traoré)

Selon le professeur Basset les syndicats se trouvent trop proches des entreprises cotonnières pour pouvoir négocier durement au sujet des prix. Il leur manque également l’expertise technique.

(Cam Simpson & Alan Katz)
 

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