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L A V I G E R I E . be
Mémoires du Pélerin

Sur le Chemin de Compostelle (3)

3 octobre 2010
dimanche 24 octobre 2010 par Webmaster

En route pour Compostelle, par la Via Podiensis, Georges est arrivé à Burgos.

Il continue à nous partager son expérience et ses réflexions.


Chers vous tous et toutes,

Me voici à Burgos... Les 1000 premiers Kms ont été franchis en grande pompe hier midi. Demain je commencerai ma 7e semaine... Le but approche et parfois je me dis que cela va trop vite.

Je vous ai laissé avec des nouvelles de Pau...

Avant de continuer mon récit, laissez-moi remercier tous ceux qui m’ont envoyé un petit mot d’encouragement, répondant à ma lettre ou m’envoyant de bons vœux d’anniversaire par courriel ou SMS.

Un grand merci aux confrères de Pau : Merci pour l’accueil, l’attention, la prière, le bréviaire, la lessive, le tube dentifrice, la vidéo, le chauffeur et son armagnac... Ce furent deux bons jours de repos. Un très grand merci de marcher avec moi en pensée.

Merci a Eugenio pour son accueil a Puenta la Reina... Nous étions comme des rois soignés aux petits oignons au cœur de la belle fête avec taureau et bon petit vin sans oublier les figues et le raisin... Muchas gracias.

Merci aux sœurs de Logrono qui nous ont aussi si bien accueillis. Merci à l’évêque pour le jambon. Merci pour la couture et le pique nique. Je prie pour la sœur Pachita. Que son bras soit vite guéri...

Depuis Pau, j’ai pérégriné avec François et Chantal.

Bien sur nous avons du nous adapter les uns aux autres... peut-être un peu plus rapide... peut-être un peu plus d’arrêts et de café, de vin et de bons petits plats typiquement espagnols (tapas), quelques bons logements et surtout une compagnie mutuelle. Nous avons marché ensemble pendant quelques 12 jours... franchissant les montagnes et passant des rivières sur des ponts romans, gothiques, médiévaux et modernes... Nous avons célébré mon anniversaire et leur anniversaire de mariage... Je les ai laissés à Najera. Ce fut un moment très dur. Autant j’ai aimé la solitude dans la première partie de mon voyage jusqu’a Pau, autant j’ai souffert de me retrouver subitement seul... Je regardais en arrière : pas de pèlerin... Je regardais loin devant : pas de pèlerins... Je me suis accroché a mon bâton des deux mains et j’ai forcé l’allure pour arrive a l’étape fatigué et triste... C’est une drôle d’expérience... Je dois encore y réfléchir.

Le gite de Santo Domingo était merveilleux ; heureusement ! Une dame allemande que nous avions connue sur la route quelques étapes plus tôt m’a proposé une tasse de thé. Ce simple petit geste était si réconfortant. Nous avons parle quelques minutes. J’ai été me doucher, ai été à la messe et au restaurant, ai commandé une pizza... Des italiennes étaient là et m’ont invité a m’asseoir à leur table... Peu à peu de nouveaux liens se créaient. C’est aussi cela le miracle de Compostelle.

Peu à peu j’ai retrouvé quelques anciens pèlerins, des Denis, un Georges, Olivier et beaucoup dont je ne connais même pas le nom mais qui marchent vers le même lieu, vers l’Ouest pour mourir à quelque chose et ensuite renaître...

Le paysage était toujours aussi merveilleux jusqu’à il y a quelques jours. J’ai aimé la montagne et les premières étapes espagnoles... mais marcher au long des autoroutes (même si les camions vous saluent à coup de klaxons) ce n’est pas très plaisant. Il y a aussi de grandes villes à traverser, comme aujourd’hui... presque trois heures dans Burgos. Mais je me disais que le vrai chemin, celui de la vie, c’est un peu de tout. Nous ne sommes pas toujours sur de beaux petits sentiers montagneux, dans le silence des campagnes.

En traversant Burgos, je me trouvais tout drôle avec mon short, mon sac et ma cape (car il pleuvait), mais les gens étaient sympas, m’indiquant le chemin quand il me voyait hésiter, me disant « Buon Camino »... quelque chose qui est beaucoup plus fréquent en Espagne. C’est dimanche, d’accord, mais beaucoup sont au travail. Je me sens de plus en plus un privilégié... Qui peut se permettre de prendre plus de 2 mois de vacances comme je le fais.

A Ostabat, nous sommes tombés dans une auberge formidable. Cela a chanté pendant tout le repas. A Roncevaux, j’ai dormi dans le dortoir pour 120 personnes... Quel esprit merveilleux de respect, d’attention aux autres. A Puenta la Reina nous sommes tombés dans la petite fête du village avec course de taureaux dans les rues tout cela organisé de mains de maitre par Eugenio. Quel type.

J’ai participé à quelques eucharisties émouvantes de par le lieu et la présence de pèlerins... Je ne les oublierai pas.

Aujourd’hui je me suis rendu compte que la Société et ses soucis étaient bien loin de mes pensées. Le monde aussi est absent. Je ne sais presque rien de ce qui se passe dans le monde et cela ne me fait rien. Je marche par contre de plus en plus en lien avec les pèlerins des siècles passés et ceux d’aujourd’hui, pèlerins sur la route de Compostelle ou sur d’autres routes, dans des fauteuils roulants, dans leurs têtes... Tant d’hommes et de femmes en recherche de vie... Aller vers le soleil couchant pour revenir vers le soleil levant, vers la Vie, la vraie, celle qui ne meurt pas.

Il me reste quelques minutes avant de perdre la connexion. Je vous laisse donc. Merci de marcher avec moi. Je suis heureux de faire cette expérience... avec vous. Le prochain message partira sans doute de Compostelle.

Je vous embrasse tous et toutes et vous garde bien présent dans ma prière et pensée.

Georges,
pèlerin sur la route de Compostelle pour encore 21 jours
et dans la vie pour autant que le Seigneur voudra me donner.
georgesjacques49@yahoo.fr

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