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L A V I G E R I E . be

EDITORIAL

Nuntiuncula N°660 Janvier-Février 2010
mercredi 24 février 2010 par André-L. Simonart

Pour ce temps de Carême le Pape Benoît nous offre une méditation articulée autour de la justice :

« Le chrétien, écrit-il, est invité à s’engager dans la construction de sociétés justes où tous reçoivent le nécessaire pour vivre leur dignité humaine et où la justice est vivifiée par l’amour ».

A l’aide de ce message et de quelques autres écrits, je vous partage, chers confrères, quelques points.

Lors d’un voyage en train entre Rome et Venise, une étudiante en psychologie à Bologne me dit : « Je vous hais, vous les prêtres. Vous exposez partout la croix. La croix est une chose horrible, un supplice cruel et d’une grande violence. » Cette étudiante avait ses raisons pour parler ainsi. C’est vrai que la croix est le rappel d’un supplice cruel et sadique. Il ne faut sans doute pas en abuser.

Pour nous chrétiens cependant la croix est symbole de tout ce que souffrent aujourd’hui hommes et femmes victimes d’injustices et de violences. La croix nous fait surtout souvenir du Christ. C’est dans le don de sa vie que le Christ fit sur la croix que nous est révélé l’amour d’un Dieu qui donne sa vie jusqu’à en mourir, comme le rappelle Pierre Claverie, parce qu’il refuse la violence, le mensonge, la puissance et la domination : toutes sources d’injustices, toutes expressions d’une mystérieuse complicité du cœur humain avec le mal, nous dit le Pape.

La croix du Christ nous dit aussi l’abandon filial de Jésus à son Père, victime avec toutes les victimes de l’injustice, attirant tous à lui et interpellant silencieusement ses juges et ses bourreaux du haut de la croix.

Enfin la croix du Christ nous dit la Pâque, la libération du cœur :


- le passage du repliement sur soi au don de soi par amour et avec amour,
- le passage de la peur ou de la compétition à l’ouverture à l’autre,
- le passage, comme le dit un jour R.Garaudy, d’ « individu » à « personne ».

« Si je ne devais jamais mourir, je serais privé de cette dimension spécifiquement humaine : la transcendance. Il n’y aurait rien que je ne puisse préférer à la vie individuelle. Il n’y aurait pas de transcendance. Il n’y aurait pas non plus d’amour. D’amour tel que je puisse préférer l’autre à ma propre vie. Il y a un don suprême que je ne pourrais faire, celui de ma vie. Ce don me définit comme personne par opposition à l’individu. L’individu, c’est l’ensemble de nos propriétés. La mort, c’est la mort de l’individu. La mort n’est angoissante que pour qui se limite à son individu, qui s’accroche à ses propriétés. Quel est donc, au-delà de l’avoir, cet être fondamental qui, en nous, n’est pas voué à la mort ? C’est le contraire de l’individu : la personne, capable de transcendance et d’amour. La personne se constitue par nos réponses aux interpellations de l’amour, c.-à-d. des autres… »

A chaque célébration de l’Eucharistie le Christ nous prend dans sa Pâque, dans son mouvement de don de soi par amour et avec amour et dans sa lutte contre toutes les forces du mal.

Je vous souhaite, chers confrères, de vivre de ce don de l’Eucharistie au fil de vos rencontres et activités quotidiennes en ce carême.

AS

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