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L A V I G E R I E . be
Journalisme et Mission

Afrique Nouvelle

Un hebdomadaire catholique au Sénégal
mardi 2 février 2010 par Webmaster

Dans les années d’après guerre, les évêques d’Afrique Occidentale Française ont demandé à la Société des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) de fonder un hebdomadaire pour l’Afrique francophone, notamment celle de l’Ouest.

Le 15 juin 1947, les PP.Paternot et Rummelhardt font paraître à Dakar le premier numéro d’« Afrique Nouvelle ».

« Connaître, Aimer, Servir », la devise d’Afrique Nouvelle imprimée au dessus du titre, est un programme d’action, ambitieux mais sage.

Il y en a une autre qui paraît dans certaines rubriques : « Il faut que cela change ».

Les évènements de 1939-1945 ont fait évoluer les mentalités. Les colonisateurs en ont conscience : une conférence qui se tient à Brazzaville au début de 1944 pose les bases d’une évolution. Mais celle-ci est trop timide et trop lente aux yeux des Africains que l’on appelle justement des « évolués ». La scolarisation fait des progrès et nombreux sont les Africains qui ont soif d’information et de moyens de réflexion. La télévision n’existe pas encore, la radiodiffusion est balbutiante, quelques journaux existent, mais leur parution est intermittente et leur diffusion restreinte.

« Afrique Nouvelle » répond à un besoin  : sa parution régulière, sa diffusion sur une vaste aire géographique vont faire son succès.


Le numéro 1 d’Afrique Nouvelle

Extrait de l’éditorial du n° 1

... « Afrique Nouvelle » n’oubliera pas que le plus grand nombre des Africains de ce pays est profondément religieux. Animistes, Musulmans et Chrétiens forment, en effet, la grande masse du peuple africain de l’A.O.F. : or, tous croient en Dieu, tous ont foi en l’existence d’un monde meilleur, tous pratiquent une morale. C’est en tenant compte de ces croyances et de ces principes que seront appréciés les problèmes que pose la vie familiale, la vie sociale ou la vie civique. Ne pas en tenir compte dans l’évolution d’un Peuple, c’est inévitablement faire fausse route, c’est mal prendre le virage, c’est aller à la ruine ...


M. Paternot


Il faut que cela change

L’apport d’Afrique Nouvelle dans ce changement se situe à deux niveaux.

  • Depuis 1945, les anciennes colonies françaises, devenues territoires d’Outre-mer, sont représentées par des députés dans les assemblées françaises et dans celles qui sont créées dans les huit territoires d’A.O.F. Les nouveaux parlementaires n’ont aucun moyen de communication avec leurs électeurs. « Afrique Nouvelle » devient peu à peu la tribune privilégiée par laquelle ils présentent leur programme et rendent compte de leurs activités à leurs concitoyens. Et de plus en plus, ceux-ci veulent donner leur avis sur les problèmes politiques, économiques, sociaux, culturels.
  • L’hebdomadaire devient la forme moderne de l’arbre à palabre , où des interlocuteurs séparés par des milliers de kilomètres peuvent échanger leurs idées et leurs propositions. On assiste à la naissance d’une véritable opinion publique. Le courrier des lecteurs est particulièrement abondant : chaque semaine, des centaines de réaction, « d’accord » ou « pas d’accord » sont dépouillées et sélectionnées sans à priori. Les dépositaires bénévoles de journal deviennent des notables dans leur village : lorsque, chaque semaine, l’hebdomadaire arrive, les lecteurs - il y en a souvent dix pour un seul exemplaire - se rassemblent, diffusent les nouvelles autour d’eux ; des groupes spontanés de discussion se forment qui deviennent parfois de véritable cercles d’étude.

Le tirage ne dépassera jamais 18 000 exemplaires, mais un seul exemplaire du journal passe de main en main et est lu par dix personnes au moins. Sans compter que les lettrés le lisent aux autres et le commentent. C’est ainsi que les nouvelles se propagent, les idées sont discutées, les frontières et les distances sont abolies.

Un journal indépendant

« Afrique Nouvelle » n’est pas un journal partisan. Il acquiert rapidement la réputation d’être indépendant de tout pouvoir. Sa liberté de parole dérange parfois. Et lorsque les autorités coloniales lui intentent en 1951 un procès dans l’espoir de le faire taire, tous les défenseurs de la liberté de la presse, y compris les francs-maçons et les anticléricaux, en Afrique et en France, font bloc autour de l’hebdomadaire catholique. On ne pouvait pas espérer une meilleure publicité.

Certaines autorités ecclésiastiques, plus timorées devant l’évolution de la situation politique, s’effarouchent de certaines prises de position du journal, favorables à la décolonisation. Les fondateurs, le P.Paternot en 1952, puis le P.Rummelhardt en 1954, sont obligés de se retirer. Le P. de Benoist, seul journaliste professionnel, est invité à assurer l’intérim de la direction pendant quatre mois.

Cet intérim dure cinq ans, jusqu’à l’indépendance des anciennes colonies. Ce sont cinq années d’activités intenses. Le Père sillonne l’Afrique Occidentale et est présent à tous les grands évènements ; meetings, élections, conférences. Il connaît tous les dirigeants, gagne leur confiance et souvent leur amitié par l’objectivité de ses prises de positions et le combat du journal pour un idéal de justice et de liberté. Il reste avant tout un missionnaire dont la ligne de conduite s’inspire de l’enseignement des papes, notamment dans les encycliques « Evangeli praecones » et « Fidei donum ».

A la fin de 1959, il passe la main aux laïcs

d’après Voix d’Afrique N°61 : Journalisme et Mission

Un livre retrace quarante ans de la vie de cet hebdomadaire :

Afrique nouvelle
Un hebdomadaire catholique dans l’histoire, 1947-1987
Annie Lenoble-Bart
Publications de la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine

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