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Père Paul Geers

mercredi 24 février 2021 par Webmaster2

[bleu marine]Du 8 au 30 décembre 2020 notre confrère Paul Geers était hospitalisé à ’hôpital Saint-Jean à Bruges, où il devait subir une sérieuse chimiothérapie. Il y est décédé le 13 janvier 2021.[/bleu marine]

Paul est né à Bruges le 2 juin 1931. Il fit ses études primaires et secondaires au collège Saint-Louis dans sa ville natale. En septembre 1951 il entra chez les Pères Blancs à Boechout. Après le noviciat à Varsenare, suivirent les études de théologie à Heverlee, où il prononça son serment missionnaire le 6 juillet 1957. Il y fut ordonné prêtre le jour de Pâques, 6 avril 1958. Caractère enjoué et optimiste, une bonne humeur égale. Il aime raconter des blagues. Facile dans les rapports. Personnalité équilibrée, suffisamment ferme, “sait être sérieux en souriant, et constructif”. Un peu susceptible parfois… En dernière année il demanda l’Afrique du Nord.

En septembre de cette même année 1958 Paul, qui est le premier PB non-français en Tunisie, débute comme économe et professeur au “Lycée agricole de Thibar”, que les Pères Blancs ont commencé dans les bâtiments de l’ancien scholasticat. Un petit rappel : la Tunisie est indépendante depuis 1956 et il subsiste encore beaucoup de tensions. Les 30 étudiants de première année regardaient au début les pères comme de “maudits chrétiens”, mais s’amadouèrent vite grâce à l’esprit de famille que les confrères réussirent à créer. De 1959 à 1961 Paul fait des études à Tunis à la Manouba (Institut pontifical des études arabes), où il apprend à lire et à parler l’arabe. En 1961 il devient professeur à l’école secondaire El Menzah, dirigée par les Pères Blancs à Tunis. Il en assure la direction à partir de 1965, mais quand, quelques années plus tard, l’état exige les diplômes nécessaires, il redevient sans problème simple professeur.

En juillet 1969 El Menzah est fermé. Pour s’assurer de l’obtention du permis de travail annuel, Paul a fait sur place une licence en “Gestion et Marchés internationaux” ; la plupart des professeurs venaient de Lausanne, d’autres de Turin. Une société qui veut développer le tourisme offre à Paul un poste important. C’est ainsi que Paul commence sa ‘carrière’ de “coopérant” dans divers services de l’économie nationale. Il sait gré à la Société d’avoir pris la défense des confrères à l’encontre des évêques, qui les voulaient dans les paroisses composées de chrétiens expatriés. Paul travaille de plus en plus pour le ministère national de l’économie. Souvent il devient l’homme de confiance de ses collègues musulmans. Jacques Remy, régional, l’appelle un “prêtre-fonctionnaire dans un service d’administration”, mais reconnaît que son travail le met en contact avec un grand nombre de Tunisiens. “D’autres religions m’ont aidé énormément à vivre avec des hétérodoxes. Nous n’avons pas le monopole de la vérité éternelle”, témoigne Paul. En septembre 1979 il est nommé régional et il sera reconduit pour un deuxième mandat. On retient surtout son affabilité, sa largueur d’esprit et sa finesse psychologique.

En 1988 Paul travaille pour le Centre d’Etudes de Carthage, c’est-à-dire, en fait, la bibliothèque de l’université. Mais voilà qu’en 1990, lors du décès de Mgr. Callens le 19 août, il est nommé administrateur diocésain “sede vacante". L’Eglise de Tunisie compte alors une cinquantaine de prêtres, quelque 170 religieuses et aides laïcs, qui se dépensent dans l’enseignement, la santé publique, le service des handicapés et le domaine du développement. Paul reconnaît qu’il s’agit d’une modeste contribution de l’Eglise, “présence discrète sans grands résultats tangibles”. Un jour il formulait la présence des missionnaires dans une formule lapidaire : “Ici on a le choix : on fait sa valise ou on se fie au bon Dieu.”

En juin 1992 Mgr. Fouad Twal du patriarcat latin de Jérusalem (mais né à Mabada en Jordanie) est nommé évêque de Tunis. Rome demande à Paul de devenir vicaire général et d’introduire son évêque dans ce pays qui lui est encore inconnu. La même année Paul devient président du Centre d’Etudes de Carthage, une organisation non-gouvernementale. Le 28 novembre 1994 il devient Prélat honoraire de Sa Sainteté et porte dorénavant le titre de Monseigneur. Une année plus tard, le 6 mars 1995, il reçoit également une distinction belge : “Chevalier de l’Ordre de la Couronne”. Depuis 1995 Paul est aussi vice-président de l’association, fondée par les Sœurs de Sion, “Es Salem”, qui vise le développement économique et social de la jeunesse.

En janvier 2003 il reçoit sa dernière nomination sur le sol tunisien : curé à La Goulette, dont le port de Tunis fait partie. Lors de son congé en Belgique en 2006 il avait incidemment confié au provincial, le père Luc Lefief, qu’à l’occasion de son jubilé de cinquante ans de sacerdoce, il rentrerait définitivement en Belgique. Aussi, en juillet 2007, Luc demande-t-il au provincial du Maghreb que Paul soit nommé en Belgique. Il cherche, en effet, un remplaçant pour Frans Devillé, supérieur à la rue de Linthout. Réaction du père régional du Maghreb, Francisco Donayre : “Paul va laisser un grand vide et on ne va pas le combler. Ce qu’il faisait demande une très longue présence dans le pays.”
En juillet 2008 Paul rentre donc en Belgique et au mois de novembre il devient responsable de notre maison d’accueil à Bruxelles. En principe on attend davantage de lui. Luc Lefief écrit : “En plus, il y a un besoin énorme d’avoir à Bruxelles un confrère qui pourra suivre ce qui se fait au point de vue islam. Il y a l’institut El Kalima, fondé par un PB, où pendant des années il n’y a plus la présence d’un confrère.” Paul est un bon supérieur attentionné pour ses confrères de la rue de Linthout ; il accueille volontiers les confrères des autres communautés de Bruxelles et les hôtes venus d’ailleurs. Son insertion dans le monde musulman bruxellois, est moins évidente.

La collaboration avec El Kalima n’est guère un succès. Paul donne quelques conférences fort appréciées, écrit quelques articles… Son intérêt pour le monde arabe reste entier, mais l’islam à Bruxelles présente tellement de visages… Il note : “Ce que monde musulman et spécialement le monde arabe vit aujourd’hui est loin d’un printemps, c’est une tragédie. La tragédie est celle-ci : l’islam a perdu son identité rigide et aucune autorité n’est en mesure de décider ce qu’est le “vrai islam.”
En 2014 il participe à Rome à la session de transition 60+. En février 2016 il rejoint la communauté de Varsenare, près de la ville de Bruges qu’il aime tant. Il reste l’homme aimable, le confrère agréable, mais surtout une personne reconnaissante : “Je rends grâce pour les musulmans avec lesquels j’ai vécu. Ils m’ont obligé à apprendre l’humilité.” - “Je rends grâce pour les musulmans qui m’ont fait découvrir que je ne possédais pas la vérité, qu’eux non plus n’avaient pas la vérité, et que Dieu seul est vérité”.

Jef Vleugels

A cause de la pandémie, les funérailles ont eu lieu dans l’intimité le mardi 19 janvier 2021 en notre chapelle à Varsenare à 10h30, suivi de l’enterrement dans notre cimetière.


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