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Marie-Joseph Lagrange O.P. et Pedro Arrupe S.J., prophètes

mercredi 19 août 2020 par Webmaster2

L’Église souhaite la béatification de deux grandes figures du XXe siècle : le père Marie-Joseph Lagrange[, dominicain, et le père Pedro Arrupe, jésuite. Tous les deux ont relevé des défis apostoliques nouveaux et difficiles au point de souffrir des incompréhensions de la part de la hiérarchie. Le père Lagrange (Bourg-en-Bresse 1855-Saint-Maximin 1938) a voulu servir l’Église en fondant l’École biblique de Jérusalem. Le père Arrupe (Bilbao 1907-Rome 1991) s’est dévoué au service de la justice. Tous les deux ont cherché « le salut des âmes », dans un contexte culturel d’éloignement de la foi en la divinité de Jésus. Le père Lagrange a manifesté la vérité de la révélation divine transmise dans la Bible face aux critiques du modernisme qui n’y voyait qu’un texte humain du patrimoine de la littérature, sans portée surnaturelle. Le père Arrupe s’est évertué à montrer, par des actes, la charité évangélique qui comprend la justice sociale et la dépasse, face aux critiques du marxisme et de l’athéisme.

Ecole biblique de Jérusalem

Ces deux hommes ont beaucoup de points en commun. Tous les deux ont connu l’exil dans les premières années de leur formation. Le père Lagrange, au terme de son noviciat, fut obligé de quitter le couvent de Saint-Maximin et la France en octobre 1870 avec tous les autres frères dominicains de la province de Toulouse. Ils trouvèrent refuge au couvent Saint-Étienne de Salamanque. Le père Arrupe fut obligé de quitter l’Espagne en 1932 à la suite du décret de dissolution de la Compagnie de Jésus, pour continuer ses études en Belgique et recevoir l’ordination presbytérale à Valkenburg (Hollande).

Jésus de Nazareth était le centre et le but de leur vie. Leur attachement au Sacré-Cœur de Jésus, expression de l’amour divin absolu, représentait la réponse de Dieu au mystère du mal et de la mort.

Pour le père Arrupe, le Cœur de Jésus apportait l’énergie de l’Esprit Saint à la Compagnie. Le père Lagrange a enterré sous la première pierre de l’École biblique une médaille du Sacré-Cœur, symbole et logo de la Bible, révélation de l’amour du Christ. La première pierre de l’École biblique de Jérusalem fut posée le 5 juin 1891 en la fête du Sacré-Cœur de Jésus. Le parchemin de l’inauguration signalait que cette École était destinée à développer les études bibliques sous le patronage de Notre-Dame du Rosaire. Le père Lagrange a averti que dans les fondations de l’École les fouilleurs trouveraient des médailles du Sacré-Cœur, de Notre-Dame de Lourdes, de Notre-Dame du Rosaire, de saint Benoît, de sainte Marie-Madeleine et du pape Léon XIII qui régnait à ce moment-là.

Tous les deux représentent des modèles d’humilité et de courage évangéliques en des temps de mutation et de crise. Ils ne se sont pas contentés de vivre la foi dans des milieux favorables. Comme aime à le dire le pape François, ils ont vécu « en sortie ». Ils sont allés sur « le champ de bataille » de leur temps : la valeur surnaturelle de la Bible, pour le père Lagrange, la justice sociale comme dimension essentielle de la foi, pour le père Arrupe.

Le pape François, évêque de Rome, a souhaité l’ouverture du procès de béatification du père Pedro Arrupe, qui fut Général de la Compagnie de Jésus, pendant dix-huit ans. Né à Bilbao, au pays basque espagnol, le 14 novembre 1907, Pedro Arrupe est parti vers le Seigneur à Rome le 5 février 1991.

C’est le père Pedro Arrupe qui a nommé le père Jorge Bergoglio S.J., maître des novices et provincial des jésuites. Devenu pape et ayant choisi saint François d’Assise comme modèle et patron, les décisions et les enseignements du pape François manifestent l’influence du père Arrupe.

Étudiant en médecine à Madrid, Pedro Arrupe décide de se donner à Dieu en entrant dans la Compagnie de Jésus. Aumônier de prison aux États-Unis pendant sa spécialisation en bioéthique, envoyé au Japon à sa demande, le père Pedro Arrupe subira le choc de la bombe atomique lâchée sur Hiroshima le 6 août 1945.

Soupçonné d’espionnage à cause de sa connaissance des langues étrangères, il vivra un mois en prison à Tôkyô, en communion avec le Christ Jésus dans sa Passion. Expérience mystique d’union à Jésus dans la solitude de la prison japonaise. Des chrétiens de sa paroisse catholique se rendront près de sa cellule pour lui chanter des chants de Noël, de manière à adoucir sa peine dans ce mois de décembre 1941.

La justice et la miséricorde

Général de la Compagnie, le père Pedro Arrupe manifesta sa miséricorde dans l’option préférentielle pour les pauvres et dans le service aux réfugiés du Vietnam et d’autres pays d’Asie. Le Service jésuite des réfugiés a trouvé en lui son fondateur et son soutien.

Il s’adressait aussi aux anciens élèves des jésuites pour les exhorter à œuvrer pour la justice sociale dans son fameux discours sur « La formation à la promotion de la justice ». Ses paroles exigeantes provoquèrent la démission du président de l’Association des anciens élèves lors du congrès de Valence (Espagne), en 1973. Le père Arrupe attendait des anciens élèves qu’ils fussent des agents du changement social selon l’Évangile. S’il est vrai que des dictateurs cruels sont sortis des collèges dirigés par les jésuites, il demeure aussi vrai que des anciens élèves ont orienté la société en accord avec les enseignements de la doctrine sociale de l’Église.


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