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L A V I G E R I E . be
R.D. Congo

Qu’est-ce qu’un vieil homme et un jeune homme peuvent faire de bien ?

Petit Echo 2019/3 n°1099
vendredi 5 avril 2019 par Webmaster

Alex Goffinet et Arsène Somda en visite aux prisonniers de Kabare, RDC

La Providence m’a donné le privilège d’être encore debout en Afrique à mes 86 ans. C’est une raison d’être reconnaissant. Cela dit, à quoi sert un bon vieux missionnaire dans un pays tropical en proie à de graves conflits comme la RDC ?

On demande aux vieillards de s’occuper des archives, de la biblio thèque, de diriger les prières de temps en temps, et d’aider à la préparation des missionnaires en herbe (enseignement du français ou accompagnement spirituel) et de tout autre petit travail en dehors des heures de sieste !

Un jour, un jeune stagiaire, Arsène, m’a invité à l’accompagner à la prison centrale de Bukavu. C’est un triste et indescriptible ghetto de misère matérielle et morale. Les jeunes peuvent réveiller les personnes âgées et depuis septembre 2017, nous y allons chaque mercredi matin en tant que membre de l’équipe pastorale de la prison.

Notre travail consiste à appliquer ce que le Chapitre général de 2010 a dit au sujet de JPIC et qui peut se résumer en trois mots : présence, plaidoyer et assistance, mots qui doivent être répétés encore et encore aux jeunes en formation.

  • Présence : Il faut que tu sortes. Facile à dire mais pas toujours évident, sinon le Pape François ne nous aurait pas dit : “Sortez, allez à la périphérie”, pour être présent parmi les malheureux, pour les écouter, pour les aimer. Au dernier jour, le Christ dira : “Missionnaire, comment as- tu traité les pauvres ? Où sont-ils ?” Tous, Supérieurs généraux, évêques, missionnaires au bas de l’échelle, doivent rencontrer les malheureux, chaque semaine, chaque mois, pour les écouter et les aimer. “J’étais en prison et tu m’as rendu visite.” Le Christ aimait se promener et rencontrer des gens, de préférence des misérables, des estropiés, des lépreux, des pécheurs. Il avait du travail à y faire. Ils s’approchèrent de lui, alors qu’il n’y avait rien à faire avec les pharisiens. La rencontre avec le monde marginalisé donne un élan spirituel. Nos petites satisfactions comme l’argent, les addictions, les vêtements, le prestige et le tourisme deviennent ridicules en comparaison avec le grand amour de trouver le Christ eucharistique parmi les misérables. Notre travail consiste à les écouter parler de leur détresse et de leur culpabilité.
  • Plaidoyer : La deuxième étape consiste à présenter aux autorités pénitentiaires les noms des personnes détenues pour des délits mineurs et à plaider pour leur libération. Notre grande satisfaction, est que la collaboration avec les autorités est bonne ; elles sont très conscientes du danger de la surpopulation carcérale. Jusqu’à présent, depuis septembre 2017, nous avons obtenu la libération de 61 prisonniers.
  • Assistance : Cependant, l’obtention des documents de libération nécessite des procédures judiciaires et nous payons jusqu’à 50 $ ou plus pour obtenir les permis de libération nécessaires. Nous avons fait appel à l’aide de connaissances dans toutes les directions, y compris à nos propres poches. La générosité des personnes nous a édifiés.

Au cours de sa vie, le missionnaire aura assisté à de nombreuses réunions JPIC qui se terminent très souvent par de volumineux rapports qui sont ensuite classés quelque part jusqu’au prochain séminaire. Sortir du bureau et descendre au niveau de la rue est beaucoup plus convaincant, mais l’un n’exclut pas l’autre.

  Alex Goffinet et Arsène Somda

N.B. Actuellement, Alex Goffinet est nommé à Namur en Belgique et Arsène Somda poursuit sa formation à la 4e étape à Kinshasa


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