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L A V I G E R I E . be
Homélie

Renaître de ses cendres

Feu Nouveau 62/2
jeudi 7 mars 2019 par Webmaster

Notre consommation de cendres, dans cette célébration, se fera à dose homéopathique. Une petite pincée sur le front. Cela n’a rien à voir avec les pratiques évoquées dans la Bible, comme de s’asseoir sur la cendre, à la façon du roi de Ninive au temps du prophète Jonas (3, 6), ou de se couvrir la tête de cendres, comme Tamar, une fille du roi David (2 S 13, 19). De plus, selon l’usage, il peut s’agir de cendres très pieuses, produites par la combustion des rameaux bénits l’année précédente. Elles n’ont rien à voir avec celles de nos sociétés de consommation et de violence, telles que les carcasses de voitures brûlées, les ruines provoquées par les incendies, les troncs calcinés par les feux de forêt et les scories des incinérateurs de déchets.

Nos sociétés produisent beaucoup de cendres, jusqu’à l’encombrement. Leurs pollutions menacent la planète. C’est le résultat des nombreux déséquilibres qui empoisonnent nos existences. Mais n’en sommes-nous pas tous responsables, à force de courir après les richesses, le confort et les divertissements ? Or, les propos de Jésus concernent précisément ces trois genres d’activités dans notre existence quotidienne, toujours menacée par les déséquilibres et les excès. En effet, la prière, l’aumône et le jeûne représentent ces trois domaines du comportement humain : l’attention à Dieu, la relation aux autres et le souci de notre propre personne. L’enseignement de Jésus nous indique comment les purifier des pollutions qui nous menacent, pour que la vie renaisse de leurs cendres.

Les trois chantiers

Le mot « aumône » peut évoquer toutes nos solidarités, tout ce qui peut aider, secourir ou relever la vie du prochain. Jésus nous invite à faire le point sur l’utilisation de notre argent et de nos biens. Sur le chemin vers Pâques, nous serons informés, des actions nous seront proposées. Nous pourrons contribuer à faire refleurir les déserts, là où la misère risque de ne produire que des cendres.
Quant à la prière, elle est une communication avec Dieu. Jésus évoque la prière dans le secret, celle que nous pouvons adresser à Dieu en tout lieu, dans toutes nos activités. Elle est éclairée par la Parole de Dieu reçue le dimanche, dans les célébrations et par nos lectures. En priant, nous échangeons avec ce Dieu qui s’est fait notre compagnon. Nous acceptons son avis sur la façon de vivre, et nous l’en remercions.
Le jeûne, enfin, peut évoquer, pour chacun, l’équilibre de vie, pour garder la forme, ou encore l’image que nous voulons donner de nous-mêmes, l’air que nous voudrions avoir, pour créer un environnement agréable, dans la famille, l’entourage professionnel et les associations, pour ne pas rendre l’air irrespirable !

En marche !

Faisons le point et évaluons le parcours proposé, en ce début de carême. Notre marche est un pèlerinage, à la suite du Christ. Lui-même s’est fait cendres, en revêtant notre humanité ; mais en lui le Père a transformé les cendres en arbre de vie. Saint Paul l’exprime magistralement dans la seconde lecture : Jésus a assumé la condition pécheresse de l’humanité, il a été « identifié au péché des hommes » pour conduire ces cendres à la résurrection, et nous identifier ensuite à sa propre justice.

Tout le parcours du carême consiste à accueillir l’Esprit de résurrection, qui agira pareillement en nous, pour transformer nos cendres en fleurs printanières.

  Marcel Metzger
Feu Nouveau 62/2

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