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Notes de Lectures

Jésus pour le 21e siècle – J. Spong

Résumé de la pensée de Mgr Spong
mardi 1er novembre 2016 par Pierre Bastin

John Spong est un évêque anglican des Etats Unis.
Ce résumé de son livre « Jésus pour le 21e siècle » (Karthala) débute par un paragraphe de la fin du livre qui, à mon sens, permet de mieux saisir sa pensée
Pour que le lecteur s’y retrouve en lisant l’ouvrage, j’ai inséré les numéros des pages auxquelles je me réfère.

« Je n’ai pas envie d’exercer une respiration artificielle à des symboles mourants ! »

Je ne peux pas me taire plus longtemps. La société séculière s’est fortement développée. Or la communauté chrétienne, catholique autant que protestante, est aujourd’hui en position défensive et plus isolée que jamais. Aujourd’hui, il s’agit de ne pas se démener dans des combats d‘arrière-garde ... comme revitaliser des dogmes ... ! Dans l’assaut des découvertes scientifiques de notre époque l’Eglise y perdra. Ne rien changer mènera à la mort du christianisme... Il faut qu’un christianisme neuf puisse croitre.

On a trop ignoré la personnalité juive de cet homme de Nazareth. Car, en fait, Dieu a été ressenti et rencontré dans l’humanité de cet homme Jésus. La jeune Eglise qui lui a succédé, a été un mouvement au sein de la vie de la synagogue. Elle ne s’en sépara que vers 80 par l’apparition des « évangiles écrits ». Jean, lui, écrira au-delà de cette rupture.

  § - 1 Dieu et l’Histoire du Cosmos - Spong p.231

L’apparition des humanoïdes (p. 235)

Il y a environ deux millions d’années au cours de l’évolution, apparaissent des vivants capables de fabriquer des outils. Avec le temps, ces vivants atteignent le niveau de la conscience : conscience de soi et capacité de communiquer avec des mots.

Un aspect de cette conscience de soi a comporté un paradoxe fondamental : ces vivants ont besoin de la nature pour vivre et en même temps ils la craignent. Ils se rendent compte qu’ils n’arrivent pas à maîtriser cette nature dont ils dépendent pour vivre : la maladie et la mort, la pluie et la foudre ... sont des réalités effrayantes qui leur échappent. Ils vivent dans une angoisse fondamentale. Comment vivre cette réalité qui est la leur ?

Les humains se mirent alors à attribuer des noms aux forces auxquelles ils étaient soumis. Le terme souvent utilisé fut « esprits » : invisibles, mystérieux mais puissants dont les pouvoirs se manifestaient sous leurs yeux. Pouvaient-ils se mettre en rapport avec ces esprits, gagner leurs faveurs et obtenir leur protection ? Si tout venait ainsi du ciel, pouvaient-ils y faire quelque chose ?

C’est ainsi qu’avec le temps, cette conception du monde fournit l’ossature de religions ! Une des premières formes en fut « l’animisme » ou croyance que ces esprits régnaient sur leur vie. Il fallait chercher à leur plaire, à éviter de les mettre en colère et à se les rendre favorables. Des dieux naissaient dans leur conscience, des dieux extérieurs à leur vie mais dont la puissance « surnaturelle » régnait sur leur vie. Un théisme est ainsi né.

En fait, plusieurs théismes sont nés.
On attribua aux forces d’en-haut des caractéristiques de type humain à l’image de ce qui se passe dans le monde des humains, relations de type familial, jalousie, querelles, bienveillance parfois. Au cours des siècles, dans certains peuples, cette conception s’est affinée comme le fait d’attribuer la totalité du monde à un Dieu unique, universel, superpuissant, régnant sur le monde des humains. Capable donc de favoriser certains éléments, de bénir, de détruire ! Des systèmes religieux se sont alors formés, comportant des cultes pour permettre d’être du côté des bénéficiaires et des codes de bonne conduite en harmonie avec ce Dieu. De ces convictions ont suivi des certitudes, des vérités jusqu’à se prétendre des « révélations » provenant de Dieu et donc une infaillibilité.

Cette conviction de posséder la vérité absolue est parvenue à maîtriser l’angoisse. Cette maîtrise de l’angoisse, assure une sécurité fondamentale et entretient la conviction d’échapper au possible « courroux divin », d’assurer le salut de son âme ... jusqu’à se demander, en cas d’épreuve, ce qu’on a pu faire à Dieu pour mériter cela.

Jésus a été empreint de cette vision. Il n’a pas pu échapper totalement à ce théisme omniprésent dans la culture juive. L’Evangile nous relate qu’il s’est parfois exprimé en ce sens : « Tout ce que vous demanderez ... » et « Père, éloigne de moi ce calice ... » !

Pour les premiers chrétiens, il était normal de prolonger cette culture théiste dans laquelle ils baignaient. Ils trouvaient normal de croire à des interventions divines dans le monde humain : une naissance virginale, un Dieu qui se vêtit de chair humaine et vint parmi nous. Il devenait normal de réaliser des prouesses que seul Dieu pouvait réaliser : marcher sur les eaux, ressusciter des morts, etc.

Aujourd’hui, nous n’attribuons plus les tsunamis ni les typhons à l’intervention d’un Dieu voulant punir les humains. Nous n’interprétons plus les maladies comme des punitions et nous ne croyons plus que Dieu punira nos ennemis ou défendra notre cause lors d’une guerre. (244)

Cependant les images théistes continuent à être utilisées. Bien qu’elles aient de moins en moins d’impact culturel dans la liturgie ou dans les sermons. Plusieurs craignent que si le théisme était aboli, il ne resterait plus grand-chose. De nombreuses formes religieuses ne sont que des manifestations cultuelles de la peur du néant. Ce théisme a maintenu l’humanité à ce stade infantile. Il a été destructeur.

Une compréhension théiste de Dieu (croyance en un Dieu qui intervient dans le monde) est encore toujours très vivante : elle rassure et donne un sens à la vie et permet de donner des réponses. Cependant le théisme n’est qu’une définition humaine de ce qu’est Dieu.

Des chrétiens de plus en plus nombreux seraient cependant ouverts à progresser au-delà des schémas théistes surannés et de trouver une nouvelle façon de parler de Dieu. Mais on ne quitte pas sa zone de sécurité tant que quelque chose de puissant ne les y force. Est-il possible de s’en débarrasser ? Est-il possible d’ôter le concept théiste de Dieu de notre compréhension de Dieu ? Pouvons-nous alors être encore des chrétiens ?

C’est possible.

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