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Lu pour vous

Présentation de « Repenser Dieu dans un monde sécularisé » de Jacques Musset

Pierre Bastin, M.Afr.
mercredi 27 avril 2016 par Pierre Bastin, Webmaster

 Que peut changer une approche existentielle du Mystère de Dieu ? (223)

Burdelot - Dieu, un mot dangereux !

Parler de Dieu dans le monde occidental actuel, est perçu comme introduire dans un monde de subordination. Ce Dieu est habituellement compris comme un facteur absolu, qui s’impose et pour cela a des projets pour les humains qui n’ont plus qu’à entrer dans des perspectives (p.136) C’est poser l’hypothèse nécessaire à garantir la permanence d’un ordre établi. Ou encore de garantir un sens aux choses et aux hommes.

L’affirmation chrétienne ne part pas de la conviction que Dieu existe pour en déduire la divinité de Jésus. Mais c’est en reconnaissant l’existence humaine de Jésus et du type d’humanité qu’il a manifesté qu’on est invité à croire à l’existence d’un amour éternel et personnel qu’à notre tour nous nommerons Dieu.

L’humain est fragile mortel, mais il se rêve tout puissant. L’angoisse de se sentir puissant et dispensé de tout malheur le dispenserait de ses responsabilités à la condition de lui être soumis.

Pour une approche existentielle du mystère l’idée de Dieu (138)

Dieu est un mot dangereux qui s’est prêté à des utilisations religieuses, sociales, morales ou politiques de tous ordres. Un être qui appelle une main mise sur les libertés humaines. On l’utilise pour farcir une culture : fêtes, offices, sanctuaires, calendrier et jusqu’à des positions politiques les plus autoritaire : « Une boite d’allumette qui peut déchaîner des guerres » (Malraux) ! Pour nos besoins de sécurité : angoisses, protections de tous ordres car cet être absolu permettrait d’échapper à tout danger car il disposerait de forces et de moyens d‘assurer nos succès. (A la condition de lui être soumis !)

Pour moi, le terme Dieu signifie fondamentalement « une transcendance », un « au-delà » des données contingentes où se déploie nos existences. Un au-delà qui échapperait au caractère éphémère et ambigu de nos existences soumises à la loi de la dégradation de la matière dont nous sommes faits. Toute intelligence humaine rencontre cette représentation : divin, sacré, amour, qui se présente avec un « je ne sais quoi », un caractère d’absolu (conditionné par rien). Ce dont les humains sont habituellement conscients. Ceci est-il simplement une idée ou une réalité profondément ancrée en nous ?

Il ne s’agit pas d’une idée d’un Dieu tout puissant et bon, gérant de l’ordre harmonieux du monde. Le christianisme ne présente Dieu qu’à partir de son image la plus exacte, la plus achevée, celle de J-C. Pour le découvrir, prendre le chemin qu’Il a pris lui-même, épouser la condition humaine, vivre en homme, le plus humain des hommes. Ce que la sécularisation refuse absolument, c’est l’idée de Dieu servant d’argument à la mainmise d’une religion sur les activités humaines. On peut souhaiter que le terme Dieu puisse se débarrasser des scories accumulées par l’histoire. Nous sommes invités à prendre ce terme avec précaution : c’est l’aventure humaine de Jésus qui parle de Dieu et non l’inverse. Une aventure n’est pas une fiction. (Burdelot – « Devenir humain » - - Cerf – pp 133 ss.)

Que changerait une approche existentielle du mystère Dieu ? (p.223)

Une approche existentielle du mystère de Dieu ce n’est pas une adhésion à une doctrine bien ficelée sur « Dieu » mais un cheminement à partir de notre expérience d’humanisation. Au cœur de cette expérience exigeante, vécue avec authenticité dans tous les domaines de sa vie, l’homme atteint le plus humain de lui-même, éprouve le sentiment de dépassement et de transcendance. Il peut nommer Dieu la source qui l’inspire intérieurement. Il rejoint ainsi la démarche de Jésus, dont son engagement au bénéfice des exclus et des marginalisés. Cette démarche a révélé le vrai visage de son « Dieu ».

Cette démarche rend des personnes et des groupes adultes en les invitant à penser par eux-mêmes. Elle donne priorité à la pratique de Jésus. Ce serait une manière d’incarner l’Evangile et de prendre au sérieux l’élan qu’Il nous a donné.

« Profondément croyant, je ne conçois pas mon travail comme consistant à faire subir la respiration artificielle à des symboles d’hier.... »

(Le Dieu de Jésus selon John Spong in « Jésus pour le 21e siècle » - Karthala).
 

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