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Proche-Orient

« Proche Orient Chrétien » quitte Jérusalem pour Beyrouth

Frans Bouwen, M.Afr.
vendredi 9 octobre 2015 par Webmaster

Les Missionnaires d’Afrique ont créé la revue Proche-Orient Chrétien (POC) en 1951 à Jérusalem, et l’ont publiée depuis avec enthousiasme. Depuis le 1er janvier 2015, cette publication est assurée à Beyrouth par la Faculté des Sciences religieuses de l’ « Université Saint-Joseph », dirigé par les Pères Jésuites. Ce n’est pas le premier projet initié par des Pères Blancs à être transmis ainsi à l’Église locale. Mais comment est-il né ?

Le Cardinal Lavigerie envoyait ses premiers missionnaires à Jérusalem en 1878, 10 ans après la Fondation de la Société, pour assurer la garde du Sanctuaire de Ste Anne. Lavigerie voulait aussi qu’ils travaillent pour l’unité entre les églises de l’Orient et celles d’Occident. Lorsque les Pères Blancs ont lancé la publication de la revue Proche Orient Chrétien en 1951 , ils étaient conduits par l’inspiration de notre Fondateur qui fut, pour son temps un pionnier de l’œcuménisme. Fidèles à cet esprit, les Pères Blancs avaient accepté, en 1882, la direction du séminaire nouvellement créé pour la formation des prêtres de l’Église grecque Melkite. Ce séminaire a fonctionné à Sainte-Anne pendant 85 ans. L’occupation de Jérusalem-est par l’armée israélienne en juin 1967 rendit pratiquement impossible un fonctionnement normal de l’institution, parce que la grande majorité des séminaristes venaient de pays arabes. En conséquence, le séminaire fut transféré à Beyrouth et la direction en fut confiée à l’église Melkite.

En 1951, les professeurs du séminaire de cette Sainte-Anne avaient décidé que le temps était venu de tendre la main au-delà des murs du séminaire et lancèrent la publication de Proche Orient Chrétien. Bien des années avant l’annonce du Concile Vatican II, ils voulaient travailler à l’Unité des Chrétiens, d’abord au Moyen-Orient, mais aussi, plus largement, entre les Églises de l’Orient et celles d’Occident. À l’époque, ils ont été pionniers dans la promotion de l’unité dans la diversité : les Traditions orientales, diverses et variées, ont quelque chose d’unique à contribuer à l’Église dans le monde entier. Il fallait donc étudier ces traditions, les évaluer et les fait connaître, pour un renouvellement dans la fidélité aux traditions authentiques des Eglises orientales. Dans le même temps, Proche Orient Chrétien se ferait l’écho de la vie actuelle des églises au Moyen-Orient dans leur contexte, en particulier en ce qui concerne leurs relations avec les musulmans.

Au cours des 65 années de sa publication par les Pères Blancs à Jérusalem, POC a toujours eu à lutter avec le climat politique troublé de la région, en particulier par le conflit entre Israël et le monde arabe. Un problème important a été l’impossibilité de communiquer directement avec les pays arabes voisins où vivent la majorité des Chrétiens du Proche-Orient. Néanmoins, la revue n’a pas seulement survécu, mais elle est connue aujourd’hui internationalement, d’Universités, de Séminaires comme de particuliers. Au total, 64 volumes ont été publiés, de plus ou moins de 400 pages chacun : un total impressionnant de plus de 25.000 pages, une étagère entière de bibliothèque ! POC est devenue une source importante – certains diraient indispensable – pour l’étude du christianisme au Moyen-Orient au cours des cinquante dernières années.

Dans le but d’étendre notre Comité de rédaction et notre public, la collaboration avec l’Université Jésuite de Beyrouth a commencé vers la fin des années 80 et s’est développée progressivement. En 2005, il fallut reconnaître que de graves problèmes menaçaient l’avenir de la publication de POC : la petite équipe de pères blancs avait pris de l’âge et il n’y avait pas la perspective qu’une jeune génération de confrères puisse, dans un avenir proche, assurer la relève. C’est pourquoi nous avons proposé à l’Université Jésuite de Beyrouth de prendre en charge la publication de notre revue.

Cette reprise a été une décision difficile et douloureuse, en particulier pour moi : j’ai été pendant 45 ans, directeur du CEP et cela a occupé plus de la moitié de mon temps. C’est cependant la bonne solution pour l’avenir. La source de mes regrets est double. En premier lieu, POC était devenue en quelque sorte une « image » pour les Pères Blancs à Jérusalem et bien plus loin. La publication a un public large et enthousiaste et nous avons été considérés comme pionniers dans le travail œcuménique. Maintenant, nous devrons faire sans. Deuxièmement, je regrette que POC quitte Jérusalem. L’Église de Jérusalem n’est pas riche en publications de niveau universitaire, à l’exception de certains commentaires bibliques très spécialisés ; le départ de POC est une perte pour Jérusalem, alors que Beyrouth a déjà de nombreuses publications. Toutefois, le simple fait que l’Université jésuite ait accepté de prendre en charge la publication de POC démontre clairement que la valeur de notre périodique est en effet reconnue, même sur le plan académique. C’est une sorte de confirmation et de réconfort.

Quant à l’avenir ? À Sainte-Anne, nous espérons pouvoir continuer à collaborer activement avec les nouveaux responsables de la publication. Nous avons l’intention d’établir une bonne équipe locale de POC, pères blancs et autres, pour s’assurer que Jérusalem et la Terre Sainte demeurent bien représentés dans le Comité de rédaction et que la vie des communautés chrétiennes y soit présentée toujours aussi fidèlement. Cela ne sera pas tâche facile. J’espère que de jeunes confrères partageront notre souhait et se joindront aux travaux de notre équipe. Bien sûr, il reste beaucoup à faire à Jérusalem, même sans la publication de POC, dans le contexte œcuménique et interreligieux principalement, et la revue continuera à servir comme instrument privilégié.

  Frans Bouwen

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