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L A V I G E R I E . be
Niger

La situation au Niger.

mercredi 21 janvier 2015 par F.D. (Traduction), Webmaster

Un SMS du 18 janvier envoyé de Niamey dans l’émotion des événements vécus.
En voici une traduction.

PAIX.

Chers Amis,

La PAIX n’est pas simplement un mot. Nous comprenons combien tout est fragile… Il faut que nous travaillions vraiment à la paix et que nous commencions à notre propre compte. Pourquoi tant de haine ? tant de violence ? NOUS PLEURONS… LES LARMES COULENT…

Ce qui se passe au Niger ces jours-ci, a été préparé de longue date ! A Noël, Boko Haram a voulu incendier toutes les églises durant la messe de minuit, ici au Niger, et nous brûler tous vivants ! Ca n’a pas réussi, pour l’une ou l’autre raison. Personne ne le sait.

Un concours de circonstances, avec ces dessins de Charlie, a mis le monde en flammes, mais la crise sociale ici au Niger y est mêlée. Les chrétiens sont visés. Il faut les tuer, ainsi nous pouvons aller au ciel, disent les adhérents de Boko Haram. Diabolique ! Mais nous ne pouvons pas nous laisser guider par la peur. « L’Amour est plus fort que la haine ! »

D’abord c’était le tour de Zinder (à 600 km. de Niamey). Il y a trois jours : 5 morts, 4 à l’église et 1 dans un bar. Attaque aussi contre le Centre Culturel Français, totalement brûlé, et aussi la banque BRS. L’église où habitent les Pères Blancs, et la demeure des Sœurs de l’Assomption à côté, leur maison, les voitures, l’école, tout a flambé. Ils n’ont plus rien, à part leur vie, et c’est déjà assez pour être reconnaissant. Ils ont pu s’enfuir à temps et trouver refuge dans un camp militaire. Ils ont tout perdu, mais ils sont EN VIE. Une des Pères Blancs, Ghislain, se trouve à l’hôpital, blessé, mais pas gravement.

Le jour d’après, hier le 17 janvier, à Niamey même scénario, mais à plus large échelle. Un groupe d’hommes acharnés et spécialisés, en motos, avec quelqu’un qui les guidait, ont vandalisé toutes les églises, l’une après l’autre, en ont sorti tout ce qui pouvait leur être utile, et ont ensuite lancé des bidons d’essence à l’intérieur et y mis le feu. Ils font un amalgame de tout ; ils disent «  les Français sont chrétiens », donc… cela est lié à la colonie française que nous sommes ici (???) et avec Charlie (???). Les églises protestantes, ‘Assemblée de Dieu’, et les églises évangéliques ont également été brûlées. Tout ensemble 40 églises… incroyable ! Et ensuite, beaucoup de bars, de restaurants, des stations d’essence qu’ils ont d’abord vidées. Ils ont même attaqué des orphelinats ; heureusement on a pu évacuer les enfants et les amener au bureau de police, mais ils ont pillé toutes les réserves. Ils ont voulu brûler aussi la clinique des Sœurs de Mère Thérésa, mais les Sœurs courageusement leur ont dit : « Pouvons-nous d’abord sortir tous les malades avant que vous n’y mettiez le feu ? ». Ces mots leur ont touché le cœur et ils ont laissé la clinique intacte, mais ils ont bien brûlé complètement leur église.

Quand l’évêque, Mgr. Laurent, a appris que les deux communautés de religieuses étaient attaquées, il a demandé par téléphone à toutes les communautés de s’enfuir immédiatement et de chercher refuge.

Nous recevions des coups de téléphone de nos amis musulmans, qui disaient : « Venez chez nous ! Ne restez pas dans le quartier populaire où vous habitez. On ne sait jamais avec pareilles bandes ».

Bernadette et moi, nous sommes allées à la chapelle pour consommer les saintes espèces, car ils voulaient brûler les tabernacles… Nous avons tout bien fermé, sous verrous, dans l’espoir de retrouver notre fraternité. En un minimum de temps on a rassemblé tout ce qu’on pouvait. Notre petite sœur rwandaise Théophila, habituée à fuir durant la période du génocide au Rwanda, a mis sur elle tous les habits qu’elle pouvait trouver ; elle portait cinq jupes et cinq maillots, qu’elle avait mis les uns sur les autres. Nous avons ri comme des folles quand nous l’avons vue sortit de sa chambre comme une géante. Elle n’arrivait presque plus à marcher… ! Violetta venait de rentrer de Pologne et n’avait même pas défait ses bagages, et elle devait déjà fuir immédiatement. Quel choc pour elle !

Nos voisins venaient nous dire adieu en pleurant, et nous avons confié la clé de la maison à Yacouba. Quelle émotion… Notre bon ami soufi, Tidjani, est venu en moto nous demander de nos nouvelles. Il a accompagné le chauffeur qui était venu nous prendre. Aicha, du Grand Hôtel, avait tout arrangé pour nous trouver un chauffeur, de sorte que nous avons pu entrer toutes les cinq dans la même voiture. Une famille libanaise nous a accueillies, comme les Orientaux peuvent le faire. En route nous avons vu une église protestante complètement démolie. Pas croyable ! et ça dans ce calme Niger ??? Non, le Niger n’est plus calme…

Nous nous trouvons maintenant en sécurité chez une famille. Nous ne sortons pas. Nous prions et recevons continuellement des coups de téléphone d’un peu partout, de gens inquiets et des Petites Sœurs. Aujourd’hui, dimanche, nous ne sommes pas allées à l’église, mais le soir deux prêtres rwandais sont venus dire la messe dans la chambre d’en haut. Ce n’était pas prévu, mais plein d’émotion. Dieu ne nous abandonne pas. Aujourd’hui, 18 février, commence la semaine de prière pour l’Unité. Un baume sur nos cœurs et notre foi se fortifie. Prier pour tous nos cœurs blessés. Nous nous portons bien, mais ne savons pas de quoi demain sera fait. L’ambassade a averti par SMS que demain il y aura une manifestation des étudiants… Encore une manifestation ? De quoi sera-t-elle faite ?

Cheikh Barham, notre ami de l’Islam modéré (Tidjanya) a envoyé un SMS à tout le monde :

« Chers amis chrétiens et musulmans, nous sommes tristes et atterrés par l’injustice faite à nos paisibles sœurs et frères chrétiens. C’est un jour noir, c’est une honte pour nous. Dès demain nous ferons communiqué, en attendant prions Dieu. Cheikh Barham ».

Nous vous tiendrons informés. Demain il y aura donc à nouveau une manifestation d’étudiants. Espérons qu’elle ne déviera pas en violences. Nous sommes apaisées et nous essayons de ne pas nous laisser guider par la violence ou par la peur. Personne ne sait quel sera l’avenir. Mais chez vous non plus, n’est-ce pas. Notre fraternité n’a pas été attaquée et les voisins téléphonent. Tout est en sécurité.

Séjourner dans une famille ces jours-ci, ça nous a fait du bien. Espérons que tout se calmera et que nous pourrons retourner chez nous. Nous restons prudentes et, si nécessaire, nous connaissons une voie de sécurité. Les deux évêques, Mgr. Michel et Laurent, gardent le contact par téléphone et SMS. Si besoin en est, des mesures seront prises. L’ambassade aussi nous tient à l’œil.

NOUS DEMANDONS : PRIEZ POUR NOUS, pour notre peuple, pour le monde, que la lumière de l’amour de Jésus puisse se répandre.
Un très affectueux bonjour. Unis à LUI. Bisous.


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