missionarissen van afrika
missionnaires d’afrique

L A V I G E R I E . be
Témoignage

Le doute et la foi

Gérard Malherbe, M.Afr.
dimanche 28 décembre 2014 par Webmaster

Lorsque j’ai du temps libre (pas beaucoup, pas souvent), j’en profite pour continuer mon travail à la bibliothèque de l’ISSR. Je suis en train de dépouiller les articles de différentes revues, pour encoder les références de ceux qui me paraissent intéressants. Au cours de ce travail, j’ai récemment trouvé un texte que je partage avec vous en ce temps de Noël

Un texte pour Noël

Jacques Brel

DITES, SI C’ÉTAIT VRAI

1958

  Dites,
Dites, si c’était vrai
S’il était vraiment né à Bethléem, dans une étable.

Dites, si c’était vrai
Si les rois Mages étaient vraiment venus de loin, de fort loin
Pour lui porter l’or, la myrrhe, l’encens.

Dites, si c’était vrai
Si c’était vrai tout ce qu’ils ont écrit Luc, Matthieu
Et les deux autres.

Dites, si c’était vrai
Si c’était vrai ce qu’ils racontent les petits enfants
Le soir avant d’aller dormir
Vous savez bien,
Quand ils disent Notre Père, quand ils disent Notre Mère.

Si c’était vrai tout cela
Je dirais oui
Oh, sûrement je dirai oui
Parce que c’est tellement beau tout cela
Quand on croit que c’est vrai.

Jacques Brel
 

Et un autre texte pour Noël

Saint Joseph et le philosophe

Bernard BRO , Les paraboles, vol. 4, Où se sentir chez soi ?, n° 281, pp 35-37, Cerf / Mame-Edifa, 2007.
 

C’était l’un des moments les plus noirs de la dernière guerre, en décembre 1940. Dans mon couvent, un des prieurs, c’est-à-dire le père supérieur, alors prisonnier en Allemagne, a eu l’idée simple mais heureuse de demander à un de ses compagnons de captivité d’écrire une pièce de théâtre pour distraire un peu ses camarades à l’occasion de Noël. Celui à qui la demande avait été faite devait devenir l’un des principaux philosophes français du siècle dernier...

Et dans cette pièce, l’auteur évoque Marie et Joseph. Ces lignes parleront au Ciel au nom de celui qui les a écrites, Jean-Paul Sartre, comme elles nous parlent, à nous, encore. Elles sont parmi les plus respectueuses, les plus délicates, les plus nobles qu’on ait jamais écrites sur le mystère de Noël.

  « Saint Joseph et le philosophe ».

« Vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche, la voici. Voici la Vierge, voici Joseph et voici l’Enfant-Jésus. L’artiste a mis tout son amour dans ce dessin, mais vous le trouverez peut-être un peu naïf, mais écoutez. Vous n’avez qu’à fermer les yeux pour m’entendre et je vous dirai comment je les vois au-dedans de moi. La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux, qui n’a paru qu’une seule fois sur une figure humaine car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois et elle lui donna le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit : « Mon petit ! » Mais à d’autres moments, elle demeure toute interdite et elle pense : « Dieu est là », et elle se sent prise d’une crainte religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant, car toutes les mères sont ainsi arrêtées par moments, par ce fragment de leur chair qu’est leur enfant, et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a faite avec leur vie et qu’habitent des pensées étrangères. Mais aucun enfant n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère, car il est Dieu et Il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer. Et c’est une dure épreuve pour une mère d’avoir crainte de soi et de sa condition humaine devant son fils.

Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments rapides et glissants où elle sent, à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle et qu’Il est Dieu. Elle le regarde et elle pense : « Ce Dieu est mon enfant ! Cette chair divine est ma chair, Il est fait de moi, Il a mes yeux et cette forme de sa bouche, c’est la forme de la mienne, Il me ressemble, Il est Dieu et Il me ressemble. »

Et aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule. Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu’on peut toucher et qui vit, et c’est dans ces moments-là que je peindrais Marie si j’étais peintre, et j’essaierais de rendre l’air de hardiesse tendre et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce petite peau de cet enfant-Dieu, dont elle sent sur les genoux le poids tiède, et qui lui sourit. Et voilà pour Jésus et pour la Vierge Marie.

Et Joseph. Joseph ? Je ne le peindrais pas. Je ne montrerais qu’une ombre au fond de la grange et deux yeux brillants, car je ne sais que dire de Joseph. Et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer. Il se sent un peu en exil. Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu. Combien déjà elle est du côté de Dieu, car Dieu est venu dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera pour apprendre à accepter. Joseph ne sait que dire de lui-même : il adore et il est heureux d’adorer. »

Tout est dit. C’est le premier et le dernier mot de la foi : « Il adore et il est heureux d’adorer. »


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 784 / 856717

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Témoignages - Actualités   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.28 + AHUNTSIC

Creative Commons License