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L A V I G E R I E . be

Le Père Paul Bourgois

mardi 28 octobre 2014 par J.V.
  Bruxelles, le 27 octobre 2014

Hier, dimanche 26 octobre 2014, vers 10 heures du matin, notre confrère
 
Paul Bourgois


s’est éteint doucement à la clinique St-Michel, après quelques jours d’hospitalisation. Il avait 94 ans.

Paul est né le 15 mai 1920 à Bruxelles, à la paroisse St.Josse, dans une famille très chrétienne et riche en vocations religieuses. Son père était courtier d’affaires, mais aussi servant de messe jusqu’à sa mort à 68 ans ; sa maman récitait le chapelet chaque jour jusqu’à sa mort à 101 ans. « C’est eux qui m’ont appris à aimer Dieu et les hommes, à prier et à travailler au salut des autres ! » écrira Paul plus tard. Sa sœur aînée sera religieuse et son frère jésuite sera, lui aussi, missionnaire en Afrique dont une dizaine d’années au Rwanda. Paul racontait comment, à l’âge de 13 ans, il fut miraculeusement guéri d’une pleurésie, grâce à la Vierge des Pauvres de Banneux, où les apparitions avaient débuté au début de cette année-là (1933). La dévotion mariale sera un pilier de sa vie spirituelle.

En 1938 Paul termine les humanités gréco-latines à l’Institut Saint-Louis à Bruxelles. En septembre, Paul entre chez les Pères Blancs au séminaire de Glimes. Il fit sa deuxième année de philosophie au séminaire flambant neuf de Thy-le-Château. Suivirent le noviciat à Varsenare et la théologie à Heverlee, où il prononça son serment missionnaire le 9 avril 1944 et fut ordonné prêtre le 2 avril 1945.

Réformé par l’armée belge, à cause d’anciennes lésions aux poumons, Paul reçoit le feu vert pour le Rwanda. Le 2 avril 1946, il s’envole avec Sabena pour Kinshasa. Il lui faut plusieurs semaines pour traverser le Congo et atteindre Kabgayi. Là il reçoit sa première nomination de Mgr. Déprimoz : professeur au Petit séminaire. « Dès le début il trouve qu’il y a énormément de choses à réformer », note le père Hellemans, régional. En 1949 il devient directeur des écoles à Nyundo où le fameux père Pagès est supérieur. Il sera le dernier Père Blanc à la paroisse de Nyundo. Il aura le plaisir d’y accueillir en 1951 l’abbé Aloys Bigirumwami, qui deviendra l’année suivante Vicaire Apostolique du Vicariat de Nyundo nouvellement créé. En 1951 Paul est nommé à la paroisse de la Sainte Famille à Kigali, où il s’occupe surtout des écoles primaires. En 1956 il retourne au Petit séminaire de Kabgayi.

A la fin de cette même année Mgr Perraudin, qui a succédé à Mgr Déprimoz en 1956, l’envoie comme curé à Nyarubuye, paroisse qui, à cette époque, était considérée comme le « pénitencier ». Pas pour longtemps, puisque quatre mois plus tard il retourne comme curé à la Sainte Famille à Kigali. C’est sans doute la paroisse où il fut le plus heureux : « Ma joie : en quatre ans, se rappelle Paul, je n’ai reçu aucune remarque pastorale ou communautaire de l’évêque. » Partout ailleurs les critiques n’avaient jamais manqué, sans doute parce que Paul était un homme de principes, sévère, voire pointilleux en matière de doctrine et de règlements. Il ne cachait pas non plus ses opinions sur la question ethnique. Aussi cherchait-il une voie de sortie : « Il valait mieux que j’aille ailleurs, chez des sœurs, hors paroisse ». Pendant son séjour à Kigali il avait commencé à donner des séries de conférences au noviciat des sœurs Bernardines et ce travail lui donnait beaucoup de satisfaction. C’est encore à Kigali qu’il a vécu la révolte des Hutu en 1959 et les troubles qui précédèrent l’indépendance.

En novembre 1961 Paul est nommé aumônier du noviciat des sœurs Benebikira à Save, avec quelques ministères divers et des cours de religion dans les nombreuses écoles de l’endroit. En février 1964 il est nommé curé de la cathédrale de Butare. Depuis 1957 déjà Paul avait commencé à fournir des lunettes aux élèves d’abord, aux paroissiens ensuite. Ayant profité de ses congés en Belgique pour apprendre la technique, il commence en 1964 les examens de la vue, dans un local en face de la cathédrale qu’il louera pendant vingt ans, et dans de nombreuses écoles secondaires.

En décembre 1968, Paul est nommé aumônier des écoles secondaires dans le diocèse de Butare ; il réside à la Procure. Il visite donc toutes les écoles secondaires, y compris les écoles protestantes où se trouvent des élèves catholiques. Pendant les vacances, qu’il a préparées avec des étudiant(e)s-animateurs/animatrices, il visite les élèves dans leurs paroisses ou les centrales. Il discute avec eux, célèbre la messe et enseigne ; partout il laisse une caisse-bibliothèque. Il continuera ce travail jusqu’en 1981. Entre-temps il est retourné à Save, où il sera le dernier Père Blanc présent lors de la transmission de la paroisse au clergé rwandais.

En 1984 Paul installe son service Vue-Lunettes dans des locaux spécialement construits à cet effet et équipés d’appareils pour examiner les yeux et de machines pour tailler les verres. Le service délivrera en moyenne 1500 lunettes par an à des prix modiques.

Entre-temps Paul a été pendant une année professeur de Droit Canon au Grand séminaire de Nyakibanda. En 1981 il est nommé Vice-Official pour le Sud du Rwanda et en 1982 membre de la commission chargée de la traduction du missel en Kinyarwanda. Il est aussi membre de la commission théologique pour les apparitions de Kibeho. De 1985 à 1988 il est animateur de la commission chargée de la révision du catéchisme de 1971. Ce catéchisme très biblique déclencha une petite guerre entre l’école des centres catéchétiques et de leurs anciens élèves, disséminés dans tout le pays, et l’école de ceux qui, comme Paul, voulaient corriger les imprécisions doctrinales, voire des ’erreurs’. La nouvelle édition tiendra compte de certaines remarques de Paul.

Après le génocide de 1994, Paul retourne au Rwanda, reprend ses engagements pastoraux et ses conférences aux sœurs Benebikira à Save et surtout rééquipe et relance le Service vue-lunettes. Il continuera à aider financièrement cette œuvre remarquable jusqu’à sa mort et même au-delà par testament.

Enfin, depuis fin 1997 jusqu’à son départ définitif du pays, Paul était président de la commission pour la liturgie du diocèse de Butare. Par cette nomination, « Monseigneur Philippe m’a rendu un énorme service. Il ne m’a pas fait aimer la liturgie (car je l’ai toujours aimée) mais il m’a donné l’occasion d’essayer de la rayonner au niveau de ce diocèse dont je fais partie depuis sa fondation. »

En août 2005 Paul revient définitivement en Belgique, réside quelque temps à la rue de Linthout avant de regagner la maison de repos St-Joseph à Evere.

Paul avait énormément de qualités - la quantité et la variété de ses nominations en sont la preuve - et était toujours prêt à rendre service. « Je n’ai jamais regretté ni d’être Père Blanc, ni de travailler au Rwanda où la Providence m’a placé » écrit-il dans son testament spirituel. Sa trop grande sensibilité, que ses formateurs avaient déjà soulignée, l’aura fait souffrir pendant toute sa vie missionnaire. A ce sujet il écrit : « Tout ce qui devait être pardonné l’a été sans retard dans mon cœur. » Faut-il encore ajouter que Paul avait préparé de longue date et dans les détails la cérémonie de son enterrement ?

  La célébration liturgique d’adieu aura lieu le vendredi 31 octobre, à 10 h 15, dans la grande chapelle du home St-Joseph, rue de la Marne 89, à 1140 Evere, suivie de l’enterrement à Varsenare..
Apportez aube et une étole violette (à sa demande explicite).
 

Après le service à Evere, une collation sera offerte aux confrères à la Taverne James (Goede Herdersstraat 86), près de l’église paroissiale St-Vincent (Place Saint-Vincent).

 
Jef Vleugels
 

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