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L A V I G E R I E . be

Le Père Jean Deffontaine

mardi 15 juillet 2014 par J.V.
  Bruxelles, le 12 juillet 2014

Ce matin, vers 9 heures, à Evere, notre confrère
 
Jean Deffontaine


s’est éteint paisiblement. Il savait que les médecins ne pouvaient plus qu’éliminer la douleur et il était prêt. Il avait 92 ans. Il était lucide jusqu’à l’avant-veille de sa mort.

Jean est né à Berchem, près d’Anvers, le 15 octobre 1921, dans une famille nombreuse, aisée et francophone. Son père était ingénieur. Après l’école primaire, il suit les humanités classiques au Collège Notre-Dame à Anvers. En septembre 1939 Jean entre chez les Pères Blancs à Boechout. En mai 1940, devant les menaces de la guerre, tous les philosophes disposant d’une bicyclette, furent invités à regagner l’Afrique du Nord, ce qu’ils firent – ils étaient quinze -, sous la direction du Père Louis Van Steene, « tout de noir vêtus : soutane, douillette et chapeau rond » via Varsenare, Lille, Paris et Marseille. Jean a magnifiquement décrit et illustré de dessins de sa main cet épisode (Supplément de Nuntiuncula n° 669 de juillet-août 2011). Après la philosophie à Carthage, Jean fit son noviciat à Maison-Carrée. Ses études de théologie furent tout aussi mouvementées : première année à Carthage, deuxième et troisième à Thibar, où il prononça son serment missionnaire le 27 juin 1945. La quatrième année eut lieu à Heverlee, où il fut ordonné prêtre le 22 avril 1946 par Mgr. Suenens. Ses formateurs l’ont présenté comme un homme délicat et très serviable, gentil et accueillant, plutôt réservé, profondément croyant et pieux, grand travailleur méthodique, artistiquement doué et bon dessinateur, un grand causeur, mais parfois trop critique et « trop strict sur certains principes ».

Nommé au Burundi, Jean embarque le 25 septembre 1946 à Anvers à bord du bateau à vapeur Capitaine Paret. Arrivé le 17 novembre, il débute à Bukeye pour l’apprentissage du Kirundi. Suivent alors Ruganza et Gitega, où il devient curé en 1951. « La population chrétienne, écrit-il dans une lettre au provincial de la Belgique, est actuellement de 33.573 et je vous avoue tout de suite que pour le personnel que nous sommes, c’est trop. 1.118 baptêmes d’adultes – 1.712 baptêmes d’enfants, sans compter ceux administrés en danger de mort : 476 ; plus de 100.000 confessions, plus d’un demi-million de communions : c’est tout de même impressionnant. » Les régionaux de l’époque (les PP. Hellemans et Van Hoof) notent à plusieurs reprises que Jean se fatigue beaucoup. Après son premier congé en 1956, il retourne à Gitega, d’où il fonde la paroisse de Nyabiraba. Il reste curé de cette paroisse jusqu’en 1965. Il fait alors une première année à Lumen Vitae.

De retour au Burundi en septembre 1966, Jean regagne l’archidiocèse de Gitega, où il est nommé animateur diocésain pour la catéchèse ; il devient aussi membre de la Commission pour la Liturgie et la Catéchèse. Il est également chargé de la construction du Centre catéchétique. En 1970 il assure pendant six mois la direction de l’Ecole des catéchistes à Mutumba. Pendant son congé de 1970 il fait, à la demande de son évêque, Mgr. Makarakiza, une deuxième année à Lumen Vitae et obtient une licence en catéchèse et pastorale. De retour il continue son travail d’animateur diocésain jusqu’à son expulsion du Burundi au début du mois d’avril 1973, ou plus précisément jusqu’au « refus d’autorisation de retour au Burundi », car il se trouve en Belgique pour une intervention chirurgicale.

Sa réaction ? « J’avais d’abord pensé dire ’adieu à l’Afrique pour toujours’, mais le désir de Lucien (Van Wielendaele, provincial de Belgique) de me voir témoigner de l’Evangile de la même façon authentique dans un autre endroit en Afrique’ m’a semblé comme un signe de Dieu qui me dit sa volonté sur moi. » (Lettre du 21 mai 1973 au régional du Rwanda, Jules Severy). Le 5 septembre Jean s’envole pour le Rwanda.

Il est nommé à Rutongo, où la même équipe s’occupe de la paroisse et de l’Ecole des catéchistes et où la formation des laïcs est une priorité absolue. Jean fait agrandir sensiblement les bâtiments de l’Ecole. Fin 1980 Jean vient en congé et suit la session-retraite à Jérusalem. Entretemps, l’archevêque de Kigali, Mgr. Vincent Nsengiyumva, a décidé d’ouvrir une propédeutique pour futurs grands séminaristes dans les bâtiments de l’Ecole des catéchistes, obligeant ainsi les Pères Blancs à quitter Rutongo. Jean est nommé à Nyamirambo, une des paroisses de la ville de Kigali. La transition fut une vraie épreuve. Sans la responsabilité de professeur-formateur, il se sent inutile. Il frôle la dépression nerveuse. « Son départ du Burundi reste une plaie ouverte…, écrit le régional Dominique Mallet, avec l’impression que là-bas il était apprécié à sa juste valeur, pas ici ». Pourtant les chrétiens l’apprécient et aiment entendre ses homélies soigneusement préparées, où les traces du Kirundi suscitent des réactions sympathisantes.

A l’approche de ses 70 ans, Jean trouve qu’il est temps de regagner le pays. En 1990 il prend lui-même contact avec nos confrères de Dongelberg pour s’informer de leur travail. Le 18 juillet 1991 il quitte définitivement l’Afrique et le 15 novembre il s’installe à la cure de Dongelberg comme curé de la paroisse et supérieur de la communauté, ses deux confrères étant en charge d’autres paroisses voisines. Trois mois plus tard Jean écrit à un confrère du Rwanda : « Le passage n’a pas été facile. Je visite les 140 maisons du village pour faire connaissance. Je m’occupe de la catéchèse des enfants de la 1re année (ils sont 2) et de la 2e année (ils sont 8) préparatoire à la Profession de la Foi. Mais quel combat ! Après une heure je suis fichu. Je préfère avoir 100 Rwandais devant moi que »ces enfants blancs« remuants et nerveux ! La messe en semaine : 1 personne. J’ai la nostalgie des messes en semaine à Nyamirambo, avec 150 à 200 personnes priantes ! » N’empêche que Jean y sera heureux et aimé de ses paroissiens. Début 2002 la Province n’a plus le personnel pour assurer le service des trois paroisses de Dongelberg et alentours et en accord avec l’évêque du Brabant wallon, Mgr. Van Cottem, les confrères se retirent. Jean rejoint notre communauté de La Plante à Namur. Il y reste une dizaine d’années, paisible, souriant, égal à lui-même. En mai 2013 il accepte de s’installer à Evere, pour s’approcher davantage de sa famille, mais aussi parce que c’est une maison médicalisée, dont il a de plus en plus besoin.

Suite à un cancer généralisé, sa fin de vie vint assez rapidement. Il a reçu le sacrement des malades, bien conscient et entouré de ses confrères. Ses dernières conversations concernaient le Burundi, son premier amour en Afrique. Il ne souffrait pas et s’est éteint paisiblement le samedi 12 juillet, au matin. Il avait écrit en 2001 : « Il n’y a d’ailleurs qu’une chose importante dans la vie : celle de s’aimer, d’aimer tous ceux que Dieu met sur notre chemin, de n’être jamais contre personne, de faire le bien toujours ».

  La liturgie d’action de grâce aura lieu le samedi 19 juillet, à 10 heures, en l’église Saint-Vincent, Place Saint-Vincent, 1140 Evere, suivie de l’enterrement à Varsenare.
Ceux qui désirent concélébrer apportent une aube et une étole blanche.
 

Une collation sera offerte à la famille et aux confrères dans l’Hôtel Mercure, avenue Jules Bordet 74 – 1140 Evere.

 
Jef Vleugels
 

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