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L A V I G E R I E . be
Algérie

Où allons-nous ?

Témoignage
vendredi 10 janvier 2014 par D.F. (Vertaling), Jan Heuft, Webmaster

Il n’y a pas bien longtemps, j’avais le privilège de partager pendant quelques jours les « joies et les peines » avec un petit groupe de migrants Sénégalais, qui venaient de rentrer dans leur pays. Ils me racontaient comment leur pirogue, dans le ressac devant la côte de leur pays, s’était cassée en deux, comment ils avaient réussi à rassembler les deux morceaux, mais comment certains n’y avaient pas survécu et que leurs corps avaient été jetés par dessus bord.

Cependant ils ne voulaient pas laisser tomber leur projet et ils avaient continué leur voyage. Une partie de leur groupe était parvenue vivante jusqu’à la côte espagnole après des journées de privations et d’angoisses terribles. A leur grande déception lors de leur arrivée, ils furent immédiatement mis en détention et, après quelques semaines, renvoyés dans leur pays d’origine.

Pendant qu’ils racontaient leur histoire, on pouvait encore lire les angoisses et les déceptions sur leurs visages. Moi-même j’en avais vraiment la chair de poule. Ces jeunes gens n’avaient pas réalisé leur rêve de jeunesse. Malgré tout, revenus dans leur pays, ils ont repris le fil de la vie avec beaucoup de courage et, ensemble, ils ont créé une coopérative pour la clarté de la mer et une bonne pêche. Ils se portent maintenant très bien.

Cette histoire émouvante, me fait penser à la traversée du lac en bateau par Jésus avec les apôtres (Math. 8, 23-27 ; Marc. 4, 35-41). Le bateau entrait dans un orage et n’avançait plus ; les apôtres avaient peur et ils se croyaient perdus : et Jésus leur reprochait d’être «  des hommes de peu de foi  ». Il les apaisait et tous arrivaient sains et saufs.

Toutes les aventures ne se terminent pas aussi bien et il y a des victimes qui tombent. Il est cependant très important d’avoir dans la vie une « vision » , un but. Un important économiste Sénégalais nous racontait dans son exposé d’accompagnement pendant notre visite, qu’aucun développement d’un pays n’est possible sans une vision ferme. Il en est de même pour la vie sociale et spirituelle : Croire dans un « Etre Supérieur » nous donne une orientation claire, une certaine stabilité, cela nous donne de vivre et nous fait vivre.

Lors de la fête des 3 rois mages, le 6 janvier, je lis toujours avec plaisir l’histoire (Math. 2, 1-6) des trois sages qui se mettaient en route pour trouver Jésus. Pour cela ils suivaient une étoile qui leur indiquait la direction. Eux aussi avaient une vision, un but devant les yeux : trouver le Seigneur et L’adorer.

Dans notre centre d’accueil à Alger je raconte souvent cette histoire à des gens qui, découragés, viennent frapper à notre porte. En plus je fais remarquer que l’un des sages avait une peau de couleur noire. Ensemble ils forment déjà l’expression d’une communauté multiculturelle ! Dieu est là pour toutes les cultures et toutes les races.

La télévision nous présente chaque jour des images de situations effroyables. C’est sans doute la Syrie qui est le plus abominable de chaque jour. Comment continuer à croire dans un monde meilleur de paix et de justice, oui, dans la Bonne Nouvelle ?

Le mois dernier 92 personnes sont mortes dans le désert du Niger, dont 52 enfants et 33 femmes. Aissa, 24 ans, qui a survécu, nous racontait l’histoire horrible d’enfants qui pleuraient et criaient et qui sont décédés par manque d’eau et de nourriture. C’était affreux à voir et à entendre. De longues nuits encore il reste réveillé ! Et malgré tout il continue de croire dans un Créateur, dans un avenir meilleur.

Aussi avons nous prié ensemble dans une profonde affection mutuelle. Souvent je pense également que la vocation de missionnaire consiste à se trouver « dans le ressac » de la vie, un peu comme un «  phare  » qui indique la direction. Certainement une tâche difficile qui exige du contenu intérieur, de la prière et de la médiation personnelle.

Les quatre diocèses en Algérie ont commencé une réflexion interdiocésaine en profondeur pour réfléchir sur la présence de la communauté chrétienne en Afrique du Nord. Cette région a connu aux origines de la chrétienté une Eglise florissante. Peux-tu dire aujourd’hui que cette Eglise n’existe plus ou devons-nous découvrir que Dieu peut être et est présent sous d’autres formes ? Peut-être qu’alors nous parlerons davantage de « Royaume de Dieu » et moins « d’être Eglise ». Mais est-ce tellement grave ? Ne devons nous pas laisser l’Esprit faire son travail et nous-mêmes être seulement le «  pinceau de lumière du phare  » dans la mer impétueuse de notre temps ?

Mais alors nous devons prendre soin que cette lumière ne s’éteigne pas !

Fr. Jan Heuft, Père Blanc
Alger
 

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