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L A V I G E R I E . be

Le Père Regnier Pirard

mercredi 18 décembre 2013 par J.V.
  Hier matin, le 16/12/2013, nous avons appris le décès de notre confrère
 
Regnier Pirard


au Foyer Sainte-Anne, où il venait d’arriver depuis à peine quelques jours. Personne ne s’y attendait. La veille des membres de sa famille avaient encore discuté avec lui des arrangements de sa chambre…

Regnier est né le 21 août 1927, à Nessonvaux, en province de Liège. Il était le cadet d’une famille nombreuse et très chrétienne. Son père était meunier. Après l’école primaire à Nessonvaux et à Pepinster, il suivit les humanités gréco-latines au collège Saint-François-Xavier à Verviers et au collège royal Marie-Thérèse à Herve.

En septembre 1945 il entra chez les Pères Blancs à Thy-le-Château, fit son noviciat à Varsenare et ses études de théologie à Heverlee, où il prononça son serment missionnaire le 21 juillet 1951 et fut ordonné prêtre le 12 avril 1952, par Mgr. Geeraerts. Il fut ensuite envoyé à l’université de Louvain, où il obtint une candidature en Sciences biologiques. Il avait eu du mal à se remettre aux sciences exactes, après tant d’années d’études spéculatives. Il écrivait avec un brin d’humour : « Si toutefois je ne suis pas encore un acharné scientifique, j’espère rester un acharné de l’essentiel, c’est-à-dire du Christ au service des Missions. »

Le 4 novembre 1955 Regnier s’envola pour le Burundi. Il fut nommé dans le diocèse de Ngozi, chez Mgr. Martin. Il débuta à Kitaramuka, où il se mit à l’étude de la langue. En août 1956 il est vicaire à la paroisse de Musenyi et une année plus tard professeur au Petit séminaire de Mureke. Il y a de très bonnes relations avec ses collègues et avec les élèves, note le régional de l’époque, le père Michel Braekers. Ce dernier – et ce n’est pas le seul – ajoute que Regnier veut de l’efficacité partout et immédiatement ; qu’il attache trop d’importance à certains détails. « Il ne sait pas assez perdre son temps à écouter. » Le régional souligne aussi que Regnier préfère la mission à l’enseignement. Durant l’année 1958, sa deuxième année au Petit séminaire, il doit aller se reposer en paroisse, ayant trop demandé de ces forces, psychologiquement fatigué. Il passe quelques mois à Kasenyi et à Mukenke ; en janvier 1960, il est nommé à Busiga, où il reste jusqu’à son premier congé en Europe en juin 1962, pendant lequel il fait la grande retraite à Villa Cavaletti. Son congé se prolonge un peu à cause de la santé de sa maman. Il repart pour le Burundi en juin 1963, par voie maritime cette fois-ci. Il retourne à Kasenyi comme vicaire. En juin 1965 il devient curé à Muramba. Il a, entre-temps, largement eu le temps de montrer qu’il possède aussi des aptitudes pour les travaux matériels et les constructions. En avril 1968, il prend son deuxième congé en Europe, dont deux mois de repos en Suisse. Il s’interroge sur sa capacité de continuer au Burundi.

Le premier janvier 1969, Regnier est nommé à l’animation missionnaire, à partir de la communauté de Heusy. Il se sent moins attiré par les tournées dans les écoles secondaires, dont les confrères de Thy, bien plus jeunes que lui, s’occupent fort bien. Il cherche plutôt à collaborer avec les instances missionnaires au niveau des diocèses, dont il voudrait faire des organisations vivantes, en relations vraies avec leurs missionnaires ad extra (Fidei Donum, par exemple) et ouvertes à de nouvelles vocations missionnaires parmi le clergé. En 1971 il fait un voyage au Mali, en passant par l’Afrique du Nord (Oran). Il s’engage à fond dans les OPM du diocèse de Liège et collabore à la formation des ’animateurs de la Foi chez les jeunes’. Il collabore de près avec les Dominicaines-Missionnaires de Namur, qui, en 1976, organisent à Salzinnes une exposition sur l’art rwandais, intitulé « Incroyable Vie ». Suite au succès de cette exposition, il fait un montage sur le thème : ’En route sur le charisme de Saint-Dominique, Apôtre du salut et de la Vérité’. En 1976 sa correspondance avec le provincial montre bien qu’il pense sérieusement à son retour au Burundi. Pour le mois d’octobre 1977, il prépare avec Sœur Pascale Crèvecoeur des Dominicaines Missionnaires, une brochure OPM d’une quarantaine de pages, intitulée « Les prophètes tels que Dieu les choisit ». Ensuite il va se ressourcer à l’Arbresle pendant deux mois et demi.

Le premier janvier 1978, le voilà de retour au Burundi, vicaire à Gatara (dioc. Ngozi). Il trouve là des confrères lancés depuis quatre ans dans un projet pilote, qu’il décrit lui-même comme suit : « Accompagner les communautés de base et former en profondeur les animateurs de celles-ci tant spirituellement que pastoralement. Ce qui oblige à faire des changements radicaux dans les méthodes suivies jusqu’ici. Nous avons toute latitude de faire des expériences nouvelles. C’est passionnant ! » Mais c’était sans compter avec les expulsions de 1979… et la maladie qui le rattrapait.

En janvier 1980 il est obligé de rentrer en Belgique. Après quelques mois de traitements et de repos à Heusy (entrecoupés de mini-sessions spirituelles de tout genre mais principalement ignatiennes), Regnier accepte de rejoindre la communauté de Philippeville. Fin 1982, le Doyen lui demande d’animer, dans le doyenné, la préparation du Synode du diocèse de Namur en 1985. « Conseil pris, j’acceptai et pus profiter de mon expérience de Gatara : commencer par prendre contact avec les gens qui le souhaitaient, faire des visites aux curés, proposer des assemblées paroissiales pour sensibiliser au synode et surtout constituer une petite équipe d’animateurs. Vraiment, je me sentais revivre et considérais cet apostolat comme une Mission à remplir. » (Extrait d’une lettre de mars 2000). En octobre 1984, Regnier fut stoppé net par un infarctus. En 1989, il rejoint la communauté de Heusy, où il continue à rendre service à la paroisse. En 1992, il est touché par un accroc vasculaire cérébral. Un confrère lui fait alors découvrir ’la divine douceur’, dont parle Maurice Bellet dans son petit livre « L’épreuve, ou le petit livre de la divine douceur ». « En le lisant par petites tranches, écrit Regnier, je me suis bagarré avec ’la divine douceur’. »

En 2005, la maladie de Parkinson l’oblige à renoncer à toute activité pastorale, à conduire, à se tenir debout à l’autel… « Pour moi, conclut-il, être missionnaire c’est laisser la divine douceur pénétrer dans tout mon être, mais aussi être attentif à ce qu’elle produit chez tous ceux et celles qu’il m’est donné de rencontrer. » (Voir P.E. 2009/07, p.418)

  La liturgie d’adieu aura lieu le samedi 21 décembre 2013, à 11 heures, en la chapelle du Foyer Sainte-Anne, rue du Belvédère 44 – 5000 Namur (Salzinnes).
Les concélébrants sont priés d’apporter aube et étole blanche.
L’enterrement aura lieu dans notre cimetière à Varsenare.
 

Une collation sera offerte dans les locaux des Pompes funèbres Laloux, en face de la maison de nos confrères.
Avertissez si possible le père Jean-Marie Hougardy de votre présence.

 
Jef Vleugels
 

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