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L A V I G E R I E . be
DOSSIER TIME TO GO

KERNWAPENS WEG UIT BELGIË
LES ARMES NUCLÉAIRES HORS DU PAYS

samedi 30 novembre 2013 par J.V.


Historique

Le 23 octobre 1983 eut lieu à Bruxelles la plus grande manifestation que le pays a jamais connue : 400.000 personnes manifestaient pacifiquement pour s’opposer à l’installation d’armes nucléaires en Belgique. Trente ans plus tard, des armes nucléaires se trouvent toujours à Kleine-Brogel au Limbourg, 10 fois plus puissantes que celles qui causèrent les atrocités de Hiroshima et Nagasaki (d’après un journaliste).

Les faits

Il s’agit de fait d’armes nucléaires américaines. Deux pays européens les ont déjà fait reprendre par les USA, notamment la Grèce et la Grande-Bretagne. Cinq pays les supportent encore sur leur territoire : la Belgique, la Hollande, l’Allemagne, l’Italie et la Turquie. Malheureusement ces cinq pays n’arrivent pas encore à accorder leurs violons. Remarquez que, si ces cinq pays arrivent à s’en débarrasser, l’Europe ne sera pas encore dénucléarisée, puisque la Grande-Bretagne et la France disposent de leurs propres armes nucléaires.

Les bonnes résolutions

Mentionnons d’abord les discours du président américain Barack Obama. A deux reprises il a rendu publique sa vision d’un monde sans armes nucléaires : à Prague en 2009 et de nouveau en juin 2013 à Berlin. Après des décennies de blocages concernant le traité de non-prolifération des armes nucléaires, les discussions sur le désarmement nucléaire deviennent de nouveau possibles.

En Belgique, l’accord gouvernemental de décembre 2011 stipulait : « Le gouvernement plaide pour la revitalisation et l’application du traité de non-prolifération. La Belgique s’engagera résolument en faveur d’initiatives internationales qui visent à la continuation du désarmement – y compris nucléaire – et à l’interdiction de systèmes d’armement à portée non-contrôlée et/ou dont le nombre de victimes est disproportionnellement élevé ». De belles paroles donc, mais restées lettre morte jusqu’à ce jour.

Fin 2010, les anciens Premiers ministres Jean-Luc Dehaene et Guy Verhofstadt, ainsi que l’ex-secrétaire général de l’OTAN Willy Claes ont signé une tribune plaidant pour la disparition des armes nucléaires en Europe. Pour soutenir la campagne « Time to Go » des mouvements pacifistes belges, ils ont demandé dans une vidéo que toutes les bombes atomiques américaines entreposées à Kleine-Brogel soient enlevées. « La disparition des armes nucléaires à Kleine-Brogel est une étape importante vers un monde sans arme nucléaire. Il est grand temps qu’elles soient boutées hors de notre pays », expliquent-ils.

Urgence

Dans les milieux gouvernementaux on parle de plus en plus de l’urgente modernisation de la vingtaine de bombes nucléaires B-61 et de leurs porteurs, les F16. Le coût de cette modernisation peut atteindre 25 millions par bombe (aux frais des USA) et 150 millions pour les nouveaux porteurs, les F35 ou Joint Strike Fighter (aux frais de notre pays). Au mois d’août, plusieurs médias rapportaient qu’un accord secret avait été conclu entre la Belgique et les Etats-Unis afin de moderniser l’arsenal nucléaire présent sur le sol belge. Le ministre de la Défense Pieter De Crem avait alors nié que le gouvernement ait pris « une décision formelle ou informelle ».

La manifestation du 20 octobre 2013

Celle-ci se déroula dans le parc du Cinquantenaire à Bruxelles. Selon les organisateurs, les armes nucléaires entreposées en Belgique, dont l’existence n’a jamais été reconnue officiellement, sont « inutiles, chères et dangereuses ». « La majorité des Belges ne veut pas de ces armes. Le gouvernement Di Rupo s’est engagé à travailler pour un monde sans arme nucléaire, mais on attend toujours les gestes concrets. » Les différentes associations demandent au gouvernement de procéder à court terme au désarment nucléaire, "en commençant par la vingtaine de bombes américaines B-61 (armes tactiques) stationnées à Kleine-Brogel. (Belga)

La campagne «  Time to go  » présentait au gouvernement et à l’opinion publique cinq arguments en faveur de l’éloignement des armes nucléaires du sol belge.

  1. Le danger que représente la présence des armes nucléaires, car une utilisation éventuelle entraînerait une catastrophe. Et les accidents sont toujours possibles [1].
  2. L’humanité, car les conséquences d’une attaque nucléaire seraient catastrophique pour la population, la nature et l’infrastructure dans les environs très éloignés.
  3. Le droit international : la présence d’armes nucléaires sur notre sol est en contradiction avec le Traité de non-prolifération de 1986.
  4. L’inutilité. De plus en plus on entend dire dans les milieux militaires et diplomatiques américains que leurs armes nucléaires en Europe n’ont plus aucune utilité [2] .
  5. Le coût excessif de la modernisation envisagée de ces armes et de leurs porteurs.

Les associations organisatrices demandent à la Belgique de prendre l’initiative et de donner l’exemple, comme elle l’a fait pour les mines antipersonnel et les munitions à fragmentation.

  • Dat is niet zo simpel

    In het regeerakkoord belooft de regering te ijveren voor internationale initiatieven met het oog op een verdere ontwapening. Daarop antwoordt atoomexpert Hans Kristensen van de Federation of American Scientists (FAS) : « Als de Belgische regering het echt meent en in Europa vooruitgang wil boeken op dit thema, dan moet het dat thema op tafel leggen, en haar eigen beslissing doorduwen om de wapens uit België te laten terugtrekken. Dat kan België zelf beslissen, al hangt het natuurlijk ook samen, met de Nato. België moet het thema dus intern binnen de Nato aankaarten, maar het ook direct met de VS bespreken. Het moet Washingthon laten weten dat het een plan voor de verwijdering van de wapens wil zien, binnen een redelijk tijdskader. Als je naar andere landen kijkt om beslissingen te nemen, zal er niets gebeuren ? »
    (Artikel in MO* n° 108 van oktober 2013, blz.20)
  • Maar…

    Volgens de huidige regering zou het regeerakkoord aangaande de kernwapens niet kunnen worden uitgevoerd, want het gaat om een Silence Procedure. De Amerikaanse aanvraag voor de vernieuwing van de kernwapens in België dateert reeds van 2007, toen Verhofstadt eerste minister was en Flahaut (PS) minister van defensie. Als de regering niet reageerde voor 18 mei 2007, werd dat beschouwd als stilzwijgend instemmen. En er werd niet gereageerd. Daarom beweert de huidige minister van defensie De Crem (CD&V) dat er niets meer te doen is.

L’argument de la dissuasion nucléaire

« Pendant tout le temps de la guerre froide, les idéologues de la dissuasion nucléaire ont assuré que l’équilibre des terreurs était la meilleure garantie pour la sécurité des peuples et la paix du monde. Lorsqu’on contestait la logique de la course aux armements nucléaires, en faisant valoir qu’il n’était pas raisonnable de prendre pour se défendre le risque de se détruire, on était aussitôt accusé de »pacifisme", c’est-à-dire de défaitisme et de forfaiture. Pourtant force nous est de reconnaître qu’en 1989, ce ne sont pas les armes nucléaires de l’Occident qui ont fait tomber le mur de Berlin. En réalité, c’est la résistance non-violente des citoyens des sociétés civiles de l’Europe orientale qui a provoqué l’effondrement des régimes totalitaires de l’Est.

Lorsque le mur de Berlin s’effondre, l’ère de Yalta prend fin. Ainsi, la chute du mur de Berlin a provoqué une transformation radicale du paysage stratégique international. Cela oblige les gouvernements à redéfinir les enjeux politiques, diplomatiques, militaires, sociaux et économiques des choix effectués en matière de défense. Certes, les menaces de toutes natures qui pèsent sur la dignité et la liberté des hommes sont bien réelles en Europe et partout dans le monde, mais, de toute évidence, ce ne sont pas les armes nucléaires qui permettront d’y faire face.

Dans le nouveau paysage stratégique dessiné en Europe, l’arme nucléaire n’est-elle pas devenue obsolète ? Aucun scénario crédible ne peut être construit qui permettrait, par la possession de l’arme nucléaire, de faire face aux dangers du monde et aux menaces pesant sur la paix. Aucun scénario ne peut faire valoir la faisabilité de l’emploi de l’arme nucléaire, et si l’emploi n’est pas possible la menace elle-même devient inutile. Dès lors, l’arme elle-même perd sa raison d’être. La pensée stratégique se trouve ici devant un grand vide conceptuel. Par lui-même, ce vide suffit à délégitimer l’arme nucléaire.

La dissuasion nucléaire est rigoureusement inopérante face aux nouvelles formes de la guerre et aux menaces concrètes qui se manifestent aujourd’hui. Force est de reconnaître que, depuis la fin de la guerre froide - à vrai dire, c’était déjà le cas pendant la guerre froide -, les armes nucléaires n’ont permis d’éviter aucun des conflits meurtriers qui ont éclaté en plusieurs régions du monde, et qu’elles n’ont pu en résoudre aucun. En outre, depuis les attentats meurtriers qui ont été perpétrés ces dernières années en de nombreux pays, chacun a pu prendre conscience que face à de tels actes accomplis avec des moyens rudimentaires et mis en œuvre par des commandos terroristes ou des sectes fanatisées, l’arme nucléaire n’ exerce aucune dissuasion.

Le nouveau contexte géostratégique européen et mondial a ouvert l’opportunité d’un désarmement nucléaire général et complet sous un contrôle international strict. Dès lors que la mise en œuvre de la dissuasion nucléaire n’offre aucune réponse pertinente aux différents types de conflits auxquels les États se trouvent confrontés sur la scène internationale, aucune raison convaincante ne peut conduire les États à vouloir maintenir ou prendre leur place dans la course aux armements nucléaires. Celle-ci accentue la menace qui pèse sur la « sécurité commune » des peuples et des nations. Il est donc urgent que les cinq puissances nucléaires officielles réduisent unilatéralement leurs arsenaux et prennent conjointement l’initiative d’une négociation internationale visant à l’élimination concertée des armes nucléaires. Cette élimination est désormais possible. Certes, il ne s’agit pas de « désinventer » l’arme nucléaire. Il s’agit, face aux risques de prolifération et de dissémination, de maîtriser les dangers qu’elle a apportés à l’humanité. Pour cela, l’élaboration d’une Convention sur l’interdiction des armes nucléaires, sur le modèle de celle qui proscrit les armes chimiques, serait une puissante contribution au renforcement de la paix dans le monde."

Jean-Marie Muller, Dictionnaire de la non-violence, pp.44-47 (en résumé).

Le fond de la question : la poutre de l’injustice dans notre propre œil…

« Depuis la chute du mur de Berlin, en 1989, la justification humanitaire avancée de plus en plus souvent pour le maintien des forces militaires et leur intervention comme moyen ultime (ultima ratio) pour créer la paix et la justice dans le monde aide à nous cacher à nous-mêmes la vraie justification : pour maintenir la répartition inégale existante des biens vitaux de cette terre, il faut la force militaire et le pouvoir économique porté par ces forces militaires. Pour rendre justice aux innombrables victimes de l’injustice économique, il n’y a besoin ni de forces militaires, ni d’interventions non militaires, mais d’un changement de comportement des états riches qui ne sont pas puissants militairement par hasard. D’un côté, les forces militaires sont un pilier du système du partage inégal entre pauvres et riches, d’un autre côté elles sont elles-mêmes, par leur coût énorme, une partie importante du problème de l’injustice mondiale qu’elles s’offrent de résoudre ponctuellement. Le fait de croire que nous devons garder les forces militaires en réserve pour rétablir ailleurs la paix, l’ordre et la justice, en d’autres termes, retirer la paille de l’œil des groupes de population souffrants, nous empêche de voir la poutre de l’injustice dans notre propre œil. »

(Ullrich Hahn, du MIR – Mouvement international de la réconciliation – allemand,
cité par Michel Callewaert, Un amour subversif. Jésus, l’Eglise et la légitime défense , Fidélité/Cerf, 2011, p.188.

[1En 2000 le sous-marin flambant neuf russe, le Koersk, coulait ; en 2012 un incendie se déclara à bord d’un autre sous-marin russe ; en 2006 du matériel nucléaire fut envoyé à une destination erronée ; en 2007 un transport aérien de missiles de croisière survolait les Etats-Unis sans autorisation ; en 2008 un incendie se déclara dans un silo de missiles américain ; en 2009 un sous-marin britannique entra en collision avec un sous-marin français…

[2Kristensen : « Ze zijn niet langer nodig, want ze dienen niet langer een militair doel. Vergeet niet dat ze in Europa zijn geïnstalleerd om te voorkomen dat het Socjetleger Berlijn zou binnenvallen. Dat tijdperk is voorbij. Dus kunnen ze weg. Zo eenvoudig is het. » (o.c. blz. 21)


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