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L A V I G E R I E . be

Lignes de fracture N°74 Breuklijnen

Août - Augustus 2013
vendredi 6 septembre 2013 par J.V.

  LE SAINT-SIÈGE PROFONDÉMENT OPPOSÉ À UNE INTERVENTION EN SYRIE

Dans son édition du lundi 28 août, l’ Observatore Romano ne cachait pas son opposition à une intervention militaire des Occidentaux en Syrie. Le quotidien du Vatican relayait ainsi les propos du nonce apostolique à Damas, Mgr Mario Zenari, exhortant, ces dernières semaines, à la prudence et à la sagesse. L’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU, Mgr Silvano Tomasi, avait, lui, affirmé un peu plus tôt ; qu’au vu de « l’expérience au Moyen-Orient, en Irak, en Afghanistan, de telles interventions armées n’apportaient aucun résultat constructif. »

Cela risquerait même d’entraîner « une guerre mondiale », s’est alarmé à son tour Mgr Antoine Audo, évêque chaldéen d’Alep, appelant de ses vœux « une force internationale qui aide à dialoguer ». Dans le même sens, le pape avait rappelé à la communauté internationale, lors de l’Angélus du 25 août, que « ce n’est pas l’affrontement qui offre des perspectives d’espérance pour résoudre les problèmes, mais la capacité de rencontre et de dialogue ».

Cette position manifestement unanime au sein de l’Eglise s’appuie traditionnellement sur la doctrine de la « guerre juste », progressivement définie par l’Eglise pour arbitrer entre les devoirs évangéliques de non-violence et de solidarité avec les plus faibles. Sept critères sont habituellement utilisés pour décider si le recours à la violence est tolérable, et donc justifiable à un moment donné.

Il faut d’abord une cause juste. Dans le cas syrien, il est évident, explique Mgr Gérard Defois, archevêque émérite de Lille et ancien président de Justice et Paix Europe, « qu’attaquer une population civile avec des armes chimiques est inhumain et que l’on doit légitimement protéger des vies innocentes ». Mais à ses yeux, les six autres critères ne sont pas remplis. Car il faut une autorité compétente, en l’occurrence ici l’ensemble du Conseil de sécurité de l’ONU : « Une action qui passerait outre au veto de la Russie et de la Chine risquerait de reproduire la division de jadis entre blocs de l’Ouest et de l’Est, avec de graves conséquences. » Il faut encore mettre en œuvre une justice comparative, en considérant qu’il n’y a jamais de « justice absolue » d’un seul côté. Or, s’interroge Mgr Defois, « les Occidentaux ont-ils cherché à comprendre les motivations du président Assad ? »

Il faut encore une intention droite, à savoir vouloir obtenir la paix à moyen terme. Cinquième critère, il faut avoir épuisé tous les autres recours : « Dans quelle mesure les diplomates américains et européens ont-ils essayé d’arranger les choses, alors même qu’ils se sont précipités trop vite au secours des rebelles ? », demande encore Mgr Defois. Le sixième critère concerne la probabilité de succès : « Or les interventions armées de l’Occident prouvent que la paix des peuples n’y a rien gagné. » Enfin, le critère de la proportionnalité entre les dommages infligés et le bien que l’on espère du recours aux armes ne se trouve pas non plus vérifié.

Toutefois, Mgr Luc Ravel, évêque aux armées, trouve que ces critères ne sont plus adaptés à la situation actuelle, dans la mesure où en Syrie – comme en Libye en mars 2011 – il ne s’agit pas à proprement parler d’une guerre (un conflit entre nations, selon la définition usuelle), mais d’une intervention motivée par la « responsabilité de protéger ». Les critères habituels du droit international de la guerre sont brouillés : « Certes il ne devrait pas y avoir de victimes parmi les civils innocents, mais comment distinguer les civils, quand n’importe qui a une kalachnikov et que les femmes peuvent se révéler être des combattantes ? »

Pour autant, Mgr Ravel s’oppose catégoriquement à toute intervention en Syrie, estimant que les Occidentaux ne feraient que « des nœuds supplémentaires en croyant dénouer la pelote de fil » et « qu’une petite tape sur la main d’Assad ne suffira pas à l’arrêter ! »

Claire Lesegretain in La Croix du 29 août 2013
 
« A ce jour, la seule guerre civile syrienne, a fait plus de victimes arabes que l’ensemble des guerres israélo-arabes. »
Dominique Moise
de l’Institut de Sciences Politiques à Paris
(août 2013)
 

Compilateur/compositeur responsable : Jef Vleugels, rue Charles Degroux 118 – B-1040 Bruxelles


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