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missionnaires d’afrique

L A V I G E R I E . be

Le Père Jean Lefebvre

jeudi 1er août 2013 par J.V.
  Cette nuit un coup de téléphone de Namur nous apprit que notre confrère
 
Jean Lefebvre


était décédé la veille, le mardi 30 juillet 2013 vers 23h20. Il était à l’hôpital depuis une quinzaine de jours et souffrait beaucoup.

Jean est né le 26 juillet 1932 à Sart-Dames-Avelines dans le Brabant wallon. En 1940 la famille s’établit à Saint-Gilles (Bruxelles) et Jean y suivit l’école primaire. Il fit ensuite les humanités gréco-latines au Collège Sint-Jean-Berchmans à Bruxelles, mais acheva la rhétorique au collège Cardinal Mercier à Braine-l’Alleud. Il était scout convaincu et s’engagea pendant les vacances dans les camps de l’Abbé Froidure pour les jeunes défavorisés. En septembre 1953 il entra chez les Pères Blancs à Thy-le-Château, pour suivre ensuite la filière normale : noviciat à Varsenare (1955-1956) et théologie à Heverlee, où il prononça son serment missionnaire le 4 juillet 1959 et fut ordonné prêtre le 2 février 1960. Ses professeurs soulignent son caractère charmant, attentif, simple, dévoué, « une cœur d’or », son esprit surnaturel, « un missionnaire sur lequel on pourra compter ». Puisqu’il souffrait de rhumatisme depuis sa jeunesse, Jean avait demandé d’être envoyé dans un pays au climat pas trop humide : il fut nommé au Rwanda.

Il partit le 15 octobre 1960 pour le diocèse de Nyundo, chez le premier évêque rwandais, Mgr. Bigirumwami. Au début les nominations se succèdent : vicaire à Muhororo, à Kibingo, à Birambo. En août 1964, il peut enfin aller suivre le cours de Kinyarwanda au Centre de Langues (CELA) de Kigali, du moins pour quelques mois. En effet, à la mi-novembre nous le retrouvons vicaire à Muhororo, une année plus tard à Mururu, mais après son premier congé il retourne à Muhororo, où il peut enfin s’investir davantage. Le régional note qu’il faut à Jean une communauté dans laquelle la régularité est de mise. Il se révèle bon économe. Sa connaissance du Kinyarwanda est loin d’être parfaite, ce qui le handicape fort pour les instructions. Après la grande retraite à Villa Cavaletti, Jean est nommé, en janvier 1973, à Mushaka, où il devient curé en avril 1975. Il le restera jusqu’en novembre 1981, lorsque, après la session/retraite à Jérusalem et à sa propre demande, il est nommé à Muramba, l’une des plus grosses paroisses du pays. Jean y sera heureux, surtout depuis qu’un confrère y a lancé des groupes du Renouveau charismatique, où Jean va s’engager avec beaucoup de joie. Jean est un optimiste et, note un autre régional,« il sème l’optimisme autour de lui ».

En 1983, le papa de Jean meurt après une longue maladie. Plusieurs fois on lui avait demandé s’il fallait rappeler Jean, mais il avait toujours répondu : « Il faut laisser Jean à son travail au Rwanda ».

En 1990 la paroisse de Muramba passe au clergé diocésain et Jean prend un temps sabbatique. Il s’inscrit pour le cycle de trois mois à Lumen Vitae. De retour au Rwanda, Jean est à nouveau nommé à Mushaka, qui fait maintenant partie du diocèse de Cyangugu, détaché en 1981 du diocèse de Nyundo. Une année plus tard, nouveau changement de diocèse : Jean est nommé à Rwaza, dans le diocèse de Ruhengeri, s’approchant ainsi du front ; depuis septembre 1990, en effet, le FPR occupe une partie du Nord du pays. C’est là que Jean sera témoin impuissant du génocide et se dépensera pour nourrir les réfugiés… Au mois mai 1994, les confrères de Rwaza sont évacués ; Jean arrive à Bruxelles le 26 mai… Fin janvier 1995, il est de nouveau à son poste à Rwaza. En juillet 1998, Jean et un autre confrère sont enlevés par un groupe de Hutu mais relâchés deux jours plus tard. Plus de peur que de mal, heureusement. La raison de cette enlèvement n’a jamais été éclaircie. Jean se retire alors quelque temps à l’évêché de Ruhengeri. Après son congé en 1999, il retourne encore à Rwaza pour quelques mois. En septembre 1999 il est nommé à la Maison régionale, responsable et économe de la communauté. Le 3 août 2002, il quitte définitivement le Rwanda et l’Afrique.

En Belgique il est nommé à Clovis, où les confrères desservent une chapelle publique. Jean s’engage aussi dans une paroisse voisine, Saint-Josse, où il est actif dans le catéchuménat et les groupes du Renouveau. Il est aussi économe de la communauté. Toujours désireux de progresser spirituellement, il fait en 2002 la session DMA à Jérusalem et en 2003 la session des 70+ à Rome. Lors du renouvellement de l’équipe d’AMANI, qui demeure au Boulevard Clovis, Jean quitte Bruxelles pour Namur, où il continue à s’engager pastoralement là où on le demande ; il donne aussi un sérieux coup de main à l’économe.

Sa flamme intérieure n’a jamais fléchi. Lors d’une retraite à la Trappe de Rochefort, en juillet 2010, il rédige quelques pages qu’il intitule « Quelques réflexions d’un vieux missionnaire » – il a alors 78 ans – mais qui en réalité ont la fraîcheur d’un néophyte : « Le prêtre doit être un témoin du Christ, un éveilleur de conscience, un passionné du Christ et de l’homme, un être humain proche des gens, des grands comme des petits, des pauvres et des malades, être à l’écoute des hommes et des femmes et parler leur langage. Il convient d’être avant de faire ».

  La célébration eucharistique d’adieu aura lieu le lundi 5 août 2013 à 10 heures en l’église Saint-Pierre-aux-Liens (Avenue Félicien Rops 42 – 5000 Namur), au bord de la Meuse, pas loin de notre maison de La Plante. Elle sera suivie de l’inhumation à notre cimetière de Varsenare.
Pour concélébrer veuillez apporter aube et étole blanche.
 

Une collation nous attendra au 111.

 
Jef Vleugels
 

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