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L A V I G E R I E . be

Le Père Wenceslas de Renesse

mercredi 11 avril 2012 par J.V.
  Le Vendredi Saint, 6 avril 2012, vers 10 heures, notre confrère
 
Wenceslas de Renesse


s’est doucement éteint. La veille au soir il avait encore partagé un verre de vin avec ses confrères pour célébrer le sacerdoce et un confrère était resté auprès de lui – à sa demande, comme s’il avait un pressentiment – jusqu’à ce qu’il s’endorme. Ces dernières semaines il s’était senti fort fatigué.

Le comte de Renesse Breidbach François-Wenceslas est né le 26 août 1916, à Sainte Adresse près du Havre en France, où le gouvernement belge s’était réfugié pendant la guerre. Son père était officier de liaison entre le roi Albert et le gouvernement. Wen, comme on l’appelait depuis sa plus tendre enfance, appartenait à une des plus anciennes familles nobles des Flandres. ’Renesse’ est une cité qui se trouve actuellement dans les Flandres Zéelandaises aux Pays-Bas. A la bataille des Eperons d’or, le 11 juillet 1302, un lointain ancêtre était commandant des troupes flamandes contre la France. La devise séculaire de la famille est In Deo confido , dont Wen dit qu’elle lui était « entrée dans mon sang, au point que, dans mon imaginaire enfantin, je me voyais à genoux devant le Seigneur, lui disant : »Jésus, je n’ai qu’un Roi et suzerain, c’est Toi !"

Après la guerre la famille s’installa à Bruxelles, où le petit Wen commença l’école primaire. Tombé malade, ses parents l’envoyèrent en Suisse. De retour il acheva l’école primaire avec un instituteur privé. Wen fit ses études secondaires à l’Ecole abbatiale de Maredsous. Quand, à la fin de la rhétorique, il déclara qu’il voulait devenir Père Blanc, son père s’y opposa et lui proposa le séminaire des nobles à Rome ou d’entrer chez les Bénédictins… Selon le désir de ses parents, il passa alors deux années d’étude de philosophie et lettres à Namur.

En septembre 1936 Wen entra chez les Pères Blancs à Glymes. Une année plus tard, il fit son noviciat à Varsenare et entama, en septembre 1938, ses études de théologie à Heverlee. En mai 1940 éclate la guerre. Wen passe par Paris et Marseille, s’arrête à Alger, d’où, avec les autres scolastiques en fuite, il gagne Carthage pour achever sa théologie. Il y prononce son serment en juin 1941 et est ordonné prêtre le 4 avril 1942. Les chemins vers l’Afrique étant coupés, on l’envoie faire du ministère à Bizerte, où il connaît les bombardements alliés et soigne les blessés civiles et militaires, allemands et italiens.

En pleine guerre (1943), les supérieurs décidèrent d’envoyer une caravane vers l’Afrique Centrale. Le Supérieur Général, Mgr. Birraux, inspectant ses troupes, trouva que le père de Renesse était « un gringalet » et décida de l’envoyer « dans un pays au climat plus clément » : il le laissa choisir entre le Rwanda et le Burundi. Wen choisit le premier nom qui avait été prononcé. Par Casablanca, Gibraltar, Lisbonne, Mattedi, il atteignit le Rwanda. Le 12 janvier 1944 il arriva à Rwaza, où Mgr. Classe l’avait nommé. Il arriva en pleine famine. « Pendant huit mois, écrit-il, mon travail se borna à distribuer des vivres, à construire un camp de réfugiés, à lutter contre le choléra »… et à apprendre la langue avec acharnement.

Le 1er août 1947, Wen fut nommé curé de Rwaza, en 1952, curé de Kabgayi, d’où il relança, comme aumônier national, l’Action Catholique des enfants (principalement les Xavéris) et des adultes dans tout le pays, surtout la Légion de Marie. Leur chef était Grégoire Kayibanda… En 1961, Wen est nommé curé de Save, le berceau du christianisme au Rwanda. L’arrivée, dans les années 60, des décisions liturgiques du Concile Vatican II, constitua un tournant dans sa vie missionnaire. Il commença à composer les mots d’accueil, les monitions et les prières universelles pour chaque dimanche. Les paroisses voisines voulurent en profiter et il se mit à ronéotyper des feuilles liturgiques pour l’animation des messes dominicales, dont finalement toutes les paroisses du Rwanda s’inspirèrent. A la demande des évêques, les trois volumes, parus en 1985, entrèrent dans le corpus des livres liturgiques : Dusingiza Imana , umwaka A, B et C (Rendons gloire à Dieu). Ensuite les évêques le chargèrent de composer des célébrations pour les réunions dominicales des chrétientés éloignées. Wen y travailla pendant plusieurs années, déchargé de la lourde charge de curé, mais toujours actif comme vicaire, d’abord à Cyanika (1970-1973), ensuite à Nyanza (1973-1980) et à Nyumba (1980-1986). Afin d’achever ce travail, il fut finalement mis à la disposition de la Conférence épiscopale. Il s’établit dans la communauté de la Maison Lavigerie, à Butare (1987-1990). Résultat : Umuhimbazo wo ku cyumweru igihe umusaserdoti adahari (Animation des célébrations dominicales en absence du prêtre), deux volumes par cycle annuel, plus un septième pour les grandes fêtes, parus aux Editions Pallotti-Presse de 1989 à 1991. Il réalisa cette œuvre avec une équipe de deux prêtres rwandais et de cinq laïcs. Il écrit : « Ces livres sont l’expression d’une expérience pastorale de plus de 40 années de prédication et de ministère au milieu du peuple rwandais ».

Wen avait déjà connu quelques ennuis de santé et subi quelques opérations sérieuses (dont une péritonite à Moscou en 1986, avec des conséquences fâcheuses). En 1987, le régional du Rwanda avait envisagé la possibilité que Wen aille achever la rédaction d’Umuhimbazo en Belgique, proposition réitérée par le régional suivant, en 1988… Quand il termina effectivement ce que l’on considère un peu comme l’œuvre de sa vie, au début de l’année 1991, Wen accepta de rentrer définitivement en Belgique. Il considère ce départ comme une nouvelle invitation du Seigneur « à avancer dans un nouveau paysage apostolique dont j’ignore les chemins… »

En mai 1991, il revient donc définitivement en Belgique où il est chargé de l’économat de la communauté de la rue Milcamps. En avril 1995 il rejoint la communauté d’Evere, d’abord comme assistant-responsable, ensuite comme résident. Il multiplie les contacts avec sa famille où ses eucharisties et interventions sont fort appréciées Entre-temps il a aussi découvert le mouvement laïc ’Fundatio", dont il devient un membre, participant activement à la journée mensuelle de prière et de réflexion.

Wen aimait écrire et il avait une bonne plume. En août 2001, il offre à sa famille – « Je tiens fort à ce qu’il reste dans la famille » – le récit de sa vie, qu’il intitule Oncle Wen. Lignes de vie , un ouvrage de 156 pages, où il raconte sa vie, explique, réfléchit et se livre. Quelques mois avant sa mort, « sur les instances de ma famille et d’amis », il publie quatre volumes, intitulés Murmures sur l’Evangile de saint Marc (Luc, Matthieu, Jean). Méditations, homélies, réflexions par un Père missionnaire.

En 1990 il rédigea son testament spirituel. « Je ne suis pas un héros, mais un simple serviteur du Seigneur qui aurait pu faire beaucoup mieux. Je n’ai pas eu de hautes responsabilités, je n’ai pas été une lumière ni un exemple, mais avec les dons de l’Esprit, j’ai essayé de tracer mon sillon dans cette terre rwandaise qui m’a été départie. J’ai toujours été heureux d’occuper la place qu’on m’a donnée, petite et humble ; si j’ai été utile c’est grâce au Seigneur. J’ai eu la vie missionnaire que j’avais rêvée : en paroisse, près des gens ; dans l’effort d’une prédication minutieusement préparée et méditée, dans la joie d’une liturgie simple et belle… Partout j’ai été un témoin de l’Evangile, mais aussi un témoin des moissons du Seigneur. Pour cette vie, Seigneur, merci ! »

  La liturgie d’action de grâce aura lieu le vendredi 13 avril, à 11h30, en l’église Saint-Vincent, Place Saint-Vincent, 1140 Evere. Il y aura un autre enterrement le même jour, ce qui explique l’heure tardive.  

Ceux qui désirent concélébrer apportent une aube et une étole violette. Une collation sera offerte à la famille et aux confrères dans la salle paroissiale près de l’église.

 
Jef Vleugels
 

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