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L A V I G E R I E . be

Lignes de fracture N°57 Breuklijnen

Mars - Maart 2012
mardi 3 avril 2012 par J.V.

 VENDREDI SAINT

Il n’est pas étonnant que Jésus ait été épié, soupçonné, menacé, puis arrêté, jugé, condamné et exécuté selon la méthode de l’époque, la crucifixion.

Il n’était pas un malfaiteur de droit commun, c’était un amant des gens les plus méprisés, les enfants, les femmes. Agitateur politique, il influençait, soulevait les masses, il était donc un dissident, souverainement libre dans son attitude, sa parole, ses actions, (cf. A. Nolan) il dérangeait l’Institution, les trônes, les dominations ! Sa motivation ? L’empathie pour les gens, pour celles et ceux qui souffrent. Il s’identifie à eux. Ceux de son temps et ceux de notre temps. Donc ce Vendredi Saint n’est pas anodin. Ce n’est pas une liturgie à part de l’intolérable agonie de notre prochain, proche et lointain. Il ne faut pas que, ce que la liturgie montre de Notre Seigneur, cache qui Il est, «  incarné dans l’espèce humaine d’aujourd’hui.  »

Jean-Baptiste Metz se demande si « dans l’abîme insondable des souffrances de l’Histoire humaine, nous n’avons pas relégué le cri des hommes, à la légère hors de la Passion et de la mort de Jésus ? N’avons-nous pas relégué les souffrances intolérables infligées aux vulnérables dans le domaine du « séculier » ? Alors que c’est justement »en partant de la réalité de cette Histoire ’séculière’ de la souffrance que le Fils de l’Homme vient à nous« et vérifie la pratique d’un Credo trop facile à réciter ? »

Ce Vendredi, mémoire de la souffrance de Jésus, est prégnant de la souffrance des victimes de l’Inquisition, d’Auschwitz, des anonymes dans les sous-sols de nos cités, du Moyen Orient, des hommes de l’ombre, des reclus, des immigrés, des clandestins, des mendiants ! Il ne faut pas, dans notre liturgie du Vendredi Saint, vider l’Homme du Golgotha, de son contenu : les victimes de l’injustice de tous les temps ! Dieu vraiment fait Homme « dans cette union scellée mystiquement entre la Passion du Christ et les passions souffertes par les hommes ! » (Mt 25)

L’empathie globalisée, l’accueil de la souffrance de l’autre change notre regard, cela implique « l’engagement concret face à cette souffrance étrangère… et nous invite à nous situer nous-mêmes et à adopter les critères de jugement de ceux qui souffrent … et à supporter ce regard et ce jugement un peu plus longtemps que nous le permettent les réflexes spontanés que nous impose le souci de nous affirmer nous-mêmes… Dans cette compassion intervient la »mort du Moi exclusif ".

(Réflexion d’un chrétien, trouvée sur Internet, qui s’inspire du livre de J.B. Metz : Memoria passionis, Ed. Du Cerf 2009)
 

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